Toni s’inquiète pour Creighton et va rapidement apprendre ce qui s’est passé. Albert est déterminé à être prêt pour la nuit de la St. Joseph. Davis tente de convaincre Janette de rester. Annie fait face à Sonny. Antoine à un job qui va bien payer. LaDonna enterre son frère.

Nous avions commencé trois mois après le passage de Katrina, et si cet épisode prend le temps de revenir à ce fameux jour, il va surtout apporter une certaine forme de conclusion. On ne peut pas parler de fin, car la série n’a pas une mythologie qui demande à être développée pour mieux se terminer. Non, il ne s’agit que d’une étape dans la vie d’un groupe de personnes qui furent touchées par une même catastrophe.

Et c’est bien de cela qu’il s’agit, de personnes, même si dans ses débuts, Treme ne semblait pas vouloir parler d’autre chose que de la ville, de la Nouvelle-Orléans. Au fil des épisodes, ses habitants sont revenus, ont retrouvé un semblant de vie et se sont installés au premier plan.

Ça n’a pas été facile, mais ils n’ont pas abandonné. Enfin, sauf Creighton, et c’est ce qui énerve le plus Toni, car elle ne comprend pas pourquoi lui, il a agi de la sorte. Et on peut facilement comprendre sa vision des évènements, même si on a pu constater que chez Creighton il y avait quelque chose de brisé. Toni ne pourra pas avoir ses réponses, tout comme LaDonna, bien que cette dernière a choisi de ne pas les chercher, car elles étaient évidentes et qu’il n’était pas nécessaire de faire trainer ça plus longtemps. David devait être enterré et cela sera d’ailleurs le cœur de l’épisode. Enfin, sa fin aussi, car avec cette dernière procession funéraire, la saison se clôturera.

Pour les autres, la fin ne sonne pas forcément pareille. Pour Antoine, par exemple, il n’y a pas vraiment de conclusion. Pour lui, la vie se poursuit. Les choses avaient bien repris il y a peu, il continue sur sa lancée, toujours prêt à faire l’erreur qu’il devrait éviter. Cette fois, il s’agit de son salaire qu’il perdra au poker. Un accroc de plus, rien de bien méchant pour lui, tant qu’il a son trombone.

Pour Janette, il est question de quitter la ville. Davis veut la convaincre de ne pas le faire, mais c’est déjà trop tard. On l’a vu batailler durant des semaines, la décision était clairement irrévocable, la Nouvelle-Orléans a gagné, elle part pour New York. Delmond aussi s’en va, mais lui il le fait régulièrement et revient toujours.

Cette fois, il était là pour aider son père, et il le fera. le défilé de la St. Joseph aura bien lieu, jamais Albert n’en aura manqué un. Pour lui, c’est là que la route se termine, mais il se prépare déjà pour l’année prochaine qui sera probablement moins chaotique. Une chose est sûre, rien n’aura été plus fort cette saison que la détermination du Big Chief et cela aurait pu lui couter cher.

Dans un autre registre, une autre fin, celle du couple Sonny/Annie. C’était inévitable, mais pour elle, il restait encore quelque chose, une sorte d’espoir qu’il va, bien entendu, détruire sans se forcer. Même si le bref passage dans le passé, le jour du passage de l’ouragan, laissait entrevoir un couple qui fut heureux, depuis qu’on les connait, il y a quelque chose qui ne va pas. L’égoïsme de Sonny peut-être, ou sa nature autodestructive. Désormais, il a perdu Annie et pour lui, l’avenir ne s’annonce pas plus clair.

Elle, par contre, elle pourrait bien retomber sur ses pieds… Chez Davis. Le DJ a retrouvé son job, mais a perdu Janette. En contrepartie, il trouve Annie au pied de sa porte. Qu’a-t-il fait pour mériter ça ? Il le demande. Pour eux deux, des portes se sont fermées, mais une nouvelle s’ouvre.

Cette première saison de Treme nous laisse avec une sorte de sentiment d’accomplissement. Les choses vont se poursuivre – durant la saison 2 –, mais elles auraient très bien pu s’arrêter là. Pendant une bonne partie, nous n’avons été que de simples témoins des ravages d’une administration qui n’a pas pu venir en aide à ses citoyens, mais cette histoire nous a mené à apprendre à connaitre des personnages et à les accompagner jusqu’à ce point où la vie semble avoir retrouvé une apparente normalité. C’est donc le moment impeccable pour laisser la Nouvelle-Orléans de David Simon, en attendant la suite.