Bury My Heart At Wounded Knee (TV)

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10 fév 2008 à 18:17
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Charles Eastman (Adam Beach), né Ohiyesa, est un jeune Sioux, qui va devenir symbole de l’intégration des Indiens en devenant médecin. Sitting Bull (August Schellenberg) est le chef des Lakota, qui refuse de se plier à la politique américaine, voulant retirer aux Indiens leur indépendance, leur culte et leur terre. Le Sénateur Henry Dawes (Aidan Quinn) est persuadé qu’il faut intégrer les Indiens au monde des Blancs, il est ainsi l’instigateur de la politique mis en place. Ces trois destins vont être au cœur de l’histoire, montrant un point de vue différent sur les évènements qui se déroulent, débutant après la victoire des Sioux sur le Général Custer à Little Big Horn, en 1876, et s’achevant après le massacre de Wounded Knee (1890), en 1895.

Adapté du roman de Dee Brown, premier Indien à exposer son histoire en 1970, Bury My Heart At Wounded Knee relate une page de l’histoire peu glorieuse de l’Amérique, où les fantômes hantent encore les terres, pour une bataille qui n’est pas réellement terminée.

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Production HBO oblige, les moyens sont là, le visuel, les costumes, l’effet est immédiat. Que ce ne soit pas de la bonne époque n’a pas d’importance, le spectateur lambda (soit quasiment tout le monde) ne s’en rendra pas compte, et y croira.

C’est à travers 3 personnages principaux que nous allons vivre l’histoire. D’abord, avec Charles Eastman, Sioux, qui se retrouve à suivre des études et qui va alors être « assimilé ». Les évènements vont avoir des répercussions sur sa vie, et surtout la belle Elaine Goodale (Anna Paquin) qui a appris son langage et qui va enseigner dans les réserves. C’est elle qui va le pousser à aller voir de plus près ce qui se passe ; elle, qui d’une étange façon, va le ramener à ses racines. Tous deux, plus témoins qu’acteurs, seront victimes d’un système qu’on ne peut changer. Ils n’agissent pas beaucoup et, il faut l’admettre, ils ne le peuvent pas vraiment. Eastman, à son poste de médecin, se retrouve à distribuer des bouteilles de jus de foie de morue pour les Indiens prétextant être malades, juste pour avoir un peu d’alcool. Eastman pouvait montrer un beau modèle de réussite, il n’est finalement qu’une personne élevée dans les coutumes américaines qui a, pendant un moment, oublié d’où il venait.

Sitting Bull est, à l’opposé, le chef qui ne cède jamais. Le symbole indien, celui derrière lequel tout le monde se retrouve. Il est le symbole d’un refus d’abandonner les coutumes, de se plier aux Blancs. C’est lui qui va donner à son peuple des raisons de s’opposer ; lui qui gardera à sa façon une certaine liberté dans un monde gouverné par les Américains. Son refus de se plier aux règles et l’opposition qui en découle démontrent bien les intentions du gouvernement.

Dans le camp américain, Henry Dawes est persuadé d’agir pour le bien des Indiens. C’est ce qui est presque le plus effrayant dans l’histoire. Dawes tente de les aider, en agissant mal. Au lieu de se battre pour leurs droits, il se bat pour des compromis, pour sauver les meubles. Les Américains veulent des terres, veulent une terre, veulent faire des affaires. On brise des accords passés, on en crée de nouveau. Pour lui, l’Indien doit se plier aux exigences du monde américain. Il ne s’agit pas de vivre côte à côte, il s’agit de vivre comme les autres. Et ce qui dérange, c’est le refus des Indiens de se plier aux conventions. Ils ont leur façon de vivre, différente, et qui fonctionnait très bien jusque-là. Tout du long, les Américains vont leur retirer ce qu’ils leur ont donné, vont les forcer à changer de vie. Henry Dawes n’est pas obligatoirement le plus présent à l’écran, mais assurément le plus complexe. Il donne vraiment l’impression de croire qu’il agit pour le bien des Indiens, alors qu’il ne fait que les assujettir. L’idée atteint son paroxysme à la fin, quand il demande à Charles Eastman de donner aux Indiens des noms chrétiens pour qu’on puisse les mettre sur des registres, tout ça, car les noms Indiens se ressemblent trop et qu’ils en ont plusieurs. C’est le dernier pas, celui de l’identité enlevée. Et pourtant, il semble toujours persuadé du bien-fondé de ces actions.

Trois personnages nous plongent au cœur d’une histoire, d’une injustice. Bury My Heart At Wounded Knee ne se montre pas critique ou ne tente pas d’alléger les actes commis. On y découvre une page de l’Histoire américaine peu connue, et qui mérite vraiment qu’on s’y intéresse. Ce téléfilm offre une approche assez honnête. Peut être pas toujours juste, ou véridique, mais, qui permet amplement, pendant deux heures, de découvrir sans trop de fioritures, une époque pas complètement révolue.

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