American Horror Story : du meilleur de l’horreur au moins terrifiant, le classement par saison

Nous avons de plus en plus d’anthologies sur le petit écran américain. Cela n’était pas le cas en 2011 lorsqu’American Horror Story fut lancée. D’ailleurs, nous ne savions pas quelle forme allait prendre la série lorsqu’elle commença. Il fallut attendre la conclusion pour que FX nous officialise que le show reviendrait avec une nouvelle histoire et des acteurs dans des rôles différents.

Avec le temps, Ryan Murphy, Brad Falchuck et leur équipe ont choisi de connecter les saisons entre elles, alors même que l’on retrouve chaque année Sarah Paulson, Evan Peters, Lily Rabe, Denis O’Hare ou encore Jessica Lange dans des rôles différents durant les 5 premières saisons. Et encore d’autres visages ayant participé à plusieurs saisons.

Au fil du temps, American Horror Story a donc exploré différents environnements et genre dans l’horreur. Elle nous a donné des personnages iconiques, des histoires angoissantes, et de superbes mises en scène. Elle a aussi ses ratés, avec des intrigues mal exécutées, des idées peu exploitées ou ne menant nulle part et un don pour se perdre parfois dans des détours inutiles.

Comme cela est souvent le cas avec l’anthologie, on a souvent la saison que l’on préfère et celle que l’on aime moins. Cela nous a donné ainsi envie de faire un classement, de la plus horrifique et fascinante à celle qui aura bien peiné à nous frissonner et intéresser :

Asylum (saison 2)

Après la classique maison hantée, l’équipe d’American Horror Story a décidé d’explorer un environnement plus terrifiant encore en nous emmenant dans les années 60 à Briarcliff, une institution psychiatrique dirigée par Sister Jude (Jessica Lange), une nonne aux idées bien particulières qui causeront autant de peine aux autres qu’à elle-même.

Avec Asylum, American Horror Story fait plus que confirmer, elle se révèle complètement. Entre l’hommage et l’expérimentation, la réalisation vient soutenir un récit alimenté de twists et d’angoisse en laissant peu de place au temps mort. De la visite du père Noël à Anne Frank, cette saison nous montre que l’équipe est prête à tout pour nous entrainer dans les recoins de l’âme et de l’horreur. Il en ressort de véritables moments d’anthologie. Et vous ne pourrez jamais aborder cette saison sans vous mettre à penser Banana et à chanter Dominique, nique nique. Vous l’avez dans la tête ? Ne me remerciez pas, remerciez Ryan Murphy et son équipe !

Murder House (saison 1)

Avec sa première saison, American Horror Story a commencé en misant sur un décor classique avec la maison hantée. Plus précisément, la série nous propose de suivre la vie agitée de la famille Harmon qui emménage dans une magnifique demeure en ignorant son horrible histoire. La folie s’installe progressivement et les règles (ou non règles) du jeu avec.

C’est ainsi que l’on découvre, au fil des épisodes, des histoires tragiques et sanglantes qui seront par la suite la marque de fabrique de la série. Au même titre que les twists et les moments WTF dont elle a le secret. Cette saison d’American Horror Story nous aura donc donné entre autres le pire psychiatre de la télévision avec Ben Harmon (Dylan McDermott), mais aussi Connie Britton mangeant du cerveau cru. Si cela ne vous donne pas envie de voir de quoi il retourne, je ne vois pas quoi le ferait !

Roanoke (saison 6)

Après Freak Show et Hotel, on n’y croyait plus. Pourtant, American Horror Story a réussi à retrouver ses lettres de noblesse avec Roanoke. Prenant au départ la forme d’un docudrama, l’histoire revient sur les évènements surnaturels qui ont eu lieu dans la vie de Shelby (Sarah Paulson) et son mari Matt après leur déménagement dans une maison isolée dans le but de se reconstruire suite à une tragédie.

Entre un format qui impose une ligne directrice de laquelle l’équipe créative ne peut dévier et son twist de mi-saison, cette saison 6 profite d’une construction narrative ciselée qui empêche que l’on se perde dans des détours inutiles. Critique des médias, métaphore sur le racisme en Amérique, représentation du sacrifice parentale alimentent un récit qui se repose ainsi sur les fantômes du passé et les horreurs du présent pour délivrer les frissons et le bain de sang inévitable.

Cult (saison 7)

Après le sursaut qualitatif de Roanoke, on pouvait craindre qu’American Horror Story replonge violemment. Néanmoins, Cult a su éviter cela en misant plus que jamais sur Evant Peters. Ce dernier élève le niveau de cette saison grâce à une prestation mémorable dans la peau de Kai, un jeune homme dérangé qui rebondit sur le désarroi faisant suite à l’élection de Donald Trump pour lancer un culte devant le porter jusqu’à la Maison-Blanche.

Avec Cult, il est donc question d’explorer le concept de secte, de la dérive de la politique américaine et plus d’horreurs contemporaines. Après quelques épisodes excessifs et manquant sérieusement de finesse dans leur propos, la saison dévoile quel est réellement son jeu pour mieux expliciter son sujet. On peut regretter que l’exploration des mécanismes employés par les cultes déroute l’histoire pendant un temps et que la conclusion frôle le ridicule, mais l’ensemble a su rester cohérent et divertissant sur la durée, évitant les trop larges irrégularités qualitatives de certaines des précédentes saisons.

Coven (saison 3)

Pour sa troisième saison, American Horror Story nous entraine à la Nouvelle-Orléans, dans une école pour sorcières. Fiona Goode (Jessica Lange) est la Supreme de son clan. Sa remplaçante devrait bientôt émerger et cela la conduira dans sa tombe. Elle compte bien tout faire pour éviter de passer le relai, mais ses ennemis guettent…

Voilà un point de départ qui avait tout pour plaire, mais qui ne tiendra pas ses promesses. Les sorcières ont du style dans l’anthologie de FX, mais sont aussi trop superficielles. Pourtant, la série avait des choses à explorer, à commencer par le folklore de la Nouvelle-Orléans et la ségrégation raciale avec des figures historiques comme Marie Laveau (Angela Bassett) et Delphine LaLaurie (Kathy Bates). Coven avait des idées et cela sera visible plus sur un plan esthétique que narratif où il en ressortira un récit inconsistant. Les moments gores viennent logiquement agrémenter l’intrigue, mais ne font pas plus. Même les quelques moments de génie de la saison ne peuvent pas nous faire oublier que Coven aurait pu être beaucoup plus.

Hotel (saison 5)

Perdant Jessica Lange, American Horror Story arrive à un tournant et mise sur Lady Gaga pour le négocier. Le résultat est peu convaincant. Il faut dire que cette histoire de vampires cantonnés dans leur hôtel qui leur sert en quelque sorte de capsule temporelle pour maintenir intacte l’illusion de leur pertinence ne mène pas loin. Y introduire un ersatz de H.H. Holmes pour parler de tueurs en série aide, mais l’absence d’un réel fil narratif conséquent n’aide pas l’ensemble à rester consistant, bien au contraire.

Au bout du compte, Hotel jongle avec différents concepts horrifiques, utilisant le lieu comme un simple moyen pour les connecter. Au final, seuls Kathy Bates et Denis O’Hare sortent leur épingle du jeu avec des histoires terriblement humaines, là où le fantastique se noie dans une terrible vacuité à l’image de sa nouvelle tête d’affiche qui n’apporte rien de solide à la série, même pas une once de glamour. À ce stade, les scénaristes paraissaient simplement chercher à concaténer des idées qui n’étaient pas assez solides pour alimenter à elles seules une saison et cela se sent terriblement.

Freak Show (saison 4)

Nous sommes en 1952 à Jupiter en Floride. L’arrivée d’un freak show en ville coïncide avec l’étrange apparition d’une sombre entité qui menace sauvagement la vie des habitants du coin, mais aussi des nouveaux venus.

Le décor était parfait pour explorer les sujets phares de cette anthologie portée sur les exclus de la société pour nous parler de quête identitaire, besoin d’appartenance ou de reconnaissance, recherche de la célébrité ou encore expérimentation sociale et morale. Aucune autre saison ne les aura explorés en suscitant une telle indifférence. Pour ne rien arranger, l’horreur est assez peu présente, et ne peut donc pas créer des sursauts d’intérêts.

Reste néanmoins Edward Mordrake (Wes Bentley) et le retour de Sœur Mary Eunice (de la saison 2), mais surtout son sublime générique entre fascination et horreur. C’est cela qu’aurait dû être Freak Show. Au lieu de cela, la série atteignait ses limites et ne parvenait plus à se réinventer.

Six saisons d’American Horror Story sont disponibles en DVD/Blu-ray. La série revient à l’automne pour une saison 8.


Déjà publié une première fois en juillet 2017, cet article est aujourd’hui remis en avant suite à une mise à jour, l’ajout de la saison 7 dans le classement.

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