Bill a disparu ! Sookie se tourne vers Eric pour obtenir de l’aide, et se retrouve ainsi associé à un loup-garou, Alcide, loin de Bon Temps. Tara et Jason doivent tout d’eux faire la paix avec la mort d’Eggs, empruntant des chemins différents pour y parvenir. Suite à la débâcle de Maryann, Sam est parti à la recherche de sa famille. Arlene apprend qu’elle est enceinte et Lafayette se lie avec Jesus, l’infirmier de sa mère.

Retour à Bon Temps, où ces habitants tentent de mener une vie ordinaire, sans grand succès. Surtout, nous avions quitté Sookie sur un cliffhanger, qui va alimenter la première partie de saison :

Bill’s out there somewhere in danger.

Au cas où nous aurions quelques doutes, Bill est en danger. Cela participera à offrir un très bon lancement à cette troisième saison, poussant Sookie au milieu des loups-garous, avec Alcide lui servant de guide. Son vampire bien-aimé se trouve tout simplement aux mains du roi du Mississippi, Russell. Plus haut en couleur que la Reine de Louisiane Sophie-Anne, plus allumé et instable, et clairement l’un des personnages au cœur des moments les plus jouissifs de cette saison, Russell s’impose rapidement comme l’un des éléments forts, venant fournir du matériel pour enrichir l’univers vampirique. Ce sera aussi l’occasion de mettre un point final à l’histoire de Lorena et d’explorer l’historique d’Eric et Pam.

En gros, cela démarre plutôt bien. Les choses vont assez vite, en même temps que les divers protagonistes de Bon Temps se voient attribuer une intrigue. C’est là que les choses vont commencer à mal virer. Il faut dire qu’il y a du monde, et qu’on finit par faire du surplace tellement il y a d’intrigues à gérer.

Dans l’ensemble, ce sera Tara qui tirera le mieux parti de ce qui lui est offert. En première partie, grâce au psychopathe vampire Franklin, aussi brillant personnage qu’il est instable. Il sera clairement ce qui sauvera la meilleure amie de Sookie, embourbée dans des développements fades depuis le début de la série. Le personnage a ainsi l’opportunité de s’affirmer, malgré ses allures de punching-ball. Si les évolutions psychologiques se font au sacrifice du temps, Tara parviendra jusqu’au bout à tirer parti de ses épreuves, et ce, même dans sa conclusion.

On ne pourra pas en dire autant pour les autres. En tout cas, pour ceux à qui on a fourni quelque chose. Cela n’est ni le cas de Jessica et de Hoyt, ou encore de Arlene héritant d’une grossesse qui servira par la suite de prétexte à la mise en place d’éléments magiques. Andy Bellefleur aura le mérite d’être peu utilisé, se fondant plus dans le paysage en l’absence d’une intrigue inutile.

Enfin, le pauvre devra quand même se coltiner pendant une première partie de saison un Jason décidé à intégrer les forces de l’ordre sans passer par la case départ. Le frère de Sookie ne brille toujours pas par son intelligence, mais pire que tout, il se retrouve avec une histoire qui se refuse à nous mener quelque part, se dotant d’allures introductives. En effet, le voilà à tomber éperdument amoureux de Crystal, une panthère. Ce n’est sûrement pas une transformation en ce bel animal et une famille clairement en grande partie dégénérée qui va rendre l’ensemble intéressant. Le tout finit simplement par être répétitif et ennuyeux.

Reste-t-il dans tout cela un peu de place pour Sam ? Difficile à dire. Parti à la recherche de sa famille, ce qu’il découvre n’est pas ultra réjouissant, et malgré les bonnes intentions qu’il peut nourrir envers son frère, c’est surtout le fait d’être mis éternellement au second plan qui empêche réellement l’univers du patron de Merlotte de prendre de l’envergure. Pour se consoler, on nous offre quelques aperçus d’un passé sombre et d’un Sam loin d’être bon sous tous rapports. Ce n’est pas suffisant pour sauver le personnage du cercle vicieux dans lequel l’histoire l’a coincé, passant la plupart du temps à côté du potentiel qu’il y avait là.

Enfin, retour à Bill et Sookie. Le temps qu’on en arrive à la libération du vampire, les enjeux n’ont plus vraiment d’impact. On a déjà perdu de vue que, justement, c’était le but à atteindre, vu qu’on est déjà égaré un peu partout ailleurs.

Au moins, Sookie tirera largement son épingle du jeu, s’affirmant encore plus en même temps que tout le monde la manipule. On perd Alcide en seconde partie de saison, pour gagner un Eric et une Pam en grande forme, les seuls à pouvoir sauver avec Sookie ce qui reste d’intrigues potables à cette saison 3, auxquelles n’appartiennent pas les fées !

I’m a fairy? How fuckin’ lame!

Les envies de vengeance de Northam et l’attachement de Pam à son maker – épaulé par la prestation des deux acteurs, brillants du début à la fin – ne seront pas suffisant pour sortir de la débâcle dans laquelle la série se trouve, mais fournira au moins quelques scènes et dialogues exaltants.

Sur ce dernier plan, si Lafayette peine à vraiment faire quelque chose, il reste en tout cas fidèle à lui-même en apportant son lot de répliques mémorables et une prestance par moment bien trop forte au vu du personnage, qui tend à se perdre dans des détours pas très inspirés. Merci à Jesus pour cela – « a witch who’s a nurse who’s a dude » – servant à instaurer la future trame de sorcellerie qui devrait occuper la saison 4. En gros, comme Jason, Lafayette finit par être perdu – de façon moins importante – dans une trame scénaristique qui ressemble à une présentation plus qu’à une réelle intrigue.

Finalement, voilà ce qui définit assez bien cette troisième saison de True Blood. Des storylines et des personnages partout, s’empêchant les uns les autres de véritablement progresser. Le tout se termine sans une réelle sensation de conclusion, mais plus comme si tout ceci nous avait été servi dans le but de nous préparer à la suite. Cette dernière a intérêt à être à la hauteur.

La saison 3 de True Blood est disponible en DVD et en Blu-ray.