Comment survivre à un Slasher en 10 leçons de cinéma

15 Juil 2016 à 16:00

Slashers

Ces derniers temps, le petit écran n’est pas en reste quand il s’agit d’éclabousser ses spectateurs avec le sang de ses acteurs. Plus particulièrement, il semble y avoir un réel désir d’utiliser l’un des genres les plus appréciés par les fans d’hémoglobine, à savoir le Slasher. Il n’est dès lors pas question de raconter des histoires de possessions, de démons invisibles ou de Babadook. Le Slasher se définit par la simplicité apparente de son point de départ où, un ou plusieurs psychopathes s’acharnent sur un groupe de jeunes jusqu’à ce que mort s’ensuive pour l’un ou l’autre des camps.

Du coup, entre Scream sur MTV, la nouvelle Dead of Summer sur Freeform, la bien nommée Slasher sur Crackle et les Scream Queens de FOX, il y a de quoi se motiver pour découvrir ou redécouvrir dix films qui seront sans conteste la clé de votre survie à cette période meurtrière sur le petit écran.

Black Christmas

Black Christmas (1974) de Bob Clark.

Pour certains, le Slasher trouve sa source d’inspiration dans des thrillers horrifiques tels que Psychose d’Alfred Hitchcock. Cependant, Black Christmas est réellement le long métrage qui fera connaître ce genre périphérique aux yeux du public et qui s’installe sans difficulté comme le premier véritable Slasher.

L’histoire y est simple. Les membres d’une sororité n’ayant pas pu rentrer chez elles pour les célébrations de Noël, se font tuer les unes après les autres par un mystérieux psychopathe. La demoiselle en détresse est ici utilisée pour créer la tension et l’horreur, et deviendra un facteur récurrent du genre. Les méthodes choisies par l’assassin pour éliminer ses cibles sont également un point important qui sera souvent réutilisé par la suite et qui s’imposera comme un code non négligeable du Slasher.

Massacre à la tronçonneuse

Massacre à la tronçonneuse (1974) de Tobe Hooper.

Avec Black Christmas, le Slasher introduisait ses premiers codes et offrait une forme divertissante à la tuerie de masse. Cependant, l’emphase était avant tout faite sur la créativité du Tueur à piéger et tuer ses victimes, plus que sur ce qui le définissait réellement. Massacre à la tronçonneuse, premier du nom, se démarque alors en donnant une identité à son assassin. Il ne s’agit plus seulement d’un anonyme aux buts nébuleux, mais d’une personne reconnaissable par ses attributs physiques et son arme vrombissante.

Une marque de fabrique qui sera transmise aux films suivants et qui donnera une importance singulière à la manière dont les histoires horrifiques seront racontées.

Halloween 1978

Halloween, La Nuit des masques (1978) de John Carpenter.

Puisque nous la verrons dès septembre dans la série Scream Queens, il était certainement impossible de laisser passer le film qui révéla le talent de Jamie Lee Curtis sur les écrans du monde entier. Halloween est probablement l’un des films d’horreur classique qui résonne le plus dans la conscience collective, grâce à ses multiples suites, ses remakes discutables et les nombreuses références qui lui sont faites.

Halloween est également l’un des premiers Slashers qui insiste à juste titre sur le développement psychologique de l’assassin. Michael Myers est bien plus qu’un psychotique assoiffé de sang puisqu’il possède une part d’humanité, presque touchante, mais définitivement terrifiante.

Vendredi 13

Vendredi 13 (1980) de Sean S. Cunningham.

De son côté, Vendredi 13 ressemble sans conteste à une copie étrange d’Halloween dans sa manière de se dérouler. Cependant, sa révélation finale est probablement ce qui fait de ce film une véritable réussite. Le tueur, avec sa machette et son masque de hockey, reste gravé dans les mémoires pour ses assassinats sans pitié et sa résilience extraordinaire.

Vendredi 13 vient également mettre en avant la règle tacite que les personnages ayant péché d’une quelconque façon ne survivront certainement pas à la chasse. Un code qui, pour l’époque, jouait de manière moralisatrice sur la jeunesse, mais qui est désormais utilisé comme un véritable prérequis scénaristique. Le récent film La Cabane dans les bois de Drew Goddard, vient d’ailleurs parodier ce code pour installer l’horreur qu’il veut raconter.

The House on Sorority Row

The House on Sorority Row (1983) de Mark Rosman.

Scream Queens qui se déroulera au sein d’une sororité dirigée une Emma Roberts délicieusement machiavélique rappelle sans hésitation le contexte de The House on Sorority Row. Son histoire se centre sur un groupe de pestes qui, après une blague qui tourne mal, se retrouvent traquées les unes après les autres. Bien que n’ayant rien de très novateur en comparaison avec ses ainés, le film parvient astucieusement à rendre jouissive la traque de ses filles qui l’ont finalement bien mérité.

Les Griffes de la nuit (1984) de Wes Craven.

Contrairement à ses confrères dont il reprend la forme globale, Les Griffes de la nuit se démarque avec son approche fantastique. Freddy Kruger, en plus de ses griffes métalliques acérées, se sert des rêves de ses victimes pour les assassiner. La surenchère de gore de ce film est d’ailleurs une marque de fabrique qui aura donné bien des cauchemars à ses spectateurs, et ce, même si le très jeune Johnny Depp y est présent pour faire passer la pilule plus doucement.

Scream

Scream (1996) de Wes Craven

Scream est sans aucun doute LE slasher qui n’a mondialement plus besoin d’être introduit. Plus moderne et dynamique, le long métrage réutilise tous les codes présentés par ses prédécesseurs et y ajoute une mise en abime intelligente et un humour noir décapant. Le film peut en plus compter sur un casting solide pour porter le scénario jusque dans ses intenses dernières minutes.

Les suites ne lui feront malheureusement pas autant honneur, bien que le dernier en date, empreint d’un second degré agréable, parvient à tirer son épingle du jeu dans la manière dont il traite son dénouement. Ce qui aurait d’ailleurs pu donner des idées à MTV qui semble n’avoir pas bien compris l’essence même de la quadrilogie, ainsi que sa critique acerbe de la société et de la jeunesse.

Souviens-toi l’été dernier

Souviens-toi l’été dernier (1997) de Jim Gillepsie.

Avec Souviens-toi… l’été dernier, Jim Gillepsie marque en quelque sorte la fin d’une ère pour le Slasher, en dépit de l’ambition du film à respecter à la lettre tous les poncifs du genre. Le scénario y est plutôt pauvre en comparaison aux possibilités offertes et la révélation finale agit de manière plus humoristique qu’elle n’est choquante. Ce film est très certainement l’un des moins intéressants de sa catégorie, malgré son casting qui essaie de faire de l’ombre à celui de Scream.

Cependant, Souviens-toi l’été dernier est mémorable pour l’une de ses grisantes séquences de course-poursuite, mettant en scène Sarah Michelle Gellar. De ce côté, il marque des points et arrive à rappeler qu’un Slasher ne serait pas ce qu’il est si l’assassin parvenait à ses fins en une fraction de seconde. Une grande partie de la tension créée provient de l’idée qu’un tel personnage pourrait survivre en prenant les bons virages. Un angle qui parait être oublié par les derniers films en date qui bâclent leurs séquences de meurtre dans le but d’offrir toujours plus vite le gore que le spectateur semble désormais réclamer.

Haute Tension

Haute Tension (2003) d’Alexandre Aja.

Massivement américain, le slasher ne paraissait pas forcément pouvoir être raconté autrement qu’à travers ces stéréotypes d’une autre culture. Pourtant, Alexandre Aja réussit à prouver que la France est également capable de produire le même genre de divertissement sans qu’il ne devienne une oubliable copie-conforme. Dès lors, Haute Tension, mettant en scène Maïwenn et Cécile de France cherchant à échapper à un mystérieux tueur, créé une ambiance toute particulière et des séquences d’un dynamisme et d’une intelligence rafraichissants. Les dernières minutes donnent d’ailleurs une saveur toute unique aux événements qui se sont déroulés et parviennent à placer ce film auprès des classiques américains.

you're next

You’re next (2013) de Adam Wingard.

Depuis plusieurs années, le cinéma d’horreur se concentre davantage sur les « found footage » génériques et les histoires de fantômes, qui d’une manière ou d’une autre finissent tous par se ressembler et à avoir des conclusions similaires. You’re Next vient alors relancer l’intérêt pour le slasher avec un long métrage qui, en premier lieu, semble reprendre les grandes lignes de ses années. Derrière la caméra, Adam Wingard se joue pourtant du spectateur en étant conscient que ce dernier connaît les codes du genre et introduit un retournement de situation à mi-parcours qui change la donne et offre un divertissement trépidant. Ici, les apparences ne sont pas ce qu’elles sont et le pari de briser les traditions paie jusque dans les dernières minutes.

Déjà publié l’année dernière, cet article est aujourd’hui remis en avant suite à la recrudescence de slashers douteux sur le petit écran. Rien ne vaut un retour au matériel d’origine pour retrouver du vrai slasher.
Tags : Cinéma moins...
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