Il y a des personnages qui suscitent la passion, qu’il s’agisse de haine ou d’amour. Kara « Starbuck » Thrace fait partie de ceux-là. Personnage emblématique de Battlestar Galactica, elle a fait couler beaucoup d’encre (virtuelle), laissant rarement indifférent le téléspectateur.

Au point de départ, le Lt. Thrace était un homme. Nous sommes en 1978 et c’est Dirk Benedict qui incarne ce pilote aimant les femmes et le cigare. Quand Ronald D. Moore donne le jour à son remake, Starbuck – nom, comme celui de Boomer, tiré de Moby Dick – devient une femme, et c’est à Katee Sackhoff que revient la tâche de donner vie au personnage.

Ce rôle ne va pas être de tout repos, car cela a beaucoup agité en début de série, sûrement dû en grande partie au fait que le Lt. Starbuck était l’incarnation de l’alpha male. Kara ne sera donc pas une womanizer, mais le personnage sera doté d’une forte personnalité qui marquera la série à tout jamais.

Il faut dire que si la série a fait du chemin, et le personnage avec (et pas toujours dans le bon sens), Kara s’est rapidement imposée comme une femme de caractère. Entre alcool, jeux et cigare, elle ne se laisse pas marcher sur les pieds. Mieux encore, elle excelle aussi bien dans sa profession de pilote que dans celle d’exacerber certains de ses collègues, en particulier le Colonel Tigh, surtout qu’elle a des problèmes avec l’autorité. Starbuck est une provocatrice, qui ne maitrise pas véritablement la subtilité. En fait, il serait mieux de la définir comme une battante et une femme qui se donne les moyens d’obtenir ce qu’elle veut. Elle a grâce à cela développé une certaine capacité à taper sur les nerfs. Cela fait irrémédiablement partie du charme du personnage, temporisé par ses faiblesses.

Si Kara Thrace fut au départ principalement définie par son côté rebelle et incontrôlable, il ne faudra pas trop longtemps pour découvrir les fragilités du personnage, dont l’une est Zak Adama, mort dans un crash de Viper. Starbuck est on ne peut plus liée à la famille Adama, entre le père, Bill, qui la voit comme sa fille adoptive et Lee, frère de Zak, pour lequel elle a clairement des sentiments (réciproque) qui agiteront clairement une relation compliquée.

Originaire de Caprica, Kara n’exprime pas beaucoup son côté religieux (elle prie régulièrement les Dieux de Kobol), mais cela se dévoilera d’une certaine façon bien plus quand elle sera bien décidée à retrouver la route de la Terre, ce qui la ramènera sur son monde natal. Cela participe en tout cas à rendre le personnage encore plus complexe.

Tout au long de la série, le personnage de Kara se dévoilera à nous, qu’il s’agisse de son histoire personnelle ou dans sa destinée. Il serait mentir de dire qu’elle fut continuellement une source de bonnes choses, sa vie privée jonglant entre Anders et Lee n’ayant sûrement pas fait ressortir le meilleur d’elle et du programme. À cela, on peut ajouter les sentiments mitigés que le traitement de sa mort et résurrection a pu susciter auprès du public. Son comportement borderline – comme le montre bien ses rapports avec Leoben Conoy – aura sûrement énervé plus d’un spectateur, mais il est aussi en grande partie au cœur de ce qui a fait de Kara « Starbuck » Thrace un personnage si emblématique.

Il y a comme un volcan prêt à entrer en éruption au cœur de Kara Thrace. Sûre d’elle, déterminée, tête brûlée, mais aussi touchante, sensible et libre. Starbuck est assurément l’un des personnages féminins les plus complexes de la dernière décennie, la rendant unique et symbolique de Battlestar Galactica.