Star Trek : Generations

Bien qu’accueilli avec quelques doutes, Star Trek : The Next Generation s’est imposée comme étant une digne successeure de la série originale, reprenant sa philosophie et installant un nouvel équipage qui avait ses propres mérites. Ce fut donc naturel que Picard (Patrick Stewart) et les siens prennent le relais de Kirk (William Shatner) et compagnie au cinéma.

C’est à cela que Generations servit, quelques mois après l’arrêt de la série. C’était le bon moment et cela se révèlera être un succès au box-office.

Le problème est que le film en lui-même n’a pas été une réelle réussite. Au scénario, Brannon Braga et Ronald D. Moore avaient un challenge important à relever, puisqu’il fallait une excuse pour que Kirk et Picard se rencontre.

L’histoire débute ainsi lors du voyage d’inauguration de l’Enterprise-B, le Nexus, une vague d’énergie qui traverse l’univers, va emprisonner deux vaisseaux. Pendant la mission de sauvetage, le capitaine Kirk disparait. 78 ans plus tard, L’Enterprise-D doit poursuivre Soran (joué par Malcolm McDowell), un fou qui compte retourner dans le Nexus à n’importe quel prix, même si des millions doivent périr.

De façon étrange, Generations est construit pour s’adresser directement aux spectateurs de Star Trek : The Next Generation. L’équipage de Picard n’est pas véritablement réintroduit, limitant ainsi l’intérêt des néophytes dans ce qui peut arriver aux personnages. De même, on retrouve plus d’un élément provenant spécifiquement de la série et qui ne seront pas réellement expliqués. L’exemple le plus probant étant certainement la puce à émotions de Data.

Ce long métrage semble progressivement s’affirmer comme étant un gros épisode de la série qui profite des moyens du cinéma pour réaliser des choses qu’un budget de télévision ne permettait pas. Par exemple, la séparation en deux du vaisseau qui est suivie par un crash spectaculaire de la soucoupe. Cela n’était clairement pas nécessaire, bien que l’on puisse y voir un acte symbolique. Generations s’occupe de faire disparaitre l’Enterprise-D qui fut au cœur de Star Trek : TNG afin de tourner la page.

Tout est donc au sujet de passer à l’étape suivante et, d’une certaine manière, cela explique probablement pourquoi l’équipage est globalement négligé. Seul Jean-Luc Picard aura le droit à un véritable développement. Entre le décès de son neveu qui est là pour installer une forme de dilemme une fois dans le Nexus et la rencontre avec Kirk, Picard est bien sur les devants d’un bout à l’autre. Seule Guinan hérite de quelques miettes, car le film lui offre des origines, elle qui a toujours eu une certaine aura mystérieuse, cela est moins le cas à présent.

Dans tout cela, Kirk a la forme et William Shatner ne déçoit pas, même si on ne le voit clairement pas assez. Il est présent pour accomplir une chose précise et il s’en charge impeccablement, et ce, en dépit d’une intrigue peu substantielle qui se disperse à trop. Le film pose des questions et s’occupe à peine de délivrer des réponses, laissant son histoire évoluer d’une façon mécanique qui ne permet pas de masquer le fait qu’il ne s’agissait vraiment que d’une excuse pour parler d’autre chose.

Au final, ce Generations propose ainsi plus de pont entre le petit et le grand écran pour The Next Generation qu’il sert de transition entre les générations. Trop ancré dans son héritage télévisuel, le scénario ne tire pas profit de ce que l’univers cinématographique a à offrir. Malgré ça, dans la forme, cela tient la distance avec de l’action et du suspense, ce qui ne fait pas forcément du bon Star Trek, car il faut plus que ça pour y arriver et, en s’éparpillant un peu trop, le film peine à toucher sa cible.