5 bonnes raisons de (re)voir Black Books, un bijou de la comédie britannique

La première décennie de ce siècle nous a donné quelques comédies britanniques inoubliables. L’une des premières fut Black Books, une création de Dylan Moran et Graham Linehan qui se compose de seulement 3 saisons de 6 épisodes chacune. C’est peu au final, mais cela n’enlève rien au plaisir de la regarder et, surtout, de la recommander.

Black Books est le nom de la librairie de Bernard Black. Il est assez surprenant que ce dernier soit gérant d’une boutique étant donné qu’il ne connait rien à la gestion, mais surtout, qu’il méprise à peu près tout, tout particulièrement les êtres humains qui entrent en contact avec lui — à l’exception de Fran, sa seule amie.

En gros, on peut se demander comment il a fait pour survivre jusqu’à l’arrivée de Manny. Lui possède des capacités sociales, des connaissances comptables et il est trop gentil pour sortir de l’emprise maléfique de Bernard qui exprime son amitié envers lui en le maltraitant et en le considérant aussi bien comme son chien, son esclave ou son compagnon de boisson.

Et pour boire, ça boit, et pas seulement, car ça fume aussi sans arrêt, et ça parle beaucoup, ce qui est la première bonne raison de regarder Black Books. Et il y en a d’autres :

1. Le libraire n’est pas votre ami

Le trio que forment Bernard, Fran et Manny au cœur de Black Books trouve difficilement sa place dans le monde, à l’exception du pub et, bien entendu, de la librairie. Cette dernière apparait comme étant un antre bien gardé par Bernard, et très bordélique. On se demande même comment les clients font pour entrer, le propriétaire les accueillant avec l’amabilité d’une porte de prison — il en frappera d’ailleurs quelques-uns.

Il y a quelque chose d’absurde au point de départ à avoir un tel misanthrope gérer un commerce, mais Bernard Black entre dans la tradition de ces figures comiques qui sont hilarantes parce qu’elles sont horribles. Il n’y a par ailleurs pas grand-chose pour le sauver, mais il n’est pas le seul…

2. Fran, la pire des amies

En apparence plus sociale et joviale que son ami Bernard, Fran sait également se montrer purement méchante et sournoise, surtout si on se met entre elle et sa bouteille de vin. Un comportement qui va en s’empirant après la première saison, étant donné qu’elle se retrouve au chômage et échoue dans tout ce qu’elle entreprend.

3. Manny, le catalyseur comique malgré lui

Si Bernard et Fran sont de mauvaises personnes, et on ne voudrait surtout pas qu’ils changent, Manny n’est pas comme eux. Il est optimiste, jovial et très social. Cela le rend parfaitement complémentaire avec ses deux amis dans le sens où, en étant tout ce qu’ils ne sont pas, il ne fait qu’amplifier ce qui rend Bernard et Fran si hilarants. Cela ne fonctionne pas que dans un sens, puisque Manny profite du nihilisme de Bernard pour s’imposer comme étant une contrepartie tout aussi comique.

4. L’ennemi, c’est l’autre

Black Books fournit avec sa librairie un environnement idéal pour exploiter ce petit panel de personnages atypiques, car ils sont dans leur zone de sécurité. Ils y sont tellement bien (même si plus on avance et plus il est difficile d’imaginer comment on pourrait vivre dans un bouge pareil) que les en sortir occasionnellement se doit d’être fait avec ingéniosité. Le monde extérieur n’est pas prêt pour accueillir Bernard Black, et c’est surement pour cela que tout ce qui se produit à l’extérieur de la librairie a tendance à lentement glisser vers une représentation fantasmagorique et excentrique, donnant à l’aventure des airs épiques qui appuient la normalité représentée par la boutique.

5. Tout est dans le timing

Si tout ceci fonctionne véritablement, c’est autant grâce à l’écriture qu’aux interprètes. Dylan Moran, Bill Bailey et Tamsin Greig investissent pleinement leurs personnages sans faire de l’ombre les uns aux autres. Certes, 18 épisodes, c’est un peu court pour leur permettre de réellement évoluer, mais c’est surtout à cause de la nature de leurs rôles que le changement vient difficilement (ou pas du tout). Leur forte propension à l’égocentrisme les pousse à contempler leur confort personnel au point qu’ils craignent de le perdre.


Pratiquement 20 ans après son lancement, Black Books conserve son impact comique, souffre un peu de son aspect technique, mais possède toujours un charme indéniable grâce à l’évolution même de notre société qui est telle que les personnages paraissent aujourd’hui encore plus extrêmes dans leur comportement antisocial qu’à l’époque.

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