Il y a 10 ans Dexter propulsa Showtime vers des sommets jamais atteints

14 Oct 2016 à 10:01

Dexter Saison 1

Il y a maintenant 3 années que nous avons fait nos adieux pleins de soulagement à Dexter le bucheron. À ce moment-là, Showtime pressait tout le jus qu’elle pouvait des aventures du désormais tueur en série le plus connue du petit écran, mais misait sur Homeland pour son avenir.

Il y a une décennie, c’était donc une tout autre histoire. Il est fort à parier que la majorité d’entre vous n’arrive pas à se souvenir de ce que proposait Showtime avant l’arrivée de Dexter. Pour certains, la chaine était encore associée à la colère liée à l’annulation de Dead Like Me ou de Jeremiah. Les plus vieux se rappellent certainement que c’est là qu’est née Stargate SG-1 avant de devenir le fer de lance de SyFy.

Il faut dire qu’avant que le groupe CBS ne l’acquière en 2005, Showtime n’avait pas une identité très remarquable. Elle nous offrit de la SF et des comédies à la qualité variable, donnant tout de même naissance à certaines séries cultes, mais à rien qui pouvait lui permettre de concurrencer HBO.

La roue commença à tourner en 2004 avec Huff et The L Word, mais c’est réellement le lancement de Dexter qui a défini les ambitions de la chaine.

Nous voilà alors en 2006. Fraichement libéré de Six Feet Under, Michael C. Hall semblait destiné à changer de registre et de médium. On pouvait déjà l’imaginer au cinéma. Il resta donc à la télévision, passant d’une chaine premium à une autre, mais le registre n’était définitivement pas le même.

Après une première saison qui fit du bruit, Dexter était indéniablement dès 2007 – alors que The Sopranos s’était terminée et que Mad Men arrivait doucement – la nouvelle série immanquable du petit écran américain. Tous les yeux étaient rivés sur Showtime et CBS rediffusa même une version édulcorée sur son antenne pour combler le vide durant la grève des scénaristes.

Nous en étions donc à la seconde saison et Daniel Cerone fit le choix judicieux de laisser tomber les livres sur lesquels se basait le show pour emmener son Dexter Morgan dans une direction plus pertinente. Créativement parlant, cela fut payant durant un temps. En fait, certains iront dire que la série ne retrouva jamais par la suite le niveau de cette seconde saison. Une chose était certaine à ce stade, Showtime était la chaine à surveiller.

Alors que la subversive Weeds commençait déjà à montrer ses limites, que l’ambitieuse Brotherhood ne parvenait pas à être autre chose que confidentielle en dépit de ses réelles qualités, nous avons eu l’arrivée de Californication et de The Tudors. Clairement, Showtime cherchait à ratisser large et à marcher sur les plates-bandes de HBO. Là où Starz trouve aujourd’hui son succès en allant après le public que négligeaient justement ses concurrentes, Showtime visait ouvertement la même cible que sa principale rivale. Ses séries avaient alors un côté secondaire.

Showtime n’était que la chaine de Dexter et, au moment où celle-ci a commencé à perdre de son attrait, elle entraina doucement tout le navire dans une voie sans issue. Il y avait certes plus d’abonnés que jamais en 2013 quand le serial killer reposa ses couteaux, mais il n’y avait pas beaucoup de monde pour dire qu’il avait eu raison de continuer aussi longtemps son œuvre macabre.

À ce stade, Showtime était devenue la chaine qui ne savait pas quand arrêter. Weeds et Californication appuyant parfaitement le problème, mais Dexter était la plus emblématique et celle qui tomba finalement le plus bas. À défaut d’avoir découvert comment transformer toute son offre en suivant le sillage tracé par son tueur iconique, la chaine n’a fait que développer un modèle qui ne tenait pas la distance.

Dans ce sens, Dexter a été synonyme pendant une courte période du futur des séries avant de s’imposer comme étant l’exemple à ne pas reproduire. Pourtant, personne chez Showtime ne parait le réaliser. La preuve, Homeland était la nouvelle Dexter – intelligente, addictive, risquée – quand elle est arrivée et elle semble chaque nouvelle saison se débattre pour ne pas trop perdre de sa pertinence. On peut la créditer pour ne pas avoir chuté aussi fortement que celle qui a finalement permis qu’elle voie le jour, mais il reste du temps pour cela, car elle n’est pas terminée – elle a été renouvelée jusqu’à sa saison 8.

Au-delà de ce que Dexter a fait ou non pour Showtime, la série a indéniablement eu un impact sur le petit écran américain dans son ensemble. C’est ce qui rend encore plus regrettable le fait que, dix ans après son lancement, il est difficile de réellement la célébrer pour ses accomplissements. Pire, la nostalgie de ses débuts et des promesses de l’époque renforce le gout amer laissé par la conclusion de l’aventure. Difficile de ne pas blâmer un minimum Showtime pour cela.

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