Davis va donner des leçons de piano pour payer Toni. Janette voit sa situation s’empirer, tandis que LaDonna essaie de trouver de l’aide du côté de la famille de son mari afin de localiser son frère.

Arrivé au troisième épisode, il devient de plus en plus difficile de ne pas être agacé par certains tics de la série. Le problème principal vient de certaines scènes qui semblent incrustées afin de nous exposer le fait que la Nouvelle-Orléans est unique et merveilleuse. On commence à comprendre cela et il serait temps de passer à autre chose.

Pour ce faire, il va falloir attendre que l’épisode démarre véritablement, car le début est assez redondant. Heureusement, même si c’est un peu long à venir, certains personnages vont finalement tenter d’avancer.

Davis, qui paraissait bloqué dans son monde – et qui passe plus de temps à s’écouter parler qu’autre chose – finira par montrer un peu d’attention à Janette, mais surtout, par se lancer lui-même dans la musique. Il y a d’abord la chanson qu’il écrit qui, bien qu’apportant un peu d’humour, est tout au plus anecdotique. Ensuite, il y a le fait qu’il se mette à donner des leçons à la fille de Creighton et Toni – lui a d’ailleurs besoin de plus de temps à l’écran et elle, elle mériterait d’obtenir plus de développement.

De son côté, LaDonna veut faire avancer les choses. Elle parait démunie au sujet de son toit, mais pour son frère, elle a toujours des options à explorer. C’est là qu’intervient sa famille, enfin, celle de son mari. À défaut de faire progresser concrètement l’affaire, nous avons là de la construction de personnage plus avancée et complexe, ce qui manque quelque peu à la série.

Il faut dire qu’il est de plus en plus apparent que les musiciens semblent avoir du mal à sortir de leur musique. Delmond dit qu’à la Nouvelle-Orléans, on aime la musique, pas les musiciens, mais ce n’est pas le cas des scénaristes qui aiment les deux tout autant, au point de les placer en victimes, ne s’étendant pas plus que le minimum sur les défauts des protagonistes. En fait, si Antoine n’est pas fidèle et n’arrive pas à subvenir aux besoins de sa famille, ce n’est pas un problème, car il aime la musique plus que tout, ce qui semble pouvoir lui offrir un passe-droit. C’est un peu dommage, car le personnage gagnerait à être montré sous un angle légèrement différent qui nous permettrait de mieux saisir sa place dans l’histoire, ainsi que ce qui le pousse à faire ce qu’il fait et à ne pas toujours faire ce qu’il devrait faire. C’est un peu tôt dans la série pour avoir une image complète, mais l’ébauche est elle-même à peine entamée avec lui, alors qu’il est celui qui semble souvent être le plus mis en avant.

De ce côté-là, il se fait un peu voler la vedette par le duo Sonny/Annie. Arrivée la semaine passée, ils se voient déjà bien installés et leur relation bénéficie d’un regard particulier, en particulier grâce à Sonny.

Ce qui manque le plus, ce sont clairement les interactions entre les personnages, ils sont isolés, mais commencent à se rapprocher, à connecter. C’est de cette façon que l’on voit enfin du développement et que l’on sort du discourt sur la gloire à reconstruire de la ville et sur la fierté de ses musiciens.

Il y a peut-être beaucoup trop de protagonistes pour démarrer, mais le problème semble venir du fait que certains évoluent dans des univers qui mériteraient d’être moins hermétiques, Albert en particulier. La seconde moitié de l’épisode commence en tout cas à tisser des liens, à ouvrir des portes qui devraient permettre cela. En attendant, c’est sûr, il reste la musique.