Sans signe préventif, une armée de vaisseaux extra-terrestres investit le ciel. Erica Evans, agent du FBI, va rapidement se retrouver face à une dure réalité : malgré leur message de paix, les Vs ont un agenda secret qui a débuté bien longtemps avant qu’ils ne se révèlent aux humains.

Après des années à tenter de redonner vie à sa série, Kenneth Johnson y parviendra en 2009 sur ABC. Plus qu’un remake, la série se propose de reprendre le point de départ, mais de raconter une histoire différente, remplaçant les analogies à la seconde Guerre Mondiale avec une thématique plus contemporaine : le terrorisme.

Un angle d’attaque qui a le mérite d’offrir aux lézards un plan de bataille inédit, même si cette première saison va peiner à réellement donner forme à cela. Il faut dire qu’avec le découpage que la chaine impose à la série, le démarrage est obligé de se faire en deux temps et, à chaque fois, c’est plutôt bâclé.

On commence donc avec quatre épisodes et le premier showrunner. L’arrivée des aliens, les premières découvertes, et les premières frayeurs. On nous installe quelques personnages : Erica Evans, agent du FBI, Ryan, un alien qui a changé de camp, Jack, un prêtre en crise de foi, Tyler, l’insupportable fils d’Erica, Chad, le journaliste ambitieux, Anna, la nouvelle Diana, et sa fille, Lisa. C’est le noyau dur auquel s’ajouteront quelques combattants de la liberté et autres lézards.

Avec tout ça, on couvre les bases, mais la résistance a besoin de plus. Après une pause de quelques mois, la série revient – avec un nouveau showrunner – et tentera de nous offrir ce qui semble être une augmentation des enjeux. Le souci principal est que les résistants paraissent lutter contre l’acceptation de ce qui est évident : ils n’ont aucune organisation, aucun plan d’attaque, et ils passent leur temps à régler leurs problèmes personnels au lieu de se focaliser sur le plu gros d’entre eux qui plane littéralement au-dessus de leurs têtes.

Cette dispersion n’aide pas à vendre les idées de la série. Le terrorisme est évoqué, mais personne ne sachant vraiment où est sa place, il est difficile d’appréhender le rôle de cellules sans organisation. On nous lance le nom « 5ème colonne » régulièrement, mais cela réveillera surtout les souvenirs des spectateurs de la série originale au lieu de prendre un sens nouveau. Et pour ne pas faciliter les choses, Anna prend le pouvoir et manipule son monde sans réellement laisser apparaître un plan final, juste des allusions. Là où on aurait aimé voir un garde-manger se remplir, on a droit à d’obscures expériences scientifiques.

Pour compenser, la série n’a pas beaucoup d’arguments. Visuellement, elle est souvent laide, les scènes d’actions ne sont pas régulières, l’humour absent laisse penser que le drama pourrait être un peu plus lourd, et les retournements de situations surprennent rarement… Sur papier, ce n’est pas brillant, mais à l’écran ça prend forme et, étonnement, le spectacle devient de plus en plus addictif. Il faut dire que Morena Baccarin est motivée et délivre une performance convaincante, offrant ainsi un méchant suffisamment détestable pour que ses ennemis gagnent naturellement en intérêt.

Le problème est que la saison ne dure que 12 épisodes et qu’elle s’arrête alors au moment où tout était finalement installé pour donner ce qu’on en attendait depuis le commencement.

V, nouvelle génération, passe donc sa première saison de mise en place avec difficultés. Et c’est peu dire. Malgré ça, elle a su ponctuellement montrer qu’elle avait de l’ambition et une certaine volonté à l’exploiter. Dommage qu’elle n’est pas parvenue à trouver l’équilibre nécessaire pour le faire rapidement. On peut dès lors espérer que le plus dur est derrière et que la saison 2 offrira ce que la première n’a pas pu faire.