V : The Mini Series / The Last Battle

Des visiteurs extraterrestres arrivent sur Terre prônant la paix et l’entraide. Rapidement, Mike Donovan, un journaliste, va découvrir l’horrible vérité qui se cache derrière ce qui deviendra rapidement une prise de pouvoir incomparable. La résistance s’organise.

Avec l’approche de la diffusion de la nouvelle version de V, je me suis dit que c’était l’occasion de revoir le matériel d’origine, car cela fait quelques années que je n’ai pas revu cette série. Plus précisément, je me suis attaqué aux deux miniséries qui précèdent la série.

Nous avons donc ce qui est aujourd’hui nommé The Original Miniseries, composée de deux épisodes, puis The Final Battle en trois parties, pour un total de plus de 7 heures de programmes qui retracent l’arrivée des visiteurs jusqu’à leur première défaite, que l’on sait temporaire.

V est une sorte d’institution dans ma famille, j’ai donc eu l’opportunité de regarder l’intégralité de la série plusieurs fois et j’en garde un bon souvenir. Mais il était temps de me rafraichir un peu la mémoire.

Tout commence donc par l’arrivée des visiteurs, mais avant ça, on sait déjà à quoi s’attendre, car Kenneth Johnson ouvre directement avec un message pour dédier son œuvre aux combattants résistants passé, présent et futur. L’histoire se révèlera d’ailleurs très inspirée par la Seconde Guerre mondiale.

Donc, des vaisseaux arrivent, le monde ne sera plus jamais comme avant. Nous sommes présentés aux principaux personnages, Mike, Julie, les Maxwell, et bien d’autres, arrivant bien entendu à la célèbre Diana. Construit comme beaucoup d’histoire de cette envergure, on nous pose le contexte et on précipite tout le monde dans la triste réalité des évènements. La où V prouve toute son intelligence, c’est dans la mise en œuvre de la stratégie des envahisseurs qui éliminent petit à petit tous ceux qui pourraient les exposer à la lumière des projecteurs. La paranoïa s’installe, mais déjà à l’époque on nous évoque le pouvoir immense des médias avant d’illustrer l’utilisation des peurs les plus basiques contre la population, ce qui mènera à des pertes successives de libertés.

La pression monte graduellement et les deux premières parties ne se précipitent clairement pas vers une conclusion, bien au contraire, car il ne s’agit que d’un début.

Sur le plan technique, ce n’est pas toujours brillant. Les effets spéciaux sont parfois purement horribles, même si certains donnent encore le change, notamment au niveau du maquillage. Il faut dire que cela date de 1983 et si le propos de l’histoire n’a pas vieilli, l’esthétique n’a pas forcément suivi. Ce n’est pas foncièrement une mauvaise chose, car la minisérie est ainsi bien ancrée dans son époque, surtout qu’on n’était pas encore en pleine explosion New Age, ça aide.

En 1984, The Final Battle reprend là où on s’était arrêté et passe clairement à la vitesse supérieure. L’histoire change de ton et s’oriente avant tout sur l’action. Le gros point faible est l’utilisation abusive de raccourcis et autres facilités scénaristiques parfois purement ridicules. Le niveau est bien inférieur, mais, durant les trois parties, on rencontrera des moments mémorables, dont la fameuse naissance des enfants de Robin. Personnellement, je déteste le personnage, elle est insupportable et complètement stupide dans la première Minisérie et la suite ne lui apportera pas vraiment l’opportunité pour briller. Robert doit payer pour ses erreurs, mais qu’a-t-il fait pour avoir une fille pareille ?

Peu importe, car on parle ici des bébés hybrides, un concept que j’espère voir repris dans la nouvelle série. D’ailleurs, il y a pas mal de chose que j’aimerais retrouver dans cette nouvelle version, à commencer par la représentation de la résistance. Elle est composée de personnes normales, des victimes des circonstances, qui ont décidé de se battre, certains allant jusqu’à sacrifier beaucoup d’eux-mêmes en l’acceptant fièrement, sachant que c’est pour une cause qui est plus grande qu’eux. Il y a des morts, toutes ne sont pas héroïques, certaines sont d’ailleurs stupides, mais c’est la guerre. Ensuite, les résistants sont régulièrement obligés de changer de cachettes, se retrouvant dans des lieux improbables comme un studio de cinéma, une vieille prison, les égouts… Pour finir, c’est surtout l’aspect visuel qui m’inquiète avec la ABC d’aujourd’hui. Tout y est souvent trop lisse, là où V offrait de la crasse et de la misère.

Bref, c’est dans les détails que V a su trouver ses forces. Si The Final Battle est plutôt décevante au niveau du scénario, elle compense un peu avec sa bonne dose d’action explosive et son combat où l’optimisme trouve étrangement sa place.

On pourra donc retenir de V beaucoup de bonnes choses, principalement dans sa première partie, mais ce n’est pas pour rien qu’elle n’a pas été oubliée, car c’était quand même de la bonne télévision qui trouve encore aujourd’hui des échos.

J’avoue être un peu inquiet de ce que la nouvelle version va donner, mais c’est principalement, car le message de l’original est intemporel et que pour tenter de faire sa place, V édition 2009 pourrait en faire trop, alors qu’il y a beaucoup à raconter sans se forcer.

Je n’ai pas encore eu l’opportunité de revoir la série qui suivit, je ne vais donc pas m’étendre dessus. Disons juste que même si elle contient des idées intéressantes, elle n’a fait qu’étirer une idée déjà bien entamée sans parvenir à apporter un plus mémorable.

Donc, pour conclure, si certains n’ont pas encore vu V : The Mini Series / The Last Battle – si c’est encore possible –, un visionnage est toujours une bonne expérience, surtout pour les amateurs de science-fiction.