Denzel Washington est The Equalizer, mais il ne peut pas régler tous les problèmes du film

7 Mar 2015 à 17:41

The Equalizer

Quand on entend parler de l’arrivée d’une adaptation cinématographique d’une série, il y a toujours une certaine dose d’appréhension à cause d’horreurs notables qu’il est parfois difficile d’oublier – Wild Wild West, par exemple. Heureusement pour The Equalizer, il a le mérite d’avoir Denzel Washington en tête d’affiche, ce qui met en confiance.

Malheureusement, si l’acteur est visiblement un minimum investi dans son rôle, le scénario n’est pas à la hauteur. On se retrouve dès lors avec un film d’action générique. Forcément, cela aurait pu être pire, mais il ne faut pas oublier qu’il s’agissait de redonner vie à Robert McCall et, sur ce plan, le ratage est plus ou moins complet.

Diffusée dans les années 80 sur CBS, The Equalizer suivait Robert McCall (Edward Woodward), un ancien agent secret qui venait en aide à ceux qui ont des problèmes et qui n’ont personne vers qui se tourner. C’est vers l’établissement de cette dynamique que le long métrage d’Antoine Fuqua nous entraine, mais ce n’est pas la base du film.

On retrouve donc McCall qui s’occupe de ses affaires. Il mène une vie bien routinière qui laisse supposer qu’il souffre de troubles obsessionnels compulsifs. Il aide cependant ceux qui l’entourent en les encourageant à améliorer leur existence et cela fait de lui quelqu’un d’apprécié. Il se tient en tout cas loin des problèmes jusqu’au jour où Teri (Chloë Grace Moretz), une jeune prostituée russe avec laquelle il avait sympathisé, se retrouve à l’hôpital. Il tente dès lors de lui apporter son assistance de façon civilisée, mais on ne peut pas faire confiance à un proxénète russe pour être conciliant. Robert tue donc tout le monde, déclenchant sans le savoir le début d’une guerre l’opposant à la mafia russe.

La bonne idée d’Antoine Fuqua au départ est de mettre l’accent sur la répétition du quotidien de Robert pour montrer sa transformation progressive. On le voit alors aider de plus en plus de personnes, mais la progression est brisée par le besoin clair de faire de la place pour des scènes d’actions plus impressionnantes. Dans le genre, le réalisateur ne joue pas la surenchère et cela se révèle être efficace jusqu’au bout. Il est d’ailleurs étrangement timide durant certains passages, préférant exposer les dégâts au lieu de nous montrer son héros se salir les mains.

Le souci est que plus l’action prend le dessus et plus Denzel Washington devient monolithique. L’idée est que Robert est une machine à tuer, tout simplement. Le twist est qu’il ne voulait plus en être une, mais il n’a pas le choix. Dans ce film, tout se règle donc par un passage à tabac. Les gentils s’en sortent gagnants et Robert pourra alors continuer à aider ceux qui sont dans le besoin.

En tant que série, The Equalizer n’était pas un exemple de complexité, mais elle avait une personnalité qui n’a pas survécu à l’adaptation. On peut d’ailleurs se demander pourquoi l’action ne se passe pas à New York, mais à Boston. De même, pourquoi nous raconter une pseudo-histoire d’origines qui n’en est pas vraiment une, au lieu de simplement démarrer avec quelqu’un répondant à la fameuse annonce déposée par Robert. Enfin, pourquoi ne pas explorer la relation conflictuelle qu’il entretenait avec « l’agence » ou avec son fils.

Il y avait peu d’éléments déterminants qui méritaient d’être repris et ils sont négligés au possible. Malgré cela, The Equalizer pouvait s’imposer comme un bon film d’action, mais il se révèle être relativement médiocre dans le genre, souffrant de problèmes de rythme et d’un scénario qui devient de plus en plus ridicule au fur et à mesure qu’il se développe. Antoine Fuqua a vraisemblablement voulu faire un film qui avait une âme ancrée dans les ‘80s, mais il a oublié l’aspect décomplexé qui aurait dû aller avec et nous sert un long métrage trop sérieux pour son propre bien.

The Equalizer n’est donc pas l’adaptation qu’elle aurait dû être et ne s’affirme pas comme étant également quelque chose de plus, ce qui est bien regrettable. Sa seule qualité est que c’est un film qui se regarde sans trop de difficulté, même s’il s’oublie très rapidement.

Le film Equalizer est désormais disponible en DVD & Blu-Ray, tandis que la première saison de la série est à présent en DVD.
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