NBC n’hésite plus à lancer tardivement ses nouveautés et Trial & Error en est l’exemple. Créée par Jeff Astroff et Matt Miller, cette comédie judiciaire parodique arrive donc en pleine période de prolifération pour les séries du genre (American Crime Story, Chicago Justice…), mais réussit-elle son introduction pour autant ?

Un professeur de poésie est arrêté pour le meurtre de sa femme. Josh Simon (Nick D’Agosto), jeune avocat diplômé, est engagé par de riches amis du présumé assassin pour prendre sa défense. Il se confronte alors à une avocate de l’accusation particulièrement coriace, doit composer avec une équipe pas toujours compétente, un accusé fantasque et sa fille manipulatrice.

Une comédie de bureau chez des avocats avec un procès comme ligne directrice, voilà ce que veut être Trial & Error. Tout au long de la saison, nous allons suivre les chapitres de cette histoire qui se veut un peu originale et drôle, tout en développant une intrigue au long cours. Chaque semaine, les pérégrinations de la défense contre l’accusation et pour démêler le vrai du faux doivent se mêler à un humour aussi décalé que l’est le coupable.

Ce n’est pas que l’ensemble ne tienne pas la route, au contraire. Le casting s’amuse et parvient à faire sourire, mais a un matériel plus que limité. En empruntant le genre du mockumentaire pour construire sa narration, elle se frotte à des modèles omniprésents et difficilement oubliables. Trial & Error démarre dans l’ombre de The Office et Parks And Recreation et cela se sent.

D’ailleurs, les personnages semblent plus ou moins des calques de nos fonctionnaires préférées. Josh est un mélange plus ou moins subtil de Leslie Knope et Chris Traeger, Anne (Sherri Sheperd) une version plus lumineuse de Dwight Schrute… Seuls Carol Anne Keane (Jayma Mays) et Larry Henderson, l’accusé (John Lithgow), ont un peu plus de marge dans l’interprétation de leurs personnages.

Malgré tout, ces deux premiers épisodes fonctionnent plutôt bien si l’on ne recherche pas de l’originalité. La dynamique de groupe se forme assez vite, laissant rapidement place à l’échange de bons mots. Ce n’est pas encore hilarant, mais le potentiel est visible. Le cas judiciaire est traité avec assez de burlesque pour nous réserver quelques surprises, comme la découverte des activités sexuelles du meurtrier.

Par ailleurs, l’idée de traiter une seule affaire peut se révéler à double tranchant. Pour le moment, cela tient bien la route sur ces épisodes d’introduction, permettant de créer un univers sympathique même si certains points — notamment les collègues de Josh — peuvent être légèrement irritants. Il faudra alors rééquilibrer l’ensemble par la suite, quitte à donner plus de place à Jayma Mays et son personnage plutôt engageant.

Trial & Error démarre donc sans originalité, un peu trop dans l’ombre de comédies déjà existantes. Pourtant, malgré quelques points énervants, elle a de la place pour de l’amélioration et suffisamment de bons éléments pour devenir une sitcom sympathique à suivre, solidement guidée par sa narration comme The Good Place l’a brillamment démontrée cette année. Affaire à suivre.