Godzilla : Pas assez de Bryan Cranston, mais beaucoup de destruction

27 Août 2014 à 19:42

Godzilla

Après sa performance dans Breaking Bad, il n’est pas étonnant de voir que Bryan Cranston se retrouve à l’affiche d’un gros film et c’est comme cela qu’il vole la vedette à tout le monde dans Godzilla. Du moins durant le peu de temps qu’il restera à l’écran, soit à peine le premier quart du métrage.

Néanmoins, il faut admettre que l’on ne pouvait pas attendre qu’un blockbuster misant sur la destruction massive puisse réellement donner à un acteur comme Bryan Cranston la place qu’il mérite. À la place, c’est Aaron Taylor-Johnson qui se retrouve mis au premier rang.

Mais tout d’abord, un peu d’histoire. Du nucléaire, des monstres. 15 ans plus tard… Du nucléaire, des monstres… destruction… destruction… destruction…

Après le petit, mais inventif, maitrisé et enthousiasmant Monsters, Gareth Edwards prend les commandes d’un autre film de monstres, redonnant vie à une franchise qui n’a pas vraiment besoin d’être présentée : Godzilla.

Indéniablement plus inspiré que Roland Emmerich qui, avant lui, américanisa le monstre japonais, Edwards nous livre un long métrage ambitieux sous certains aspects, mais frustrant sur bien d’autres. Si l’utilisation limitée de Bryan Cranston est regrettable, traiter le légendaire Godzilla comme un second couteau pendant les trois quarts du film est encore plus déplorable, tout comme tenter de faire d’Aaron Taylor-Johnson notre guide dans toute cette aventure.

Il faut dire qu’après s’être focalisé sur l’angle humain dans un premier temps, le scénario s’en éloigne et fait de notre héros une sorte d’Indiana Jones tenant inexorablement de mettre la main sur son arche perdue. Concrètement, Ford Brody (Taylor-Johnson) est comme le célèbre aventurier, il court après son MacGuffin sans jamais l’atteindre et il finit sans surprise indemne alors que l’ennemi est mort plus ou moins sans qu’il n’ait rien fait du tout. Sans lui, l’histoire n’aurait pas été vraiment différente, mais contrairement à Indy il ne rend pas son périple délirant, monumental et extrêmement réjouissant. Au lieu de ça, il encourage la torpeur.

Heureusement donc que Godzilla finira par être mis au premier plan – ce qui n’était pas gagné. Edwards paraissait en effet plus intéressé par faire du teasing qu’autre chose. Si ne percevoir que brièvement le monstre dans la fumée des décombres et dans les eaux bleues du Pacifique fait monter la pression, il arrive un moment où découvrir les ruines après coup perd véritablement de son intérêt, surtout que ce n’est même pas celui que l’on est venu voir qui est responsable. Le film se concentre en effet sur d’autres monstres appelés MUTOs qui sont plus ou moins les véritables stars de Godzilla pendant sa plus grande partie. Ces créatures servent à fournir la quantité astronomique de destruction qu’un blockbuster moderne semble forcé de produire et même un peu plus. C’est aussi un moyen d’explorer la thématique du long métrage qui se résume à : le nucléaire n’est pas la solution, c’est la cause du problème.

C’est un sujet important, traité de façon anecdotique en étant relayé par des personnages unidimensionnels incarnés par des acteurs de talent qui sont au final encore plus sous-employés que Bryan Cranston.

La seule véritable qualité de Godzilla à la sauce 2014 se trouve être sa réalisation. Si le montage et ses occasionnelles coupes intempestives irritantes peuvent être débattus, les placements de caméra de Gareth Edwards ne sont pas à remettre en question. Sa capacité à faire monter la tension en jouant avec ce que l’on ne voit pas arriver, mais que l’on sait bien présent, est divertissante et il parvient par-dessus cela à composer certains plans de façon à trouver une certaine beauté dans la destruction – ce qui atteint son paroxysme quand il combine cela à une musique qui nous ramène à 2001 : A Space Odyssey, tout particulièrement à la séquence du dernier voyage de Dave.

Quoi qu’il en soit, Godzilla version 2014 offre son lot de monstres, une grosse dose de destruction et voilà. Pour ce qui est de sa filiation avec le reste de la franchise, n’étant pas familier avec, je vous laisse juge.

Tags : Cinéma Bryan Cranston moins...
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