Trois mois après le passage de l’ouragan Katrina, la Nouvelle-Orléans reprend vie. Les habitants reviennent dans leurs maisons délabrées, les musiciens recommencent à jouer, mais tout le monde n’a pas encore été retrouvé.

David Simon revient une fois de plus sur HBO avec un tout nouveau sujet de série. Nous voilà à la Nouvelle-Orléans, trois mois après le passage de l’ouragan Katrina. Nous avons donc une ville détruite et ses habitants qui tentent de retrouver une vie normale ou, au moins, convenable. Ce n’est pas facile avec toutes ses maisons désertées et insalubres, avec cette absence d’argent, et ce traumatisme encore palpable.

Malgré ça, il y a des irréductibles qui sont prêts à se battre pour leur ville et leur style de vie. Nous allons donc en rencontrer plusieurs d’entre eux dans cet épisode pilote (de 80 minutes).

Ceux qui connaissent le travail de David Simon reconnaitront quelques visages familiers, qui se voient accompagner d’acteurs plus inattendus, mais qui trouvent indéniablement ici leur place, comme John Goodman qui n’aura le droit qu’à quelques scènes, mais ses paroles marquent, car elles semblent animées plus que celui qui les prononce, mais surtout, c’est son amour de la ville qui est relayé par tous ceux que nous allons suivre.

Dans la forme, Treme est une chronique de vie. Conséquence de cela, il ne va pas y avoir de storylines à suspens pour maintenir notre intérêt, tout repose sur les protagonistes et l’attachement que l’on développe pour eux.

Nous avons Antoine Batiste (joué par Wendell « The Bunk » Pierce) qui est un tromboniste de jazz qui chasse les jobs au jour le jour pour subvenir aux besoins sa famille, ce qui est très tendu. Davis McAlary (Steve Zahn) est Dj dans une radio de jazz indépendante et possède une passion pour la musique qui n’a d’égale que l’énergie qu’il dépense à la défendre. Janette (Kim Dickens) est chef dans un restaurant qu’elle a du mal à approvisionner.  Albert Lambreaux (Clarke Peters) qui revient tout juste en ville et qui a dans la tête l’idée d’être prêt pour Mardi Gras et personne ne semble pouvoir freiner ses projets. Creighton Bernette (John Goodman) est un professeur qui n’a pas la langue dans sa poche. Ladonna (Kandhi Alexander) est l’ex-femme de Batiste qui tient un bar et recherche son frère. Elle est aidée par Toni, la femme de Creighton (Melissa Leo).

C’est un ensemble cast assez varié et suffisamment large pour permettre aux auteurs de la série d’offrir une vision étendue de ce que la Nouvelle-Orléans a traversé, mais pas seulement, car comme on connait Simon, on n’est pas surpris que, dès le départ, il parte en croisade contre les institutions qui n’ont pas su remplir leur rôle, laissant tomber ceux qui avaient besoin d’elles. Un thème récurrent dans son travail qui trouve ici matière à s’exprimer fortement, ce qui ressort clairement avec Toni qui aura probablement droit aux storylines les plus engagées.

Quoi qu’il en soit, Treme pourrait bien se poser comme étant une œuvre avant tout humaniste, mais comme pour The Wire, il va falloir attendre avant de réellement percevoir l’étendue du sujet et ses différentes couches. En attendant, la musique est là pour faire battre le cœur de la série et lui offrir une âme. Après tout, Simon a bien dit que Treme était « Glee for the black people ».