Que vaut Titans, la première série de DC Universe ?

8 Nov 2018 à 12:00

Un mois seulement après le lancement de sa propre plateforme de streaming, DC propose sa première série originale live action : Titans. Arrivant un peu tard sur le marché de la VOD, DC sort l’artillerie lourde en faisant appel à des habitués de la maison, Greg Berlanti (Arrowverse) et Geoff Johns (Arrow, Wonder Woman), ainsi qu’à Akiva Goldsman (Je suis une légende, I, Robot). En misant sur une équipe de superhéros très appréciée, l’objectif est de toucher à la fois les adolescents et les adultes en mal de super-héros de l’ombre. Si l’attention est louable, qu’en est-il au bout de quatre épisodes ?

Ancien protégé de Batman, Dick Grayson (Brenton Thwaites), Robin premier du nom, quitte Gotham pour rejoindre la police de Detroit. Dans de tristes circonstances, il rencontre la jeune Rachel (Teagan Croft), une ado à moitié démon, aussi menacée que menaçante. S’engage un périple durant lequel ils croiseront la route de Beast Boy (Ryan Potter), un métamorphe à la chevelure verte flamboyante, Starfire (Anna Diop), une princesse extra-terrestre amnésique, et bien d’autres personnalités emblématiques des comics.

Une équipe qui se cherche

Titans s’inscrit clairement dans la veine de Man of Steel, développant une ambiance sombre, abusant d’une image froide, presque bleuté, et introduisant des personnages torturés et – faussement ? – complexes. En tête de fil, Dick Grayson s’affiche comme un justicier impulsif et désillusionné, bien loin du personnage des comics. Distant et difficile à cerner, il peine à gagner en profondeur, la faute notamment au manque d’indices sur son passé houleux avec l’homme chauve-souris.

Son acolyte, l’incontrôlable Rachel, est présentée comme un élément central de la série, mais s’avère plus désagréable qu’intrigante. Malgré une amélioration notable au fil des épisodes, l’interprétation souvent bancale de Teagan Croft n’y est pas étrangère. De leur côté, Starfire et Beast Boy viennent tout juste d’entrer en piste, mais ils se montrent déjà bien plus attachants. Entre l’alien féministe badass et le gamin tigre à l’humour mordant, la balle est dans leur camp pour amener un peu de légèreté dont Titans manque cruellement.

Les personnages se croisent, des duos se forment, mais on est encore bien loin de l’équipe super-héroïque en costume que l’on attend. Ce choix d’introduire chaque figure sans précipitation s’avère jusque-là payant, mais il ne faudrait pas tourner autour du pot trop longtemps.

Un univers personnel au potentiel indéniable

La vraie réussite de Titans est la création d’un univers sombre et viscéral. Misant sur une violence extrême pour se démarquer, la série trouve doucement son équilibre et offre des combats très graphiques, lisibles et habilement chorégraphiés. La maturité tant recherchée se retrouve également dans les intrigues secondaires, les kitchissimes triangles amoureux laissant place à des problèmes d’impuissance et des maux de dos. C’est pas beau d’être adulte ? Blagues à part, la série tente de sortir des sentiers battus, une bonne initiative à poursuivre.

Malgré une forte rupture de ton avec les comics et avec l’animée Teen Titans qui sert de référence à une majorité du public, Titans propose un début d’aventures à la fois respectueux et rassurant. Si les attentes des fans étaient au plus bas après les premiers visuels qui rappelaient des mauvais cosplay, les costumes s’intègrent parfaitement et sont loin d’être ridicules, du moins aussi peu que peut l’être une combinaison en cuir moulant.

Attention à ne pas se disperser

Après un démarrage légèrement poussif, un second épisode presque entièrement hors sujet — bien que très intéressant ! — sur Hawk et Dove et un backdoor pilot pour la prochaine série du DCU Doom Patrol, on est en droit de se poser des questions sur la direction prise par Titans. La série développe brillamment un univers complet, mais en oublie de nous fournir de véritables enjeux.

Le danger est omniprésent et les menaces sont multiples, mais aucun grand ennemi commun ne laisse entrevoir une union nécessaire de nos héros. Seule la Nuclear Family, une bande d’assassins aux objectifs flous, améliorés par une sorte de super-sérum, fait office d’antagoniste peu convaincant. Constamment divisé entre l’exposition et une avancée trop subite de l’intrigue, on reste dubitatif face à la construction de cette première saison, mais surpris de constater que le résultat est loin d’être désagréable.


Au final, Titans pour l’instant une origin story à l’approche originale, jouant la carte du super-héros adulte et tourmenté, produit d’une société empreinte de débauche et de crimes. Consciente de ses défauts, la série semble sur de bons rails pour devenir un sympathique divertissement et apporter un nouveau souffle aux productions super-héroïques.

Spoiler Alert!
Veuillez suivre les règles suivantes concernant les spoilers dans les commentaires :
1. Sur la critique d'un épisode, ce qui concerne les épisodes à venir est considéré comme étant spoiler (idem pour ce qui concerne les saisons).
2. Vous avez le droit de mettre des spoilers dans vos commentaires, mais le contenu sensible doit être placé entre les balises <spoiler>....</spoiler> afin de protéger les autres lecteurs.
Critictoo Newsletter
Inscrivez-vous à la newsletter Critictoo pour ne plus rien manquer de l'actualité du site, des séries et plus.
©2006-2017 Critictoo, le webzine des séries TV - powered by Wordpress. Critictoo.com participe au Programme Partenaires d'Amazon EU, un programme d'affiliation conçu pour permettre à des sites de percevoir une rémunération grâce à la création de liens vers Amazon.fr.
Nos partenaires : DVD Series | Amazon | HypnoSeries | Tous nos partenaires
Le Geektionnaire des Séries TV
Nous l’avons écrit et vous pouvez désormais le lire. Cet abécédaire des séries contient près de 900 entrées passionnantes.
Commandez-le !
(19.95€ prix conseillé)
close-link