Une jeune femme agresse sans raison apparente un chauffeur de Taxi. Peu de temps après s’être fait arrêter, elle s’échappe de prison. Un homme meurt étrangement prêt d’un distributeur de billets. Wallander pense que tout cela est lié, mais ne sait pas comment.

Cet épisode s’appelle Firewall, mais aurait aussi bien pu être nommé The Revenge of the IT Crowd, quoique cela aurait peut-être été un peu trop explicite pour la suite.

Wallander est un flic que je qualifierais « à l’ancienne ». À cela, on ajoute l’esthétisme quelque peu rétro de l’environnement dans lequel il évolue et l’on se retrouve avec un policier que l’on imagine mal maitriser l’informatique, un outil qui semble presque anachronique dans cet univers. Pourtant, en plus de se trouver un rencard sur le net, le détective qui a du mal à lire ses mails, va se retrouver dans une investigation qui le mènera à un complot fomenté par des informaticiens en colère. Je caricature, car au niveau motivation, c’est autre chose qu’une simple colère, c’est du militantisme, non, du terrorisme à base de bits.

Tout débuta par un simple meurtre, enfin, simple, non. Un mort, une coupable, un autre mort qui n’a rien à voir, mais Wallander, lui, il a l’instinct du flic « à l’ancienne », donc. Tout s’entrecoupe, les enquêtes, sa vie privée, ses emails et les nouveaux serveurs qui déconnent, et plus encore. L’histoire est finalement assez dense, mais pas forcément plus compliquée à suivre qu’elle n’y parait. Le format 90 minutes laissent le temps de tout mettre en place et de laisser les choses prendre forment d’elles-mêmes. L’inconvénient, c’est que parfois c’est trop lent, mais, contrairement au premier épisode, ici, pas de baisse de régime, le mystère s’épaississant au fur et à mesure que les réponses arrivent, il y a un monté en puissance, lente, mais palpable, qui va maintenir l’attention.

Le principal souci de cette série est peut-être qu’elle est trop contemplative. Cela donne des paysages de toute beauté, la photographie sublime les extérieurs suédois, mais amplifie l’aspect dépressif de la vie de Wallander. Le flic n’est pourtant pas aussi déprimé qu’il pourrait y parait. C’est vrai qu’il n’est pas un joyeux luron, mais malgré cela, il aime profondément la vie, son travail et sa fille, il est juste un peu gauche avec ses contemporains. Ce qui est du coup un peu dommage, c’est que le casting secondaire n’apporte pas la touche de légèreté qui pourrait rentre l’atmosphère plus détendue à l’occasion. Mais c’est l’esprit de la série, on n’y peut rien.

Ce second épisode offre donc une histoire bien agencée, avec des enjeux peut-être un peu gros, mais dont l’impact est réduit par le fait que l’histoire reste à l’échelle humaine. Le résultat est supérieur, qualitativement parlant, au premier épisode, car le scénario est bien mieux équilibré.