Westworld : Quand la fantaisie se heurte à la réalité (Pilote)

Wesworld pilote

Maintenant que Person of Interest s’est achevée, Jonathan Nolan prend ses quartiers sur HBO pour poursuivre son exploration de l’intelligence artificielle, du rapport de l’homme avec la technologie et de la notion d’évolution. Les thématiques sont visiblement similaires, mais Westworld est définitivement une série différente.

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Présentée comme une adaptation du film éponyme de Michael Crichton (Mondwest en France), cette nouveauté ambitieuse co-créée par Nolan et Lisa Joy nous entraine dans un futur indéterminé. L’action se déroule alors dans un parc d’attractions où de riches clients viennent vivre des aventures aussi variées que tumultueuses dans le Grand Ouest américain. C’est l’ultime simulation qui procure des frissons sans la moindre prise de risques.

Bien entendu, il y a un bug dans la machine, puisque Nolan est dans le coin. Le parc est habité par des robots dont l’apparence et le comportement sont humains, mais ils suivent un script. On comprend rapidement cela avec Dolores (Evan Rachel Wood) qui nous sert de point de référence. Cela commence avec elle et c’est naturellement avec elle que le pilote se termine. Prisonnière inconsciente d’un jour sans fin, elle rejoue les mêmes évènements jusqu’à ce qu’un visiteur injecte une variante… et il va y en avoir plusieurs.

Normalement, les changements s’effacent et les robots n’apprennent rien. Comme le prédit la responsable des opérations, Theresa Cullen (Sidse Babett Knudsen), après trois décennies, il est fort probable que tout cela nous mène à une catastrophe. Cela dit, Westworld ne nous entrainera pas la tête la première dans le mur. Les premiers problèmes ne sont pas là pour nous précipiter dans un soulèvement immédiat des machines – comme cela était le cas dans le film. Ils sont en fait un présage et, si l’on en croit la dernière image de ce pilote, la révolution est en marche, mais elle n’avancera pas dans la précipitation.

La subtilité est en effet de mise ici. Que ce soit dans les oppositions de philosophies entre les responsables du parc, les actions des robots ou dans la musique – avec ses versions instrumentales de classiques du rock –, Westworld s’ouvre avec un épisode dont la force réside réellement dans les détails. Bien entendu, le spectacle promis est au rendez-vous, mais ce qui motive à vouloir en apprendre plus se trouve être dans les dialogues qui insinuent des conflits d’intérêts majeurs, dans la chasse aux différences qui se lancent à chaque fois que le programme reboot ou encore dans l’envie de découvrir ce qui se trame hors du parc.

Certes, l’aspect western a ses charmes – aucun signe du futureworld ou des époques romaines et médiévales. Cela dit, les allusions faites à ce futur si avancé qu’un parc comme celui-ci puisse exister suggèrent beaucoup de possibilités. Il est peu probable que l’on quitte le Westworld, mais il y a déjà beaucoup à explorer dans les coulisses de celui-ci.

En fait, c’est clairement là où se situe la force de ce premier épisode de Westworld. Il ouvre une fenêtre sur un monde intrigant et nous invite donc autant à le regarder s’effondrer doucement qu’à le voir vivre dans une certaine insouciance. Même si l’on ne sait pas quelles voies seront suivies dans l’immédiat, il est indéniable que le nombre d’options présentées est suffisant pour faire naitre plus qu’une simple pointe de curiosité.

Sans surprise, puisque nous sommes devant une grosse production HBO, le fait d’avoir à l’écran des acteurs comme Anthony Hopkins, Ed Harris, Jeffrey Wright ou encore Sidse Babett Knudsen, Evan Rachel Wood, James Marsden et Thandie Newton, pour ne citer qu’eux, a aussi de quoi séduire. La réalisation de Nolan n’est également pas en reste, s’appuyant sur des codes du genre western pour rendre l’immersion étrangement plus anachronique quand on visite les coulisses du parc.

C’est donc le moins que l’on puisse attendre d’un tel projet sur cette chaine, mais l’attrait principal reste clairement le scénario, ses nombreuses possibilités et ses thématiques que Nolan aime temps et maitrise si bien. Westworld a ainsi le potentiel pour être plus qu’un simple blockbuster télévisuel, c’est une série qui a ce qu’il faut pour faire réfléchir autant qu’elle divertit. C’est une combinaison qui n’est pas négligeable, en particulier quand elle est à ce point maitrisée.

Retrouvez Westworld tous les lundi en US+24 sur OCS.

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