Après un an d’absence, Sherlock a fait son retour pour une saison 4. C’est en incarnant le fameux détective de Conan Doyle dans la série de Steven Moffat et Mark Gatiss que Benedict Cumberbatch est devenu un nom, autant dans son pays que sur la scène internationale. Alors qu’il endosse de nouveau le costume du consultant, c’est le moment de revenir sur sa carrière qui a commencé il y a 16 ans de cela.

Jeunesse et Éducation

Benedict Timothy Carlton Cumberbatch est né à Londres le 19 juillet 1976. Ses parents, Timothy Carlton Cumberbatch et Wanda Ventham, sont tous les deux acteurs.

Appartenant à un milieu aisé (le sujet des classes sociales fait couler beaucoup d’encre en Angleterre dans le milieu artistique), Benedict Cumberbatch étudie à Brambletye School avant de rejoindre Harrow School – une des écoles les plus célèbres du monde.

Il monte pour la première fois sur les planches durant ses études et fait ses débuts en tant que Titania, Reine des Fées dans Le Songe d’une nuit d’été à 12 ans.

À la fin de son cursus à Harrow, le futur interprète de Sherlock Holmes décide de prendre une année sabbatique au cours de laquelle il enseigne en tant que bénévole l’anglais dans un monastère tibétain à Darjeeling en Inde.

Il retourne ensuite étudier à l’Université de Manchester ainsi qu’à la The London Academy of Music and Dramatic Art d’où il ressort diplômé. C’est au cours de cette période qu’il rencontre l’actrice Olivia Poulet avec laquelle il partagera son existence pendant de nombreuses années. Le couple s’est séparé définitivement en 2011.

Une carrière au théâtre

C’est sans surprise que Benedict Cumberbatch commence sa carrière au théâtre à partir de 2001. Comme nombreux acteurs britanniques, il retourne sur les planches régulièrement.

L’acteur a ainsi endossé de multiples rôles, dont celui de George Tesman dans Hedda Gabler en 2005 qui lui vaudra une nomination aux Olivier Awards en tant que meilleur rôle secondaire.

Quelques années plus tard, en juin 2010, il est à la tête du revival d’After The Dance de Terence Rattigan où il joue l’aristocrate David Scott-Fowler. Succès populaire et critique, la pièce gagnera 4 Olivier Awards.

C’est néanmoins sans doute possible Frankenstein qui lui attirera le plus d’éloges sur le planches en 2012. Il partage alors la scène avec Jonny Lee Miller – aussi interprète de Sherlock dans Elementary – au Royal National Theatre dans la version de Frankenstein réalisé par Danny Boyle. Les deux acteurs alternent chaque soir les rôles, passant ainsi du Créateur à la Créature.

Cette pièce marquait d’ailleurs la seconde collaboration de l’acteur avec Boyle au théâtre, ayant participé à The Children’s Monologues, un évènement caritatif en 2010.

En tout cas, Frankenstein vaudra à Cumberbatch et son collègue de remporter plusieurs prix dont l’Olivier Awards du meilleur acteur – cette cérémonie étant l’équivalent des Oscars pour le théâtre anglais.

Après cela, l’acteur revient sur les planches d’abord en 2013 pour 50 Years on Stage pour le 50e anniversaire du Royal National Theatre. Il joue ainsi dans une scène Rosencrantz dans la classique pièce Rosencrantz and Guildenstern Are Dead de Tom Stoppard. Si Frankenstein a par ailleurs été projeté au cinéma, cette pièce fut quant à elle diffusée dans les salles ainsi que sur BBC Two.

Enfin, il devient Hamlet en 2015 sous la direction de Lyndsey Turner et obtient avec cette performance sa troisième nomination aux Laurence Olivier Awards.

Sur le petit écran

Très tôt dans sa carrière, Benedict Cumberbatch en vient à faire de la télévision, et c’est là qu’il obtiendra une renommée internationale.

Il faut néanmoins attendre un peu, vu qu’il commence d’abord par des petits rôles dans des séries comme Heartbeat (en 2000 et 2004), Silent Witness (2002), Cambridge Spies ou encore Spooks (en 2003).

Si on peut le voir dans Tipping The Velvet (2002) et Fortysomething (2003), c’est en devenant Stephen Hawking qu’il attire l’attention dans le téléfilm Hawking (2004). Il décroche alors une nomination aux BAFTAS – Les Oscars de la télévision britannique et remporte le prix du meilleur acteur au Golden Nymph Awards.

On peut également le retrouver ensuite dans la mini-série historique To The Ends of The Earth (2005) qui adapte la trilogie de roman de William Golding. Rôle anecdotique à l’époque, mais qui fait sans doute sourire aujourd’hui, il participe à la comédie culte Nathan Barley de Charlie Brooker cette année-là. C’est là qu’il fait la connaissance de Chris Morris avec qui il retravaillera plus tard pour un autre petit rôle au cinéma – dans Four Lions (2010).

Toujours en 2005, l’acteur partage l’affiche du téléfilm Stuart : Une vie à l’envers avec Tom Hardy. Celui-ci aurait pu potentiellement tomber dans l’oubli (ce qui n’a rien à voir avec sa qualité) mais la carrière de ses deux acteurs lui aura permis de se faire de nouveau connaitre quelques années plus tard.

Comme tout bon acteur britannique qui se respecte, il participe à une adaptation d’Agatha Christie, plus précisément à Murder is Easy, un épisode de la saison 4 de Miss Marple.

Si Benedict Cumberbatch parvient à l’évidence à décrocher des premiers rôles – comme c’est le cas avec The Last Enemy en 2008 –, il ne parvient pas encore à véritablement gagner en notoriété auprès d’un plus large public. Il attire tout de même l’attention, obtenant sa seconde nomination aux BAFTAS pour Small Island, mini-série avec Ruth Wilson, ou encore en interprétant Vincent Van Gogh dans Van Gogh : Painted with Words (2010).

C’est d’ailleurs en 2010 que l’acteur signe pour jouer Sherlock Holmes dans la nouvelle série BBC. C’est alors ce rôle qui changera le cours de sa carrière. Succès critique et public dans son pays, Sherlock passe les frontières pour devenir un succès international. Sa prestation du mythique détective lui vaut de décrocher plusieurs nominations et remporter plusieurs prix, dont un Emmy Awards pour l’épisode His Last Vow en 2014 en tant que meilleur acteur dans une minisérie/téléfilm. Maintenant à sa saison 4, l’avenir de Sherlock est pour le moment incertain.

Cela ne devrait pas empêcher l’acteur de continuer à apparaitre sur le petit écran. En 2012, il était à la tête de la mini-série Parade’s End aux côtés de Rebecca Hall, adaptation du roman de Ford Madox Ford réalisé par Susanna White et adapté par Tom Stoppard. Cela lui vaudra une autre nomination aux Emmy Awards.

Sans oublier sa participation à The Hollow Crown, la série de films de BBC qui adapte Shakespeare. Il incarne alors Richard Plantagenet dans Henry VI, Part II et Richard III.

Sur le grand écran

Si Sherlock permet à l’acteur d’obtenir des rôles notables au cinéma, cela ne signifie pas que tout est à oublier avant que cela ne se produise. Il faut cependant attendre tout de même 2006 avec Starter For 10 pour que sa carrière au cinéma commence à prendre forme.

Après cette sympathique comédie avec James McAvoy et Rebecca Hall, il devient le politicien William Pitt dans Amazing Grace (2006), film historique retraçant t la bataille de William Wilberforce (Ioan Gruffudd) contre l’esclavagisme en Angleterre. Cela lui vaut une nomination au London Film Critics Circle Award.

Vient ensuite Reviens-moi (2007) de Joe Wright – avec James McAvoy et Keira Knightley – où il provoque quelques frissons dans la peau du prédateur Paul Marshall. Peu de temps après, il a un petit rôle dans Deux sœurs pour un roi (2008), incarnant William Carey – l’époux de Mary Boleyn. En restant dans le film historique, il participe aussi à Creation (2009), biographie de Charles Darwin, et à Cheval de guerre (2011) qui retrace la première guerre mondiale à travers un cheval et surtout The Imitation Game (2014). Il est le cryptographe Alan Turing dans cet biopic qui lui vaut une nomination aux Oscars.

Si l’évolution de la carrière de Benedict Cumberbatch aurait pu faire oublier le film indépendant Troisième étoile à droite (2010), les fans de l’acteur vont s’attacher à ce long-métrage qui suit un groupe de 4 amis au cours d’une ultime randonnée, l’un d’entre eux étant mourant. Pour rester dans l’indépendant, il côtoie Claire Foy et Shaun Evans dans Wreckers qui s’intéresse à un couple de retour dans le village natal du mari pour fonder une famille et qui voit son quotidien être mis à l’épreuve par le frère.

L’acteur se prépare à jouer dans des blockbusters mais avant cela, on peut le voir dans La Taupe (2012), l’adaptation du roman de John Le Carré mené par Gary Oldman dans la peau du fameux George Smiley.

À ce niveau-là, l’acteur a certainement gagné en popularité grâce à Sherlock et se retrouve associé à des projets plus importants. Il va alors retrouver Martin Freeman sur The Hobbit. Si celui-ci tient le premier rôle de la trilogie de Peter Jackson et préquelle au Seigneur des Anneaux, Cumberbatch devient alors le Necromancer, le dragon Smaug.

Les Britanniques endossent régulièrement des rôles de méchants à Hollywood et l’acteur ne fait pas exception à cette règle en étant choisi pour jouer l’ennemi de Kirk dans Star Trek Into Darkness, qui n’est pas une franche réussite dirons-nous.

Cumberbatch est à l’évidence déterminé à s’essayer un peu à tout vu qu’il joue, rien qu’en 2013, le fondateur de Wikileaks dans The Fifth Estate ; un propriétaire d’esclaves dans 12 Years a Slave ; ou encore le timide Charles dans August : Osage County. On peut ajouter à cette liste Zoolander 2 où il montre qu’il possède un certain sens de l’humour.

Tout cela nous mène inexorablement à son arrivée dans l’univers cinématographique Marvel. Il est donc le docteur Stephen Strange dans le film consacré à ce chirurgien et maître des arts mystiques. Le personnage devrait également apparaitre dans Thor : Ragnarök et Avengers: Infinity War.

Benedict Cumberbatch reste occupé, car, à côté de cela, il a été annoncé entre autres pour jouer Thomas Edison dans The Current War qui revient sur l’opposition avec George Westinghouse (Michael Shannon) et devrait prêter sa voix à une nouvelle version animée du Grinch.

À la radio et narrateur

Aimant également travailler pour la radio, un média qu’il affectionne, Benedict Cumberbatch a donc participé à de nombreuses productions pour BBC, dont l’adaptation du roman de John Mortimer, Rumpole and the Penge Bungalow Murders en 2009 qui s’est imposé comme l’une de ses performances radiophoniques les plus connues. Il participera à 9 autres adaptations de Mortimer par la suite.

Entre 2008 et 2014, il est aussi le Capitaine Martin Crieff pour la populaire série Cabin Pressure qui relate les aventures de l’équipe de la plus petite compagnie aérienne au monde. Il retrouve de nouveau James McAvoy pour l’adaptation de Neverwhere où il est l’ange Islington en 2013 et sera le physicien Werner Heisenberg cette même année sur BBC Radio 3 dans Copenhagen.

En plus de son travail à la radio, Benedict Cumberbatch a également narré de multiples documentaires pour National Geographic et Discovery Channel, a lu des auodiobooks dont un de Sherlock Holmes, et bien entendu a fait de la publicité – qui, il faut le dire, paie bien en général.

Et encore…

Aujourd’hui marié à la metteuse en scène Sophie Hunter depuis 2015, le couple a un enfant, Christopher Carlton, et a annoncé en octobre 2016 attendre son second.

Il a fondé en en 2013 la compagnie de production SunnyMarch Ltd aux côtés d’Adam Ackland, Patrick Monroe et Ben Dillon, Benedict Cumberbatch qui produit des programmes TV et documentaires. La société devrait faire un peu plus parler d’elle dans les années qui viennent, Studiocanal ayant investi dedans en avril 2016 pour le développement de films et de séries.

L’acteur est aussi impliqué sur un plan caritatif, auprès de diverses associations pour la lutte contre le cancer, contre la sclérose latérale amyotrophique ou encore pour aider à la réinsertion sociale des jeunes défavorisés.

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CaroleC
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