Westworld Saison 1 Episode 3

Ford décide de réécrire les origines de Teddy pour qu’il trouve sa place dans une nouvelle storyline. Bernard commence à se demander si le problème a bien été réglé et si certains hôtes pourraient encore être défectueux.

Cette première saison de Westworld débute en couvrant toutes les bases, laissant clairement penser que l’on cherche surtout à nous dessiner les contours de l’histoire avant de vraiment s’attaquer à son cœur. L’approche est presque scientifique dans sa mise en œuvre avec l’exposition de théories et l’expérimentation qui suit pour les valider ou non.

En quelque sorte, nous sommes appelés à voir le parc à travers les yeux de Bernard. Avec lui, nous en apprenons assez pour saisir les tenants et aboutissants du Westworld, tout en obtenant un aperçu de ce qui pourrait dérailler. Comme lui, nous continuons à découvrir des choses surprenantes, en particulier quand Ford dévoile une partie des origines du parc qui était tenue secrète.

La vérité est que l’on ignore bien plus que cela, car si on lit entre les lignes, on ne parvient réellement qu’à spéculer sur bien des sujets. Néanmoins, le scénario de ce troisième épisode ne manque pas de paraboles pour adresser le problème.

Dans ce sens, Teddy est là pour nous éclairer. Le brave cowboy n’est pas l’attraction principale du Westworld, mais il joue un rôle qui est aujourd’hui important. Il doit en effet montrer l’importance d’une backstory. Lisa Joy et Daniel Thomsen signent ici un épisode qui parait servir autant à illustrer comment Westworld a la capacité d’évoluer qu’à disserter sur leur propre travail de scénaristes.

Aidé par Anthony Hopkins qui injecte une certaine sévérité dans son personnage, on nous rappelle qu’il ne faudrait pas s’investir inutilement dans des robots qui sont finalement interchangeables. Du moins, tant que ceux-ci ne trouvent pas en eux cette étincelle de conscience qui les force à improviser.

Teddy a donc le droit à une nouvelle histoire. Une qui mêle fanatisme, violence et mystère. Le cowboy a désormais un passé, mais celui-ci pourrait être réécrit. Néanmoins, cette backstory l’encourage à sortir de la boucle qu’il répétait avec Dolorès dès le pilote et c’est cette dernière qui se voit pousser à improviser. Cela est progressivement amené, car Westworld tend à nous tenir la main pour éviter de nous perdre. C’est occasionnellement irritant, en particulier quand il est encore question de revoir les robots rejouer une scène avant de nous emmener à ce qui diffère. Cependant, au moment où Ford et Bernard commencent à exposer la théorie de l’évolution de l’intelligence artificielle, il est bienvenu d’avoir une illustration.

De plus, cette façon de poser une couche du récit après l’autre entretient une fascination qui devient réellement enivrante. Assister à la construction de l’histoire sous plusieurs angles avec chaque personnage – touriste ou robot – s’installant dans une position cruciale laisse apparaitre une vision assez large et complexe que l’on ne peut que tarder à découvrir dans son intégralité.

La force de Westworld s’affirme définitivement dans les non-dits, même si le spectacle – ici mis en scène par Neil Marshall – n’est pas en reste. Plus on passe du temps dans le parc et plus sa sauvagerie intrigue. Cela dit, lever le voile sur ce qui le fait fonctionner est ce qui passionne le plus et ce qui donne réellement envie de voir la suite le plus rapidement possible.