Unreal Saison 4 : et ils vécurent Everlasting pour toujours

24 Juil 2018 à 12:00

À peine quelques semaines après avoir dit au revoir à Serena et sa troisième saison, Unreal (et Everlasting) revient en nous promettant une émission « bigger than life », plus débridée que jamais. Avec le retour d’anciens candidats, les égos, les problèmes et les retournements sont annoncés. Mais…

À l’image de la (très) récente saison 3, cette dernière saison est incroyablement médiocre, ne parvenant pas à fournir du divertissement solide au service de ses personnages. Non, désormais, c’est l’inverse : Rachel, Quinn et les autres sont là au service du dernier rebondissement devant relancer l’intérêt, ni plus ni moins. Drogue, changement de personnalité, grossesse, coucheries, tout est essayé dans la surenchère au détriment d’un développement logique et approfondi. En d’autres mots, même pour la série, plus rien n’a de sens !

Le trailer promettait quelque chose d’étrangement excitant et plutôt pertinent pourtant : Rachel en prétendante. Renverser les positions et (dé)jouer les codes du programme et du genre télévisuel aurait pu permettre un dernier tour intéressant, plutôt que de rejouer la même partition. Car rien de tout cela ne se passera vraiment. En effet, Rachel (Shiri Appleby) va attirer bon nombre de prétendants pour qu’au final, elle puisse jouer dans l’ombre pour produire du drame, mais rien de palpitant.

La Rachel 2.0., idée devant relancer la série, est un échec total. En dehors d’une nouvelle coupe de cheveux et l’abandon de sa lubie d’être clean, Unreal ne parvient qu’à lui faire répéter les mêmes erreurs et dilemmes que les trois saisons précédentes. Dans sa relation avec August (Adam Ramos) ou sa rivalité sous fond de tension sexuelle avec le nouveau producteur Tommy Castelli (François Arnaud), tout est écrit à la truelle.

Même lorsqu’elle est mise face à ses responsabilités dans l’agression sexuelle de Maya, de retour après la première saison, elle ne brise pas le schéma. La confrontation avec Faith (Breeda Wool), ancienne candidate devenue psychologue sur le show, montre bien qu’elle est coincée dans un cycle destructeur que l’écriture ne parvient jamais à briser ou à exploiter convenablement. Une certaine tension dans la surenchère est censée être présente jusqu’aux dernières minutes, mais il n’en sera jamais ainsi, incapables qu’ils sont de capitaliser sur les erreurs de leurs personnages pour proposer autre chose.

Sa meilleure ennemie, Quinn n’est pas mieux servie. Tenant le même filon depuis le tout premier épisode, Constance Zimmer a peu d’espace pour changer de registre ou approfondir son personnage. Ce n’est pas sa grossesse compliquée qui arrangera les choses, nous donnant à voir les mêmes fils de sa relation avec Chet ou de sa sororité contrariée avec Rachel, comme en témoigne la scène finale. Certes, entre temps, quelques instants peuvent émouvoir grâce à l’actrice, mais on ne mesure jamais les conséquences.

Fort heureusement, à mesure que la saison avance, Unreal semble abandonner sa volonté de propos féministe, bien mise à mal avec la saison précédente. Ici, hors une pique dans le premier épisode, la série oublie qu’elle fut un moment une représentation du girl empowerment et ne cherche plus à cacher son incapacité à embrasser totalement la satire des thèmes et émissions qu’elle aborde. Parce qu’Unreal n’est plus une satire, mais un « behind the show » soapesque qui applique la politique du twist d’Everlasting.

Heureusement, si les personnages principaux n’ont définitivement plus rien à dire, Everlasting est bien plus divertissante qu’en saison 3. Débarrassée de thématiques lourdes et traitées à la truelle, l’émission revient à ses fondamentaux pour une saison « All Stars ». Il est assez rafraîchissant de voir Coco (Natalie Hall) arriver, montrant enfin une candidate qui ne se cache pas derrière l’hypocrite désir de trouver l’amour à la télévision, mais est bien là pour son quart d’heure de gloire et veut l’exploiter. Jamais subtiles et trop familières, les relations entre les candidats amusent à la hauteur de l’intelligence du show.

À l’image des ¾ de son existence, Unreal se termine sans panache et avec tellement de défauts qu’il est difficile de voir en ses huit épisodes autre chose qu’une saison divertissante. Les actes manqués, les prestations moyennes et une écriture paresseuse laisseront alors un souvenir périssable d’une série qui a tant promis lors de son premier tour de piste. Qu’on ne lui donne pas de roses, elle ne le mérite pas.

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