Crazy Amy observe les clichés des comédies romantiques du point de vue d’une femme

12 Déc 2015 à 11:12

Crazy Amy/Trainwreck

Un homme court rattraper sa bien-aimée avant qu’elle ne s’en aille. Un homme fait une performance musicale pour séduire celle qu’il aime. Un homme combat ses addictions pour devenir meilleur pour la femme qu’il désire. On connaît tous ces clichés de comédies romantiques. On remarque toutefois moins que, dans ces films, l’homme est celui qui initie ces gestes d’amour. Alors pourquoi pas, une fois de temps en temps, une femme ne pourrait-elle pas faire de même ?

TrainwreckCrazy Amy en France – est un film de Judd Appatow, le spécialiste des comédies romantiques à l’humour trash et aux personnages improbables. Ce trait se retrouve accentué par celle qui écrit le film : Amy Schumer. Si vous ne la connaissez pas, c’est la créatrice d’Inside Amy Schumer, une série composée de nombres de ses sketchs. Cela se ressent d’ailleurs dans ce long métrage, avec plusieurs scènes qui semblent être tirées tout droit d’un des épisodes de sa série.

L’histoire porte ainsi sur Amy (Amy Schumer), une femme qui a toujours suivi le conseil de son père (Colin Quinn), qui vient juste d’être placé en maison de retraite : la monogamie n’est pas un concept réaliste. Elle enchaine donc les aventures d’un soir, tout en étant dans une sorte de relation avec Steven, interprété par un étonnamment drôle John Cena. Lorsqu’elle rencontre le chirurgien sportif à succès Aaron (Bill Hader), elle se retrouve très proche de commencer une relation sérieuse.

Le pitch n’a rien de nouveau en soi. Cependant, le fait que la femme joue le rôle habituellement réservé à l’homme se révèle intéressant. Cela permet à Amy Schumer d’utiliser les habituels clichés des comédies romantiques et de les exploiter du point de vue d’une femme.

Amy travaille bien évidemment dans un magazine de mode, doit se battre au sein de son équipe pour se faire une place et doit gérer les remarques de ses collègues masculins – que les amateurs reconnaîtront sous les traits de Randall Park (Fresh Off The Boat) et de John Glaser (Parks and Recreation). Le magazine est même dirigé d’une main de fer par une tyrannique Tilda Swinton. Sauf que, dans la plus pure tradition de l’humour d’Amy Schumer, c’est le genre de publication qui parle des enfants moches en dessous de 6 ans. Loin du Diable s’habille en Prada donc.

Trainwreck bénéficie de son casting, à la fois très talentueux et qui ravira les fans de séries. Amy Schumer est toujours et encore elle-même, une femme sûre de ses choix et extrêmement drôle. Son alchimie avec Bill Hader représente un gros atout pour le film. Ce dernier est d’ailleurs juste ce qu’il faut de maladroit et de charmant, offrant un solide contrepoids à l’énergie quelques fois écrasante de Schumer. Les seconds rôles sont aussi très bons dans ce que le film leur demande de faire. Et c’est d’ailleurs là où se trouve la meilleure surprise de ce long métrage.

LeBron James est une jolie révélation au sein de Trainwreck. Le basketteur joue évidemment son propre rôle, mais également celui du meilleur ami d’Aaron. Et il possède un réel timing comique ! Qu’il cite Kanye West pour expliquer les dangers de ne pas utiliser de protections, qu’il s’assure qu’Amy aime réellement Aaron ou qu’il refuse de payer les additions au restaurant, LeBron se révèle réellement à l’aise dans la comédie. Et tout comme John Cena, cela fait plaisir que des stars sportives ne soient pas uniquement utilisées comme telles.

L’histoire de Trainwreck est donc celle d’une comédie romantique classique, mais elle bénéficie d’un changement de point de vue et d’un ton qui s’assume du début jusqu’à la fin. L’appréciation du film se fera probablement en fonction du degré d’amour que l’on porte à Amy Schumer, même s’il recèle de très bons moments au-delà de son interprète principale. Malgré tout le cynisme dans le ton, à son cœur le film possède une réelle bonté et réussira à émouvoir, tout en n’oubliant jamais d’être subversif.

Et en bonus, elle vous fera apprécier à coup sûr Uptown Girl de Billy Joel. Si c’est pas beau la vie…

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