Que vaut Yellowstone, le néo-western avec Kevin Costner ?

17 Juil 2018 à 12:00

Alors que HBO nous plonge dans le quotidien du clan Roy, aussi dysfonctionnel qu’il est extrêmement riche dans Succession, Paramount Network se propose de nous entrainer dans celui d’une autre riche famille, à savoir les Dutton, propriétaires du plus large ranch des États-Unis dans Yellowstone.

L’ambiance est donc différente, car cette création de Taylor Sheridan et John Linson emprunte visuellement au western avec ses larges étendues et ses face-à-face entre hommes se battant pour leur héritage.

Disons-le d’entrée de jeu, l’attrait principal de Yellowstone réside dans sa photographie et sa mise en scène. Avec Sheridan derrière la caméra pour les premiers épisodes, l’identité esthétique de la série est immédiatement posée et l’immersion est quasi-totale. Le réalisateur de Wind River maitrise les codes du genre, sachant filmer les horizons et la nature sauvage, même lorsqu’il est question de nous signifier comment l’homme tente de la dompter.

Si Yellowstone a un style visuel bien défini, cela n’est pas le cas en terme scénaristique où les maladresses sont plus nombreuses et les lignes de dialogues peu inspirées viennent quelque peu gâcher les scènes les plus intenses.

Dans ce Montana aussi beau que sans pitié, la famille Dutton est donc une cible à abattre. John, le patriarche de la famille, est attaqué de tous les côtés — entre ambitieux politiciens et promoteurs immobiliers. Ces terres sont convoitées et au centre d’un dilemme à la fois historique et économique.

Dès lors, Yellowstone se propose de nous dépeindre une Amérique isolée, mais où le sang coule régulièrement et qui reste au cœur d’enjeux où se confondent naturellement l’argent et l’héritage. Celui de la famille Dutton et celui des Indiens qui cherchent à reprendre ce qui leur revient de droit.

Bien que légèrement frileuse, c’est sans doute dans les enjeux économico-politiques que Yellowstone promet le plus. La mise en place se fait cependant difficilement, avant tout car les scénaristes y mêlent des éléments familiaux, soapesques et mystiques avec son lot de clichés. Le mélange ne déstabilise pas tant qu’il laisse quelque peu dubitatif sur ce que peut bien vouloir nous dire la série par moment.

Nous avons ainsi Kelly Reilly dans la peau de Beth, fille de la famille Dutton, qui est introduite comme une sorte de femme fatale névrosée qui embrasse tous les excès qui vont avec sa situation. Beth est une femme brisée qui aime répandre son venin et propager sa mauvaise humeur. Elle le fait surtout avec son frère avocat, Jamie (Wes Bentley), qui cherche à obtenir une place légitime dans ce clan.

Leur relation est cependant entièrement basée sur un rapport de force qui est défini par ce que chacun croit que leur père pense, au fond. Leur désaccord a une origine plus profonde, mais on peut résumer tout cela au fait que nous avons une famille dysfonctionnelle ne s’étant jamais remise de la perte de la figure maternelle qui ne mérite sûrement pas d’être posée sur un piédestal pour ce qu’on a entr’aperçu à ce jour.

Tous les Dutton sont des âmes troublées, mais seul Kayce (Luke Grimes) semble avoir trouvé en partie comment dompter un certain nombre de ces démons en s’éloignant de sa famille — sans pour autant briser tous les liens. Au contraire, cela est destiné à le rattraper. En attendant, Kacey vit sur la réserve, avec sa femme et son fils, et semble incapable d’être en voiture sans que rien ne se produise. Le symbolisme et le mysticisme s’invitent régulièrement auprès de Kacey qui semble être une sorte d’aimant à évènements improbables, de l’explosion d’une maison à la découverte d’un squelette de dinosaure dans son terrain en passant par un loup qui se contente de juste le regarder sur la route.

Séparément, tous ces éléments peuvent fonctionner, donnant le jour à des scènes parfois théâtrales, mais inspirées et à des confrontations verbales (et physiques) loin de laisser indifférents. Si elle peut compter sur un casting dévoué et de belles images, l’équipe de Yellowstone n’a pas encore trouvé l’équilibre entre tous ces composants et tâtonne à trouver ses marques et à fournir une direction explicite à l’ensemble.

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