Davis recrute des musiciens pour enregistrer une de ses compositions. Antoine rencontre un fan venu du Japon qui va changer les choses pour lui. Toni poursuit son enquête. Janette reçoit des clients de marque.

Nous voilà arrivés à la mi-saison et il semble que les choses changent pour la Nouvelle-Orléans. Il n’est pas encore question de montrer les habitants profiter de tout ce qu’on leur a promis, mais qui n’arriva pas, car ça n’est toujours pas là. Non, il s’agit plus d’illustrer le fait que tout ce qui était là avant est de retour, mais qu’il n’y a pas de structures pour l’accueillir.

Plus clairement, il y a quelques épisodes, Davis plaisantait en disant que les criminels avaient quitté la ville, mais cela n’est désormais plus d’actualité et la police n’est pas encore prête pour ça, ou pour quoi que ce soit d’ailleurs. Il est intéressant de voir qu’enfin les représentants des forces de l’ordre ne sont plus dépeints comme des fascistes, mais comme des êtres humains qui sont autant en difficulté que leurs voisins et qu’ils ont en plus des responsabilités qu’ils ne peuvent pas pleinement assurer.

Une fois de plus, donc, c’est par Toni que l’on explore de nouveaux horizons, car pour les autres, le refrain ne varie pas trop, même si la chance semble enfin sourire à une bonne partie.

Pour Antoine, par exemple, le hasard – dira-t-on – le met sur la route d’un japonais fan de jazz qui est prêt à lui offrir un trombone tout neuf. Ce qui est marrant dans cette storyline, c’est que le musicien prend le risque de se montrer borné et de se fâcher avec son bienfaiteur au sujet d’une obscure histoire de photo. Malgré ça, le duo se révèle plutôt touchant dans sa façon de partager leur passion.

De son côté, Davis va rester lui-même et accomplir plus qu’on aurait pu le croire capable. Cependant, dans cet épisode, il y a une scène qui est un peu surprenante, car elle laisse presque sous-entendre que malgré le fait qu’il est un local qui défend plus que tout la culture de la ville contre la vision extérieure, il semble que certains le voient comme un intrus. Bien sûr on pourrait mettre toute la scène en question à cause de l’alcool consommé, mais quand Davis reçoit le coup de poing et finit dans la rue, il est difficile de ne pas trouver cela étrange, comme si la réalité le rattrapait lui aussi.

Pour le reste, on notera que Janette reçoit la visite des Top Chefs (Tom Colicchio, Eric Ripert, David Chang et Wylie Dufresne), que Big Chief se heurte encore aux incohérences du système et aux politiciens, que Creighton poursuit sa carrière sur Youtube et trouve des soutiens inattendus, tandis que LaDonna ne sait toujours pas où est son frère.

Le tout en musique, comme toujours.

Shame, Shame, Shame nous montre donc des personnages qui sortent un peu la tête de l’eau, mais nuance le tout avec une violence ponctuelle qui vient assombrir l’image trop propre qui nous a été donnée jusqu’ici des habitants de la Nouvelle-Orléans. C’est un peu comme si une réalité rattrapait celle qui n’était déjà pas glorieuse.