Star Trek Into Darkness revisite un classique pour le dénaturer

5 Sep 2015 à 13:58

Star Trek Into Darkness

Malgré le succès au box-office du premier Star Trek de J.J. Abrams, il aura fallu patienter 4 ans pour que la suite arrive au cinéma. L’attente ne fut pas pour autant intenable, tout particulièrement parce que la renaissance de la franchise n’a pas été une grande réussite sur le plan créatif. Plus que cela, elle ne fait pas honneur à ce que Gene Roddenberry a créé avec son univers.

Cela ne veut pas dire que le second essai ne va pas corriger le tir, surtout que Star Trek Into Darkness se propose de revisiter vaguement Star Trek II: The Wrath of Khan, mais parait également puiser son inspiration sur Star Trek: Insurrection – ce qui est légèrement étrange. Comme dans ce dernier, l’histoire commence ici par une violation de la directive première de Starfleet, un classique éculé dans la franchise. Le but est surtout de fournir une accroche musclée avec une pointe d’humour pour faire le point sur la relation entre Kirk et Spock.

Celle-ci est globalement la seule chose que le trio de scénaristes – Roberto Orci, Alex Kurtzman et Damon Lindelof – semble considérer comme pertinente dans Star Trek. Ils n’ont probablement jamais entendu parler de ce qui animait Roddenberry, de son envie d’aborder des sujets sensibles sous forme de métaphore ou bien même de la philosophie humaniste perpétuée d’un bout à l’autre de ses séries. Ces choses-là n’ont donc toujours pas leur place dans l’univers rebooté par J.J. Abrams.

Au lieu de cela, tout se repose sur l’action. On veut nous en mettre plein la vue et Abrams ne lésine pas sur les moyens ou la quantité, n’étant visiblement pas dérangé par un quelconque besoin de livrer une intrigue cohérente. Pour lui, ce qui compte, c’est le spectacle et la bromance Spock/Kirk. Pour le reste, on ne peut avoir que des regrets. Par exemple, Carol Marcus (Alice Eve) n’est jamais développée, elle qui est devenue la mère du fils de Kirk dans la ligne temporelle d’origine. De même, alors que l’opportunité se présente pour offrir une réflexion sur les dérives des manipulations génétiques, sur les justifications d’une guerre et sur les sacrifices à faire pour en éviter une, rien n’est exploré. Les éléments sont pris, utilisés pour faire avancer l’intrigue et jetés avant d’avoir délivré le matériel qui aurait pu donner corps à un réel propos. Il n’y a pas de temps pour cela, une nouvelle scène d’action attend toujours, et elle sera encore plus grosse que la précédente.

Le souci est que Lindelof, Kurtzman et Orci livrent le genre de scénario qu’ils ont l’habitude de faire, ce qui nous ramène au cœur du problème du précédent film. Certes, on pourrait effacer cet argument et traiter cette suite comme si nous nous retrouvions devant un blockbuster générique. Malheureusement, ce n’est pas vraiment possible, comme l’illustre Benedict Cumberbatch quand il annonce sur un ton chargé de gravité qu’il se nomme Kahn. L’impact de cette réplique, sa mise en scène, son interprétation, son lien avec le passé de la franchise, tout est fait pour ancrer le film dans une histoire qui le dépasse – tout comme quand le vieux Spock est appelé pour fournir des informations. Ces choses font que Star Trek Into Darkness se réclame comme étant un membre à part entière de cet univers, et on ne peut pas le juger autrement.

Dans ce sens, ce dernier de J.J. Abrams se montre décevant et poussif à plus d’un niveau. La réalisation est étrangement inconsistante par moment et manque de lisibilité à d’autres, tout particulièrement quand cela commence à sérieusement bouger. Ajoutons à cela que le méchant grandiloquent fatigue et que l’interprétation rigide de Benedict Cumberbatch n’aide pas – tout comme son élocution. On combine cela à une absence certaine de substance dans le propos et à un abus constant de raccourcis scénaristiques, et ce Star Trek Into Darkness semble n’avoir rien pour lui. Ce n’est pourtant pas totalement vrai, car cette fois encore McCoy (Karl Urban) et Scotty (Simon Pegg) sont là pour apporter un peu d’air frais.

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