Wynonna Earp saison 3 : Crise chez les Earp sur fond de fin de monde

Le moins que l’on puisse dire, c’est que notre héroïne badass et ses acolytes de Purgatory ont été particulièrement malmenés cette année, aussi bien par les démons vengeurs que par l’équipe créative qui s’est laissée dépasser. Cette dernière saison de Wynonna Earp est clairement la plus inégale et la plus polémique des trois.

On retourne donc à Purgatory pour 12 épisodes à Wynonna et son équipe font face à des monstres, revenants et leurs plus grandes peurs. Dans cette saison 3, le groupe doit affronter le démon qui a maudit la famille Earp. Entre fulgurances et maladresses, que faut-il retenir de ce passage éclair dans le Triangle de Ghost River ?

La rupture de ton, une fausse bonne idée

Les premiers épisodes annoncent immédiatement la couleur : cette année, on rigole moins. Dramatiser les enjeux était en soi judicieux, la série entrant dans une ère plus mature, mais la transition est inexistante et la maîtrise du genre approximative. Jusque dans l’image, de nouveaux effets visuels tentent d’apporter malaise et noirceur, avec plus ou moins de réussite selon les épisodes.

En début de saison, Wynonna Earp se disperse tellement en sous-intrigues à retournements tragiques que le départ inattendu d’un personnage principal fait l’effet d’un pétard mouillé, aussi mal amené que, par la suite, mal traité. C’est bien dommage, car ce choix scénaristique osé aurait pu être une excellente piste pour donner un coup de fouet au casting et à la série.

À la place, nous avons droit à la – très – longue installation d’une nouvelle menace bien terne : Bulshar (Jean Marchand). Mari oublié d’une ancienne menace oubliable, Bulshar est un mauvais antagoniste dont l’aura effrayante et mystérieuse n’a pour intérêt que de cacher de grosses faiblesses d’écriture. Loin d’être à la hauteur du Bobo (Michael Eklund) des débuts, ce vieillard égocentrique s’avère plus consternant que terrifiant.

Personnages en détresse

Cette difficulté à donner corps à un personnage cohérent se constate sur l’ensemble des nouveaux arrivants. Si l’on pouvait s’attendre à ce que la mère de Wynonna (Melanie Scrofano) et Waverly (Dominique Provost-Chalkley), introduite en fin de saison 2, étoffe la mythologie de la série et donne plus de relief au passé de la famille Earp, il n’en est rien. Tout ce que l’on a vu, c’est un beau gâchis de Michelle Gibson jouant une femme clairement dérangée, aussi vite arrivée que repartie. Même verdict pour Charlie (Sebastian Pigott) et Kate (Chantel Riley) qui font plantes vertes un bon moment avant d’être des outils scénaristiques bien pratiques.

Le principal problème de Wynonna Earp est qu’elle ne parvient pas à composer avec du neuf. Les nouveaux personnages sont tous reliés d’une façon ou d’une autre aux intrigues préétablies et les évolutions drastiques des héros tournent au vinaigre. Doc en est le meilleur exemple. Si ses choix moraux au fil de la saison sont plus que pertinents, la mise en place en est très artificielle et peu subtile. Il retourne d’ailleurs très vite à son point d’équilibre : le cow-boy ténébreux et immortel amoureux de la belle inaccessible. C’était pourtant bien essayé.

Néanmoins, lorsque les bases sont suffisamment solides, l’équipe créative fait des étincelles. Wynonna continue d’être une héroïne de qualité, habitée par une certaine violence et aux valeurs discutables. Les débuts de son duo avec Haught fonctionnent également très bien. Concernant cette dernière, une fois oublié le faux départ frustrant du début de son développement en tant qu’entité propre, le couple qu’elle forme avec Waverly reste l’un des plus touchants du petit écran actuellement.

De l’excellent au milieu d’un joyeux bazar

Tout n’est pas mauvais dans cette saison. Certains épisodes semi-indépendants sont même excellents, comme le huitième. La série peut également compter sur une parfaite bande originale et des guest stars très appréciables. Toujours reine des dialogues cinglants, on ne compte plus les blagues méta et les punchlines à la fois drôles et percutantes. Cette saison fait aussi plus de place à Jeremy et met en lumière tout le potentiel comique de son interprète Varun Saranga.

Sur la fin de la saison, Wynonna Earp prend un énième tournant inattendu pour développer sa mythologie, mais cette fois le dérapage est contrôlé, voire relativement inspiré. En s’éloignant des revenants pour embrasser des codes plus religieux et mystiques, la série prend une nouvelle direction intéressante, étrangement bien amenée et avec beaucoup de potentiel.


Difficile de statuer sur cette troisième saison. La série d’Emily Andras manque de toute évidence de structure, d’enjeux et ses bases sont fragiles. Malgré tout, Wynonna Earp est un bon divertissement. Drôle, rafraîchissante et décomplexée, la série ne sait pas trop où elle va, mais y va avec entrain et humour, ce qui en fait une expérience bien moins désagréable que prévu. Syfy a récemment renouvelé la série pour une quatrième saison, espérons qu’elle sache rebondir avant que l’indulgence et la curiosité retombent définitivement.

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