Everest, une longue mais impressionnante ascension

28 Sep 2015 à 9:30

Everest (2015)

Nanti d’un casting impressionnant, Everest débarque dans les salles de cinéma avec la ferme intention de s’imposer comme l’évènement de la rentrée. Si ce n’est pas totalement le cas en raison d’une première partie fastidieuse, le long métrage de Baltasar Kormákur parvient toutefois à immerger le spectateur au cœur de l’ascension de la plus haute montagne du monde, notamment grâce à des performances techniques remarquables.

Inspiré d’une histoire vraie, Everest met en scène le terrible accident survenu en 1996 qui a couté la vie à 8 alpinistes amateurs et professionnels, la faute à une tempête et des conditions de préparation bâclées, sacrifiées sur l’autel de l’ego. Mené par un casting de haute volée (au hasard, Jake Gyllenhaal, Josh Brolin, Jason Clarke, Keira Knightley), Everest rassure d’emblée. Les acteurs sont totalement à l’aise, et l’alchimie entre les différents protagonistes est probante. Heureusement, car la première partie flirte dangereusement avec l’ennui ; l’écriture sombre rapidement dans le pathos gratuit (jusque dans les images d’archive du générique de fin) et l’accumulation de scènes inutiles s’acharnent à présenter ce qui sera redéveloppé plus tard à travers l’accident. Everest aurait largement gagné à démarrer sur son ascension de la même manière qu’un Gravity débutait directement dans l’espace. On peut interpréter ce choix comme une volonté du film de rendre hommage aux disparus, mais il empiète trop sur la démarche cinématographique du projet, qui propose un survival immersif, haletant et d’une puissance visuelle et sonore comme on en voit peu.

Il faudra ainsi 45 minutes avant qu’Everest se mette en route, mais l’attente en valait la peine. Immédiatement, la caméra de Kormákur s’envole à travers les massifs, magnifie ses décors et écrase ses protagonistes face à cette nature indomptable. L’arrivée de la tempête sur l’Everest achève cette montée en puissance en agrippant le spectateur pour ne le relâcher qu’à la fin du métrage. À ce titre, on notera l’incroyable travail réalisé par le metteur en scène sur l’aspect technique de son film, que ce soit visuellement (les panoramas sont gigantesques) ou en terme de mixage sonore, probablement le plus impressionnant entendu au cinéma cette année (préparez-vous à vibrer lors de l’arrivée de la tempête). Perdu dans ce tourbillon de désespoir, on assiste impuissant à la chute des personnages, balayés comme des fétus de paille par une nature face à laquelle ils ne peuvent rien faire. Les quelques morts parsemant le film sont d’ailleurs filmés avec une froideur et un réalisme qui glacent le sang, transposant brillamment la faiblesse de l’homme face à des évènements qu’il ne contrôle pas. Sans multiplier les séquences d’action, Kormákur laisse son décor assurer le spectacle pour lui et procure au spectateur des frissons constants pendant plus d’une heure.

Everest (2015) avec Jason Clarke

Le désir d’Universal de proposer ce dernier uniquement en Imax pour son premier Week end US, et seulement en 3D pour les deux premières semaines d’exploitation en France prouve d’ailleurs que l’ambition du métrage est avant tout d’en mettre plein la vue et plein les oreilles.

Un petit mot sur la 3D pour terminer. Là encore, Everest souffre sur sa première partie, dans laquelle le relief n’a tout simplement pas sa place. Les séquences en intérieur succèdent aux extérieurs à la profondeur de champ limités, empêchant tout travail intéressant sur les arrières plans. La très longue introduction terminée, le relief se dévoile enfin. Profondeur incroyable sur les massifs montagneux, arrières plans parfaitement découpés, effets de jaillissements épars (boules de neige, banderoles tibétaines), parfois permanents (les flocons de neige volent régulièrement dans la salle de cinéma), Everest dévoile ce qu’il a dans le ventre, et démontre une nouvelle fois qu’une post conversion 3D peut être réussie lorsque le métrage a été pensé en amont comme tel. Cependant, aussi travaillée qu’elle soit, la 3D ne transcende pas le film, et il est tout à fait possible de profiter du spectacle en 2D (sous réserve que vous souhaitiez patienter avant de le voir).

Laborieux dans sa première partie, assez démonstratif dans la seconde, Everest est un projet très honnête qui sait apporter au spectateur ce qu’il est venu chercher. Très solide visuellement, le film assure un dépaysement total dès lors qu’il arrive à se dépêtrer d’un hommage lourdaud qui rallonge l’expérience inutilement. Il serait donc dommage de bouder son plaisir face à ce divertissement très sympathique, à contre-courant du tout-venant hollywoodien et bien au-dessus de la moyenne des productions estivales.

Everest est dans les salles françaises depuis le 23 septembre 2015.

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