Buffy contre les vampires - Tome 1 & 2Titre : Buffy contre les vampires saison 8 inédite
Tome 1 : Un long retour au Bercail
Tome 2 : Pas d’avenir pour toi
Scénaristes : Joss Whedon (T1) et Brian K. Vaughan (T2)
Dessinateurs : Georges Jeanty
Coloriste : Dave Stewart
Encreur : Andy Owens
Couverture : Joe Chen
Editeur : Dark Horse Comics (USA) et Fusion Comics (France)
Dates de publication : Juin 2008 (T1), Septembre 2008 (T2)
Langue : Français
Prix : 13, 95 euros

Présentation : Après 7 saisons à la télévision, Buffy débarque en version comics pour une saison 8 qui reprend là où tout s’est arrêté.

Avis

Les relations entre Joss Whedon, créateur du Buffyverse et le monde des comic books sont intimes depuis des années. Fan depuis l’enfance, il s’est même vu confier l’écriture de la série Astonishing X-Men en 2004. Ce n’est donc pas une surprise de le voir ressusciter sa série phare sur forme de planches. Il a d’ailleurs fait de même avec Angel.

Mais le plus important ici est que non seulement le bonhomme a recréé un superbe univers sur papier, mais que nous avons la chance que le tout soit traduit en français dans un respect total de l’esprit « comico-geek » des comic books originaux. À ce jour 4 tomes sont sortis, des sortes d’anthologies qui regroupent 5 histoires et la version VF n’est pas loin de rejoindre en temps et en heure les sorties américaines. Donc respect, car non seulement l’esprit n’est pas trahi, mais les éditions sont belles et proposent résumés et dessins originaux.

Mais rentrons dans le vif du sujet sans plus attendre : Buffy saison 8, de quoi ça parle ? Sunnydale a beau avoir été détruite, la thématique et la vie de la Tueuse et de son Scooby-gang restent grosso modo les mêmes : lutter contre les forces du mal. Sauf que cette fois, ils ne sont pas dans une bibliothèque poussiéreuse, armés de 3 « Monsieur Pointu » et d’un immortel. Non, après les événements de la saison 7, des milliers de tueuses se sont fait connaître de par le monde et le scooby-gang a dû gérer. Les réunir, les entraîner, les contenir, les répartir, bref s’organiser. Si dans la lande écossaise, Buffy et Alex managent d’une main de fer quelque 500 jeunes filles, en Italie Andrew s’occupe d’une autre cellule alors que Giles vaque à ses occupations de son côté.

Le Tome 1 regroupe l’arc narratif Un long retour au bercail et une histoire indépendante nommée La Chaîne (fabuleuse), le tout sous la houlette du grand Joss. La nouvelle force de frappe que représentent Buffy et sa petite organisation est loin de plaire à certains militaires qui vont s’allier avec deux vieilles connaissances de Buffy : Amy et Warren alors qu’un mystérieux Crépuscule fait des victimes. Si Buffy est quelque peu éparpillée (et sexuellement frustrée), elle peut toujours compter sur le soutien d’Alex qui a renoncé à ses rondeurs pour un look très Capitaine Fury sans rien perdre de son humour ravageur. Plus puissante que jamais, Willow vient une fois de plus sauver les miches de sa meilleure amie alors que Dawn a quelques problèmes de taille. Et bien sûr, c’est un plaisir de les retrouver même s’il n’y a plus de Sunnydale, de lycée, de fac, de proviseur pernicieux ou de maire cinglé. C’est une autre époque, mais une suite logique, drôle, émouvante, inquiétante avec toujours cette forte propension aux références culturelles de la culture « geek » qui ont toujours fait mouche dans la série.

Le Tome 2 regroupe lui aussi un arc, Pas d’avenir pour toi centré avec justesse sur Faith et Giles (très bonne idée de lier ces deux personnages) puis revient vers Buffy et Willow avec l’obscure Partout sauf ici. Alors que Willow cherche à savoir pourquoi Dawn a couché avec un jeune homme qui l’a transformé en géante (littéralement), Giles recrute Faith pour un travail d’infiltration dans la haute société. Le but : approcher et anéantir une tueuse qui veut éliminer Buffy. Évidemment, la situation est prétexte a de drolissimes ùoments, la rigidité de l’Observateur se heurtant avec délice à la verve gonflée du vilain petit canard de la lignée. Et bien sûr, les deux anciennes ennemies jurées finiront par s’affronter à nouveau.

Au-delà de l’intérêt de retrouver des personnages que l’on a aimés à l’écran et de les voir joliment évoluer sur papier, le comic book Buffy a l’avantage de son nouveau support. Bien des choses (qui se vérifieront dans les prochains tomes) ne passeraient pas à la télévision à commencer par la transformation physique de Dawn qui serait purement et simplement ridicule. Mais là, ça fonctionne plus que bien pour la simple et bonne raison que tout n’a pas été chamboulé. Chapeauté par le créateur en personne, cette saison 8 s’inscrit dans la série d’origine. Si l’humour a évolué, ce n’est pas en raison du changement de support, mais parce que les personnages ont muri. Whedon a su agréablement doser sa recette. Difficile dans ces conditions de trouver à y redire lorsque le propos est fin et intelligent et le rendu, sombre et désespéré juste ce qu’il faut. À suivre donc…

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