Davis perd son travail à la radio. Antoine est obligé d’accepter de jouer dans un club sur Bourbon Street. Toni pense avoir trouvé le frère de LaDonna.

Après un premier épisode de 80 minutes qui nous a introduit les personnages, on pouvait s’attendre à ce que la suite serve à affirmer les thématiques de la série. C’est en gros ce qui est fait avec Bourbon Street et ses touristes.

Quelque chose qui est revenu régulièrement lors de la promotion, c’est la volonté des personnes qui travaillent sur Treme à montrer la « vraie » Nouvelle-Orléans. Pour cela, il faut dépasser l’image touristique qui se caractérise par le quartier français de Bourbon Street.

Pour concrétiser cela à l’écran, on va nous prendre un trio de jeunes chrétiens venus pour aider ou je ne sais quoi, qui cherchent à découvrir la partie la plus authentique de la ville. Pour les locaux comme Annie et Sonny, ce n’est pas forcément facile à avaler, mais il n’est pas vraiment possible de se passer de cette source de revenus. Ils font donc avec et ont peu de scrupules. Antoine ne voit pas totalement cela comme ça, car jouer dans un club de Bourbon Street, c’est l’expression de son désespoir, mais il faut ce qu’il faut et même subir la moquerie des camarades, bien qu’on ne cesse de lui dire qu’il n’y a pas de honte à avoir. Certains semblent avoir réévalué leurs limites, tandis que d’autres n’en sont pas encore là.

C’est un peu pour ça que Davis perd son job… ses jobs. Il faut bien vivre, mais pour lui, ce qui compte, c’est sa ville, son esprit et il est prêt à délivrer l’expérience à ceux qui la demandent. De toute façon, il n’y a pas vraiment de risques, les criminels sont partis à Houston…

Pas la police, comme Delmond le constatera. D’ailleurs, le rôle des institutions de ce type dans la série sert avant tout à faire des blagues, illustrant la déception des habitants. Quoi qu’il en soit, le musicien va jouer, fumer, passer par la prison avant de reprendre l’avion. Difficile de voir quelle place il doit prendre dans la série, tout comme Elvis Costello qui apparait presque hors sujet tellement ses apparitions semblent juste là pour l’anecdote.

À côté de tout ça, on suit ceux qui restent de leurs côtés. Janette qui cherche à payer les factures. LaDonna qui veut faire réparer son toit et qui espère avoir des nouvelles de son frère. Toni qui désire en fournir. Creighton qui nous fait un exposé des incohérences de l’administration dans le domaine de l’éducation. Et enfin, Albert qui s’obstine à reformer son groupe.

Ce dernier sera celui qui surprendra et illustrera la dimension dramatique de la série qui n’est pas telle qu’on aurait pu l’attendre. Son comportement montre un désespoir qui est contrebalancé par sa détermination. L’apparition des premières fissures cachées derrière les façades qui pouvaient paraitre les plus solides.

Moins éparpillé que le Pilot, Meet De Boys on the Battlefront se révèle parfois un peu trop évident dans l’illustration de son propos, alors qu’il arrive à être plus subtil avec ses thématiques plus généralistes. Le souci actuellement est la familiarisation avec les personnages qui a tendance à se faire par la répétition, se reposant sur les acteurs pour éviter que ça paraisse trop flagrant. Une stratégie payante, mais qui va devoir rapidement s’étoffer pour tenir la distance.