Mission Impossible 5 : Rogue Nation assume la démesure et l’âge de la franchise pour lui assurer un avenir

3 Oct 2015 à 16:30

Mission Impossible 5 : Rogue Nation

La franchise cinématographique Mission : Impossible aura prochainement 20 ans. Bientôt deux décennies à suivre Tom Cruise dans la peau d’Ethan Hunt qui réalise l’improbable avec son équipe d’espions de l’IMF. Notre héros vieillit, mais il reste le meilleur. En fait, il est devenu une légende en sortant vivant des plus incroyables situations et en stoppant les plans les plus fous de ses ennemis. Il y a toujours un traitre quelque part, quelqu’un pour tenter de faire passer Ethan pour le méchant de service et des manipulations en tous genres qui ouvrent la voie à des scènes d’action survoltées.

C’est la formule et, pendant un moment, lui coller dessus l’étiquette Mission : Impossible était insultant pour la série de Bruce Geller. Le quatrième opus, Ghost Protocol, est venu rectifier cela. Sous la direction de Brad Bird, la franchise s’est enfin élevée au niveau du concept d’origine tout en le mariant avec les standards du cinéma d’action/espionnage contemporain.

Avec le cinquième film, Rogue Nation, on ne pouvait qu’espérer que cela serait toujours d’actualité. À un certain degré, on est servi. Malgré tout, Christopher McQuarrie qui signe le scénario et qui réalise a clairement conscience que les longs-métrages précédents ont été trop loin dans la démesure pour pouvoir réclamer légitimement l’héritage de la série. Il décide donc d’embrasser la folie de l’ensemble pour lui offrir une perspective nouvelle.

Concrètement, on a du Mission : Impossible à la sauce Ethan Hunt, mais dès le départ celui-ci en fait trop et parait capable de s’en sortir d’une seule manière, en allant jusqu’au bout et en pariant sur sa propre chance. On nous explique d’ailleurs à plusieurs reprises qu’Hunt est un joueur, cela devient même l’élément clé de l’histoire. Celle-ci n’est cependant pas très étoffée. Dans sa quête pour faire tomber le fameux Syndicate, Hunt court à sa perte et en réchappe de peu. Son organisation ne s’en sort pas aussi bien, la CIA reprenant le contrôle de l’IMF et de ses agents. Ethan est seul à mener sa mission et croise sur sa route la mystérieuse Ilsa Faust (Rebecca Ferguson, The White Queen) qui joue sur tous les tableaux.

L’action est au rendez-vous et McQuarrie est d’ailleurs un peu zélé dans le registre étirant parfois un peu trop ses séquences. Cela paie à l’occasion, la course poursuite en moto est à couper le souffle, mais pour le reste, il aurait gagné à couper quelques petits bouts ici où là. Il montre en tout cas une belle maitrise des codes de la franchise — et des classiques Hollywoodiens avec quelques références ici et là — et permet à son héros d’être à la hauteur de son statut avec beaucoup d’énergie.

C’est d’ailleurs là que le passé devient un accessoire étrangement bien utilisé. Outre les nombreuses références aux précédents films qui sont disséminés d’un bout à l’autre de ce cinquième métrage, McQuarrie nous offre un Ethan Hunt qui a conscience de ses limites et qui semble incapable de les assumer. Mêmes ses ennemis n’ont de cesse de chanter ses louanges, tout le monde connait sa légende et il montre bien qu’il ne veut décevoir personne. Nous en particulier, car si Tom Cruise n’a pas peur de nous révéler que son personnage est finalement un être humain, il cherche visiblement à se surpasser pour ne pas nous laisser tomber.

C’est là qu’Ilsa Faust joue son rôle. Elle se fait utiliser par tout le monde et en à conscience. À l’écran, elle est l’égale de Hunt, mais elle accepte ses limites, là où lui est clairement contraint de les repousser. Il parait d’ailleurs l’admirer pour cela. Ce qui les différencie est qu’Ilsa veut arrêter ces jeux d’espions alors qu’Ethan ne vit que pour eux. Quand elle lui fait remarquer qu’il y aura toujours des méchants génériques et interchangeables à faire tomber et qu’il y aura toujours des supers espions pour mener à bien les missions, mais que ceux-ci n’ont pas à être eux, elle semble chercher à nous dire que la franchise n’apporte rien de plus que les autres, à part ses personnages – bien que ceux-ci soient remplaçables.

Rogue Nation s’achève comme on pouvait s’y attendre, avec de l’action, quelques coups de dupe et l’assurance d’un avenir pour Hunt et son équipe. Le film assume le passé de la série pour mieux se transformer afin de survivre à ce qui viendra ensuite. Il laisse pourtant penser que Tom Cruise pourrait envisager de raccrocher et la volonté de Hunt à convaincre Brandt de suivre sa voie place Jeremy Renner en position pour prendre le relai. Il est indéniable à ce stade que c’est une évolution qui pourrait être fatale, mais il ne fait aucun doute que Mission : Impossible a de l’avenir. Même si ce cinquième épisode reste dans l’ombre de Ghost Protocol, notamment au niveau de son histoire qui n’en est que la prolongation de la précédente, il s’avère être le divertissement solide que l’on pouvait espérer avoir, mais pas vraiment plus.

Spoiler Alert!
Veuillez suivre les règles suivantes concernant les spoilers dans les commentaires :
1. Sur la critique d'un épisode, ce qui concerne les épisodes à venir est considéré comme étant spoiler (idem pour ce qui concerne les saisons).
2. Vous avez le droit de mettre des spoilers dans vos commentaires, mais le contenu sensible doit être placé entre les balises <spoiler>....</spoiler> afin de protéger les autres lecteurs.
Critictoo Newsletter
Inscrivez-vous à la newsletter Critictoo pour ne plus rien manquer de l'actualité du site, des séries et plus.
©2006-2017 Critictoo, le webzine des séries TV - powered by Wordpress. Critictoo.com participe au Programme Partenaires d'Amazon EU, un programme d'affiliation conçu pour permettre à des sites de percevoir une rémunération grâce à la création de liens vers Amazon.fr.
Nos partenaires : DVD Series | Amazon | Tous nos partenaires

Critictoo dans ta boite mail !

Recevez notre Newsletter hebdomadaire pour suivre l'actualité, découvrir des séries et ne rien manquer tout simplement.
Inscris-toi !
close-link