Alors que Tara tente de se libérer de ses « alters », Max se lance dans un projet personnel consistant à remettre en état la maison voisine. Pendant ce temps, leur fille Kate cherche sa voie professionnelle et leur fils Marshall expérimente sexuellement parlant. Charmaine est quant à elle décidée à mener une vie normale.

Si Tara s’était quelque peu lancée sur la voie de la guérison en saison 1, celle-ci prend une autre tournure pour ces 12 nouveaux épisodes, ne pouvant être effective que par la découverte des troubles qui l’ont causé. Le suicide du voisin et l’acquisition de la maison vont être des éléments déclencheurs, entrainant le retour à la surface de vieux souvenirs.

Cette direction permet donc à Tara d’être réellement au cœur des évènements, mettant d’une certaine façon les « alters » de côté. Deux nouvelles personnalités seront par ailleurs installées. Avec une Tara bien plus présente, les apparitions de Buck, Alice, Shoshana, Gimme ou Chicken deviennent plus forte narrativement parlant. Elles ont un impact plus tonitruant sur la vie des Gregson, en même temps que de nouveaux procédés sont mis en place pour expliciter l’évolution de Tara vis-à-vis de ses alters. Elle interagit directement avec Buck ou Shoshana, dans un but de résistance pour le premier et dans un esprit de collaboration et d’aide avec la seconde. Leur influence est alors plus notable.

La recherche identitaire de Tara ne s’arrête pas là, car elle aura aussi sa phase artistique, symbole d’une reconstruction qui se fait au détriment de la famille. Ce n’est clairement pas ce qui réussira le mieux à Tara, mais il apparaît que c’était nécessaire pour la pousser à aller plus loin et à créer des confrontations avec Max pour que le couple puisse mieux se relever et aller de l’avant.

Car, comme toujours, ses problèmes de santé ont un impact sur les membres qui entourent Tara. Son mari trouve dans le retapage de la maison du voisin un exutoire qui va être de courte durée, car il sera forcé d’être confronté aux mensonges de sa femme et au retour des « alters ». Max ne sait plus sur quel pied danser, forçant le couple Gregson à devoir modifier les règles qu’ils s’étaient eux-mêmes imposées pour trouver un nouvel équilibre.

Les problèmes de Tara ont par ailleurs un impact différent sur ses enfants, les poussant à se chercher ou à tenter de se réfugier dans d’autres mondes. Ce dernier cas s’applique fortement à Kate, elle aussi en recherche identitaire. Elle veut trouver quelque chose bien à elle, et cela passera par le développement d’une relation avec l’artiste Lynda, qui va l’introduire à Princess Valhalla Hawkwind. Mais, cet univers va lui être arraché des mains par sa mère, la conduisant auprès d’un jeune homme riche, prêt à lui offrir l’indépendance, mais la forçant à réaliser qu’aussi folle soit sa famille, c’est la sienne.

La quête identitaire de Marshall se place quant à elle sur le plan sexuel, tentant d’être hétérosexuel, mais sans succès. Le fils Gregson est sûrement l’un de ceux qui aura le plus gagné en profondeur au cours de cette saison, jouant toujours sur sa capacité à atteindre un point de non-retour provoqué par l’instabilité de sa famille et de sa propre personnalité. Il parviendra finalement à assumer totalement son homosexualité, mais celle-ci lui posera bien des soucis, Marshall ne réussissant pas tout de suite à accepter que son orientation sexuelle ne le définit pas en tant que personne, comme il semble le croire. Il faut dire que son nouvel ami Lionel vit cela comme une constante révolution et expérimentation, rendant le monde de Marshall plus excentrique et en même temps plus attendrissant.

Au-delà de la recherche de soi, il est évident que cette seconde saison de Tara se penche aussi sur un autre sujet, celui de la normalité, et ce qu’elle peut signifier. S’il est évident que les enfants Gregson cherchent en partie à ne pas tomber dans une folie que leur mère incarne, c’est avant tout Charmaine qui est décidée à rejoindre les gens « normaux ». Cela passe alors par un mariage avec Nick, quitte à fuir le bonheur qu’elle pourrait trouver auprès de Neil. La sœur de Tara s’acharne alors à pénétrer le monde de la norme, tout en cumulant les faux pas la renvoyant inévitablement là où elle appartient et est elle-même : parmi les personnes différentes. Cela justifie d’une certaine manière pourquoi il semble que tous les souvenirs de son passé soit mis de côté et qu’elle a un fort penchant pour éviter de les affronter. Si Tara a besoin de se confronter à son passé pour aller mieux, il y a sûrement aussi là-dedans un terrain à exploiter pour Charmaine.

Enfin, cette seconde saison de United States of Tara se révèle être dans son ensemble réussi, offrant une exploration plus fouillée des membres de la famille, l’établissant inexorablement comme étant en marge des normes de la société. C’est dans leurs différences que les Gregson trouvent leur richesse et leur propre bonheur.

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CaroleC
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