Antoine rend visite à ses enfants à Baton Rouge. Sonny part avec des amis à Houston. Creighton utilise internet pour exprimer sa colère, tandis que Davis le fait dans un bar.

À quoi cela sert-il de sauver la Nouvelle-Orléans, s’il n’y a plus rien à y faire ? C’est la question que se pose certains habitants et c’est cella à laquelle Creighton s’efforce de répondre avec le plus de vulgarité possible pour bien appuyer son point de vue.

Le professeur militant est le protagoniste que j’aurais aimé voir développé un peu plus, mais comme avec d’autres dans Treme, il n’y a pas la place ou le temps pour cela. Pourtant, du temps il y en a, mais malgré cette volonté d’offrir un large panel de personnages d’origines socioculturelles variées, il est clair que certains sont préférés à d’autres. Creighton revient donc pour quelques scènes, plus que précédemment, pour nous révéler ce qu’il comptait faire avec Youtube. Il lâche alors sa retenue et laisse son vocabulaire coloré s’exprimer pour lui.

En parallèle, Davis fait de même dans un bar, mais sous influence. Il faut dire qu’il en a bavé dans la journée et, une fois de plus, on nous montre l’étendue des désastres causés non pas par Katrina, mais pas les organismes qui on pour but de remettre la ville sur pied. Entre ça et les assurances, difficile de sortir la tête de l’eau et Janette le sent passer, plus qu’Albert qui, pourtant, reçoit le message bien clairement. La différence entre les deux personnages est que l’un trouve une force dans sa culture que l’autre n’a pas.

Mais le malheur d’Albert pourrait être le bonheur de son fils. Delmond, du fait de ses origines à la Nouvelle-Orléans, voit des portes s’ouvrir. Certes, il y a pour lui un conflit culturel qui est présent depuis le premier épisode, mais il pourrait dépasser cela pour s’envoler vers la réussite. Comme un musicien joué par Steve Earle le dit à Annie, avoir son nom sur un CD c’est ce qu’il y a de mieux (je paraphrase).

Annie, justement, voit ses horizons s’élargir dès que Sonny quitte la ville. Elle est demandée, car talentueuse, et les opportunités d’exploiter cela deviennent de plus en plus présente. Sonny, lui, semble bloqué dans le même état d’esprit qu’Antoine, sauf qu’il n’est pas originaire de la Nouvelle-Orléans – et cela doit être son plus grand regret dans la vie. En tout cas, il est apparent que sa relation avec la violoniste risque d’être mise en péril s’il veut la retenir.

Antoine, lui aussi, n’est pas en ville actuellement, il est à Baton Rouge. Il rend visite à ses enfants (et se fait refaire les dents gratuitement). L’opportunité de montrer le personnage sous un angle nouveau n’est pas réellement saisie, car il s’agit de le sortir de son élément pour illustrer le fait qu’il n’y a pas vraiment sa place. Il est d’ailleurs bien content de retourner chez lui.

Pour finir, la recherche du frère de Ladonna se débloque quelque peu, mais là encore, il serait intéressant d’y consacrer un peu plus de temps.

Chaque nouvel épisode parait soulever les mêmes questions et offrir différentes variantes des mêmes réponses, ce qui renforce les thématiques de la série, mais qui fait laisse dubitatif sur ce qui tente d’être accompli. On le savait dès le départ, la patience est de mise, mais il semble qu’il serait temps qu’un déclic se produise pour certains personnages qui commencent à trop se répéter.