Toni retrouve l’officier qui avait arrêté David. Davis lance sa campagne électorale. Janette ne peut plus garder le restaurant ouvert. Albert continue à se battre pour permettre à son gang de se loger.

Toni: Fuck those fucking fucks.

Parmi les habitants de la Nouvelle-Orléans que nous suivons, certains semblent être arrivés en bout de course, d’autres continuent à se battre, alors que certains avancent en aveugle et s’en sortent plutôt bien.

Nous avons donc Janette qui a fini de se démener. Elle y a cru, elle a tenté de composer avec ce qu’elle avait, croyant que le restaurant allait se renflouer, mais le moment de réaliser que ça ne va pas se produire est là pour elle. En fait, depuis le départ on pouvait se douter que c’est ce qui arriverait. Le fait est que la Chef n’a pas vraiment eu le droit à beaucoup d’attention jusqu’à maintenant, ce qui fait que l’inévitable a pu être repoussé. La question est désormais : que va-t-elle devenir ? La réponse n’est pas pour tout de suite, car une fois de plus, le scénario ne s’attardera pas trop sur elle.

Elle n’est pas là seule dans ce cas, car Annie va n’avoir que peu de scènes pour exprimer le dilemme devant lequel elle se trouve. Sonny devient un fardeau trop lourd pour elle, dans le meilleur des cas. En fait, l’égoïsme et la consommation de drogue de son partenaire ne font que l’empêcher de véritablement embrasser les opportunités qui frappent à sa porte. Combien de temps devra-t-elle rester là ? D’un autre côté, la ville est telle qu’elle ne peut pas vraiment partir.

Delmond n’a pas ce genre de problème, car partir, c’est ce qu’il fait le plus souvent. Il n’empêche qu’il semble de plus en plus enclin à donner une chance à la voie qu’emprunte son père. Celui-ci va d’ailleurs de l’avant avec ses préparatifs pour le Carnaval, mais il rencontre éternellement les mêmes obstacles. Un moyen de placer le fait que les politiques ne paraissent pas vouloir aider les habitants à revenir, bien au contraire.

Ce n’est probablement pas un mal selon les parents de Davis qui pensent que sa candidature pour les élections est une bonne opportunité. Il ne reste plus qu’à lui faire comprendre qu’il doit faire ça sérieusement. Davis n’en semble pas capable, mais certains voient en lui la possibilité d’aborder les vrais problèmes sans tabous, à commencer par la corruption.

S’il arrive à faire bouger cela, Toni votera peut-être pour lui, car elle se surpasse tous les jours, délivrant à chaque fois la pièce qu’on lui demande et qui parait toujours impossible à obtenir, et malgré ça, elle se retrouve irrémédiablement devant un obstacle encore plus grand que le précédent. Cette storyline est probablement la plus riche qui nous est offerte jusque-là, car elle aborde assez explicitement le plus gros problème que rencontre la Nouvelle-Orléans : une administration cassée. Ça ne devait pas être brillant avant, mais désormais, ce sont les gratte-papiers qui sont handicapés et qui s’enfoncent, emmenant vers le fond tout ce qui s’approche d’eux.

Finalement, la direction empruntée par Creighton apparait justifiée, et ce n’est pas une grande surprise, car quand on l’entend parler, on pourrait presque distinguer la voix de David Simon.

Treme avance toujours en musique, mais surtout dans les ruines. En pleine reconstruction, les personnages paraissent prêts à reprendre le dessus, même si, pour certains, le combat semble être perdu.