Treme S2

Samedi 10 septembre 2011 à 8:09 | 2 commentaires | | | |

Treme : Wrap Your Troubles In Dreams (Saison 2)

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Sept mois ont passé, la Nouvelle-Orléans se repeuple. Si l’activité économique de la ville reprend vie, la criminalité fait de même. Les opportunités se présentent pour ceux qui savent les voir et peuvent les saisir, mais la ville et ses habitants sont toujours blessés.

Treme fait donc son retour et on retrouve les habitants de la Nouvelle-Orléans sept mois après la fin de la première saison. L’ambiance n’est plus la même, car la ville a changé, et la série aussi, s’adaptant à cette nouvelle conjoncture.

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En fait, si la première saison en avait quelque peu trop fait pour imposer la ville comme un personnage à part entière, la seconde va réellement se concentrer sur les protagonistes pour qui ils sont, et moins pour ce qu’ils représentent. Cette légère évolution de la narration suit une certaine logique – si la ville guérit doucement, son destin est dans les mains des hommes. David Simon en profite donc pour se focaliser sur les thématiques qui lui sont chères et pour en ajouter d’autres qui le sont tout autant.

Ainsi, cette seconde saison aborde la politique, l’économie, la criminalité, l’éducation et la justice. Cela dit, il n’y en aura pas pour tous les personnages, car certains ont évolué au point où on s’intéresse plus à eux qu’à ce qu’ils sont censés illustrer. Pour compenser, des nouveaux sont introduits et d’autres prennent de l’importance.

On rencontre donc Nelson Hidalgo, un homme d’affaires de Houston qui vient à la Nouvelle-Orléans pour faire de l’argent, et il ne va pas être déçu. Enfin, au début, et même durant une grande partie de la saison. Nelson est là pour mettre en avant la façon dont fonctionne la politique économique dans cette ville bien particulière, et de son administration qui l’est tout autant. Son problème est qu’il passera un peu trop de temps à dire combien tout est formidable, adoptant pleinement la culture locale. Il tardera à véritablement voir ce qui est pourri dans le système et ce qui empêche la Nouvelle-Orléans d’avancer réellement. Au final, sa participation aura été pertinente, mais le personnage est trop plat pour élever son histoire au-delà de la démonstration.

Heureusement, Nelson n’est qu’un parmi tant d’autres et on renoue avec plein de têtes familières. Toutes n’auront pas une place majeure, mais même quand peu est accompli, rien n’est vain. C’est Sonny qui l’illustrera le mieux puisqu’il était celui que l’on pouvait détester si facilement dans la première saison. Paumé, il va petit à petit retrouver une vie saine et on apprendra ainsi à mieux le connaitre et à réellement l’apprécier au point qu’on pourrait regretter qu’il n’ait pas un rôle plus important. On le croisera tout de même au fond de la salle, avec sa guitare, quand Antoine Batiste et son groupe se produiront sur scène.

Le joueur de trombone est bien retombé sur ses pieds et se montre à présent plutôt ambitieux, montant son propre groupe. Cela dit, il doit prendre un travail secondaire, devenant l’assistant d’un professeur de musique. C’est dans cette partie qu’Antoine progressera vraiment, car si jouer dans les boites de nuit ne fait pas ressortir le meilleur de lui-même, enseigner lui permettra de prendre conscience qu’il peut contribuer à perpétuer la culture musicale de la ville, la sienne.

Côté musique, c’est Annie et Davis, à présent en couple, qui nous aideront à naviguer à tous les échelons de ce qui est la partie la plus réputée de l’identité culturelle de la ville. Les deux s’engageront sur des voies légèrement différentes. Lui, il veut mener sa révolution, mais il est trop égocentrique pour réellement apprécier ce qu’il fait pour ceux qui l’entourent. Elle, elle cherche à faire avancer sa carrière et essaiera de comprendre ce qui fait la bonne musique.

Dans le même ordre d’idées, Delmond tente de saisir la Nouvelle-Orléans que son père représente et qu’il a tant fui. Cela le rapprochera alors d’Albert qui avait baissé les bras après s’être tant battu. Le combat, Janette l’a aussi abandonné et elle était partie pour New York où sa carrière en dents de scie ne pourra pas lui faire oublier d’où elle vient.

La quête identitaire est un grand thème de cette saison et c’est là que l’on retrouvera finalement LaDonna, même s’il est nécessaire d’attendre la fin pour qu’on puisse véritablement le comprendre. L’ex-femme d’Antoine sera violemment agressée. Elle n’est pas la seule victime, car tout le système est vicié et elle sera ici pour nous montrer à quel point. Idem pour Toni, même si cela se fait à un tout autre niveau. L’avocate s’investit dans une nouvelle affaire qui semble avoir pour but de répéter sa storyline de la première saison, mais qui finira surtout par donner l’impression qu’elle introduit une intrigue pour la suite. À côté, Toni doit de toute façon gérer Sofia qui entre en rébellion suite à la mort de son père qu’elle croit accidentelle. Cette relation mère-fille ne compensera pas l’absence de Creighton, mais permettra aux personnages de justifier leur place dans la série.

Au final, cette seconde saison se montre indéniablement différente de la première, la surpassant sur bien des points. L’ensemble se révèle notamment plus homogène grâce à une alternance constante et impeccablement maitrisée entre les storylines qui entretient un rythme régulier qui ne rencontrera pas de faiblesse. Ensuite, il est bien plus aisé de connecter avec les protagonistes qui ont tous acquis la dimension nécessaire pour faire de cette série une véritable chronique de vie, et non plus un simple témoignage. Concrètement, pour faire une métaphore de circonstance, Treme parvient à jouer sa partition sans fausses notes et elle s’est débarrassée des instruments inutiles qui l’empêchaient d’être aussi mélodique qu’elle le devait.

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