Toni parvient à obtenir l’aide qu’elle a toujours cherchée pour retrouver David. Albert passe à l’action et s’installe dans un bâtiment que la ville refuse de redonner aux habitants. Davis est poussé à revoir sa position dans la course électorale.

Alors que l’on sent bien que les thématiques de la série, notamment du point de vue politique, commencent à évoluer, la série semble rencontrer quelques difficultés à bien gérer ses différentes histoires.

L’exemple le plus flagrant est probablement celui d’Annie. Sa storyline détonne clairement au milieu des revendications politiques et autres expressions musicales. Pourtant, elle a sa place, mais son traitement parait juste creux et la mine déconfite de Steve Earle l’exprime très bien.

Il faut dire que d’autres personnages paraissent toujours habités par la même rage qu’ils entretiennent depuis le lancement, ce qui déteint pauvrement sur ceux qui ont avancé comme, par exemple, Janette.

Cette dernière a, ironiquement, enfin touché l’argent qu’elle attendait et décide d’investir dans du matériel pour continuer à cuisiner, mais pas dans un restaurant. Elle s’adapte et avance.

À côté de ça, Creighton stagne. Il radote depuis le début, mais cela ne l’amène nulle part. Il semble justement servir ici à parler du temps qui passe et du fait que la Nouvelle-Orléans perd sa place dans l’actualité. Elle commence à s’effacer et il y a du monde qui le souhaite.

L’un des points les plus intéressants que soulève l’épisode, c’est le fait que le contrôle démographique de la ville est primordial à l’approche des élections. Il y avait trop d’Afro-Américains, mais on ne les laisse pas revenir, car leurs votes peuvent tout changer.

Cela se retrouve du côté de Davis, à qui l’on demande de quitter la course électorale, mais surtout du côté de Big Chief qui tente un coup médiatique pour attirer l’attention vers le problème de logement qu’il tente en vain de résoudre depuis son retour.

Côté répétition, il commence à se poser là, Albert, mais sa façon de faire avancer les choses a le mérite de le sortir de sa routine et de le poser au cœur de l’action. On nous montre que tout est d’ailleurs bien orchestré et c’était la meilleure façon d’éviter que l’on dise que, justement, tout ceci est un peu manipulateur sur les bords. David Simon devient trop explicite et cela n’est pas forcément une bonne chose, car le message supplante l’histoire. Cela nuis déjà à Creighton, espérons qu’Albert ne devienne pas aussi unidimensionnel.

À l’inverse de tout cela, on a Toni et LaDonna qui vont finir par retrouver David. Les deux actrices, Melissa Leo et Khandi Alexander, délivrent une nouvelle fois des prestations remarquables qui exploitent à merveille les différentes couches dramatiques de leur storyline. Rien que pour elles, cet épisode parvient à atteindre le niveau que l’on attend de la série.

Pour terminer, Antoine joue de la musique et enterre un ami. On trouve ici tout ce qui fait le musicien, sa force, ses défauts, ses qualités et son âme.

Smoke My Peace Pipe est donc un épisode qui manque d’équilibre, ne mélangeant pas avec beaucoup d’habilité le discours politique et le drame à l’échelle humaine. Un problème qui devient de plus en plus présent avec les personnages qui évoluent, et ceux qui stagnent.