Tomorrowland, À la poursuite de demain ou l’utopique futur de Brad Bird

17 Oct 2015 à 13:49

Tomorrowland : À la poursuite de demain

Près de vingt-cinq minutes dans le film, Tomorrowland — ou À la poursuite de demain en France — nous montre son héroïne Casey (Britt Robertson) à l’école où des enseignants dépeignent un futur tragique et inévitable. Les mondes dystopiques de Le Meilleur des Mondes, Fahrenheit 451 et 1984 sont en train de devenir réalité sous nos yeux, nous dit le professeur d’anglais (Paul McGillion). Il est aussi le premier à laisser Casey parler pour qu’elle puisse demander : que peut-on faire pour changer cela ?

Voilà LA question à laquelle s’attaque directement le réalisateur et co-scénariste Brad Bird avec Tomorrowland. L’idée a de quoi séduire et ne peut pas faire de mal entre deux destructions massives délivrées par les gros blockbusters estivaux. Porté par un message optimiste, Tomorrowland se présente comme un film familial produit par Disney voulant émerveiller et mettre des étoiles dans les yeux des plus jeunes.

Si on y retrouve les éléments propres au cinéma de Bird — la menace nucléaire, un futur rétro et une mise en avant de l’être extraordinaire –, il n’y a pas pour autant la fascination pure et l’exaltation qui devrait naitre au cours d’un tel récit.

Celui-ci suit donc Casey Newton, une brillante adolescente qui découvre l’existence d’un lieu mystérieux et excitant qui laisse les esprits les plus imaginatifs s’exprimer et participer à créer un monde meilleur. Décidée à y retourner, elle se lance en compagnie de l’inventeur Frank Walker (George Clooney) et du droïde Athena dans une dangereuse aventure dont l’issue déterminera le futur de l’humanité.

D’un point de vue technique, Tomorrowland est presque sans reproche. Brad Bird a le sens du rythme et s’amuse même à donner la sensation de nous entrainer dans une attraction Disney – nous renvoyant directement à la source d’inspiration du film – pour mieux nous immerger dans son monde futuriste. Il emploie habilement les multiples références pour donner le jour à un présent plus original et un futur digne du cinéma des années 60.

On ne peut pas en dire autant du script co-scénarisé avec Damon Lindelof (qu’on blâme déjà pour Prometheus), loin d’être à la hauteur de la cinématographie et empêchant Tomorrowland de vraiment prendre son envol. Le film opte d’abord pour une introduction plus longue que nécessaire qui délivre bien peu d’informations utiles. Lorsque l’histoire décolle enfin, ce n’est que pour passer d’une scène à une autre en évitant de s’arrêter sur les questions qui sont soulevées au fur et à mesure. Les trous scénaristiques se font de plus en plus nombreux au point de transformer l’intrigue en un véritable gruyère à fromage. Qu’est-il arrivé à la mère de Casey ? Où se trouve Tomorrowland et comment cela fonctionne-t-il ? sont des questions appartenant à une liste bien trop longue.

Aveuglé par son message, Bird ne semble alors pas avoir réalisé que Tomorrowland nous introduisait à un monde pour mieux le détruire sans pour autant nous expliquer le pourquoi du comment. Celui-là compte bien peu, comme si saisir le passé ne pouvait pas aider à améliorer le futur alors même que Frank Walker est là pour nous dire tout l’inverse. Si ce dernier apporte un peu de gravité à l’histoire, il est en réalité bien trop en recul pour aider l’ensemble à prendre la profondeur qui lui manque tant.

Tomorrowland est occupé à nous répéter que l’on possède les moyens de changer le futur pour peu qu’on s’en donne la peine. C’est tout ce qui compte, au point que tout le reste n’existe que pour servir cette idée. Les personnages sont là pour donner vie au concept ou être ceux qui s’y opposent (une triste pensée pour Hugh Laurie) dans un combat idéologique qui tombe à plat. La faute à un manque de développement flagrant, des moments d’explications redondants et mal placés ainsi qu’un bouquet final qui est étrangement intimiste alors que cela devrait être tout l’inverse. On nous vend de la grandeur, mais elle ne peut pas prendre forme en l’absence de réelle profondeur émotionnelle et narrative.

Bien que possédant tous les composants pour être un film familial épique, Tomorrowland ou À la poursuite de demain reste à la surface de sa problématique et se détourne de tout ce qui aurait pu donner à l’ensemble la dimension nécessaire pour vraiment nous emporter dans cette aventure. Avec un bel esthétisme et des idées enthousiasmantes, Brad Bird avait le regard tourné vers les étoiles et il visait la lune. Il ne parvient pas à l’atteindre, mais il aura au moins tenté et cela a le mérite de s’accorder avec le message de l’œuvre. Si on n’essaye pas, rien ne peut changer.

Tomorrowland ou À la poursuite de demain est disponible en DVD et Blu-ray depuis le mardi 6 octobre 2015.

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