Jurassic World : Croque-moi si tu le peux

7 Juil 2015 à 14:03

Jurassic World

Avec sa trilogie Jurassic Park et en particulier avec son premier film, Steven Spielberg était parvenu à faire rêver les petits et les grands avec tout le talent que nous lui connaissons. Il n’est alors pas surprenant que Jurassic World, réalisé par Colin Trevorrow et produit par Steven Spielberg, cherche à renouer avec le succès passé en rebootant une aventure considérée par beaucoup comme un classique du genre. Seulement, entre courses-poursuites et combats de dinosaures titanesques, il est bien difficile de retrouver l’essence des premières heures.

L’histoire fait fi de la catastrophe qui força John Hammond à prendre une retraite anticipée puisque Simon Masrani, son digne successeur, a finalement ouvert un parc à thème où les créatures préhistoriques en sont les principales attractions. Seulement voilà, vingt-deux ans plus tard, les spectateurs en demandent toujours plus. Les scientifiques se sont donc attelés à la création d’un dinosaure génétiquement modifié, l’Indominus Rex, pour relancer l’intérêt du public. Bien sûr, les événements ne se passent pas exactement comme prévu et le parc est rapidement mis à feu et à sang.

Jurassic World ne désire sans conteste pas faire dans l’originalité avec ce point de départ. Ici, l’idée est que tout se déroule sur une plus grande échelle. Le parc est en effet plein à craquer et la promesse d’une catastrophe imminente est tout ce qu’il y a de plus grisant. Seulement, la sauce ne prend pas et ce qui devait se transformer en un gigantesque chaos sans nom, se résumera à quelques hurlements et bousculades ça et là. Il semblerait en fait que Colin Trevorrow n’a jamais eu l’envie d’explorer cette piste. Rapidement, le film s’engage néanmoins dans des sentiers bien balisés où les différents twists, à défaut d’être surprenants, peuvent s’enchainer à un rythme effréné.

C’est d’ailleurs à ce niveau que Jurassic World pêche. Bien qu’il s’agisse d’un blockbuster et que le quota de rebondissements doit être rempli, il est regrettable que les personnages n’obtiennent jamais les développements qu’ils méritent – exception faite d’Owen Grady interprété par Chris Pratt qui parvient à s’imposer sans grand mal. Il est dès lors compliqué de se sentir aspiré par le récit et par ce qui arrive aux différents protagonistes. Pire encore, l’utilisation des seconds rôles est tout ce qu’il y a de plus bâclé.

Nounou de fortune des deux enfants servant de substitut à Tim et Lex Murphy, Zara (Katie McGrath) en est l’exemple le plus flagrant. Son destin, en plus d’être désolant, n’apporte rien à l’histoire et résonne comme un ressort scénaristique gratuit et sans but. Le souci étant qu’il est impossible de ne pas comparer ce nouveau long-métrage à ses prédécesseurs et que les personnages avaient jusqu’à maintenant toujours été une force à reconnaître.

En parlant de la comparaison inévitable avec Jurassic Park, ce film est bourré de références à l’intention des fans de la franchise. Si cela est bienvenu pour faire fonctionner la magie, l’accumulation des clins d’œil entache le sentiment de nouveauté. Il est compréhensible que Colin Trevorrow se serve de son histoire pour faire écho au classique de Spielberg, mais le spectateur est loin d’être dupe et quand certaines séquences sont exactement les mêmes que celles du premier opus, il y a un problème.

D’ailleurs, si le désir était de rendre hommage à l’original pour relancer une trilogie, l’idée d’utiliser les vélociraptors comme des chiens de garde est tout ce qu’il y avait de moins inspiré. Il est évident que le film cherche à être encore plus familial que les précédents et que, avec l’Indominus Rex, il n’était pas nécessaire d’ajouter d’autres défis. Seulement, les vélociraptors auraient mérité un traitement plus intelligent.

Finalement, bien qu’étant un divertissement qui fonctionne du début à la fin, Jurassic World marque cruellement par son manque d’inventivité. L’hommage est bien présent et peut être plaisant pour tous les nostalgiques. Le problème est que cette nouvelle aventure préhistorique manque de tension et de scènes aussi fortes que la célèbre séquence des cuisines ou celle de l’attaque du T-Rex. L’Indominus Rex n’est d’ailleurs pas aussi terrifiant à l’écran qu’il l’était sur papier, ses capacités n’entrant en jeu que dans une mesure négligeable.

Du coup, quand la suite arrivera, il est à espérer qu’à défaut d’avoir une intrigue novatrice, elle s’inspirera de ce qui a été fait dans ce Jurassic World pour offrir aux dinosaures et à leurs victimes une chance de survivre à l’extinction.

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