A la découverte de : Hill Street Blues (Capitaine Furillo)

Hill Street Blues

Le 15 janvier 1981, NBC lançait une série policière qui pourrait être qualifiée de pierre fondatrice de la fiction télévisée moderne. Elle a brisé les codes narratifs de son genre, et influença toute l’industrie par la suite.

De quoi parle la série

Dans une grande ville américaine non identifiée, on suit la vie agitée d’un commissariat situé en plein cœur d’Hill Street, une zone peuplée par les gangs et où le melting pot est à son maximum. Le capitaine Frank Furillo doit ainsi négocier avec les forces en place pour maintenir la paix, tandis que ses officiers s’occupent de gérer aussi bien les voleurs à la tire, les désordres domestiques, les arnaqueurs et meurtriers.

L’histoire derrière la série

Un jour chez NBC, Fred Silverman – le président du network à l’époque – suggéra le développement d’une série au format d’une heure qui serait un croisement entre Barney Miller et l’anthologie Police Story. La chaine se tourne alors vers Grant Tinker de chez MTM Enterprises (The Mary Tyler Moore Show, Bob Newhart, Lou Grant…). Deux scénaristes travaillant chez MTM avec l’expérience dans le domaine du cop show, Steven Bochco et Michael Kozoll, donneront ainsi naissance à Hill Street Blues.

Bochco et Kozoll n’étaient pas intéressés dans la création d’une autre série policière, mais ils ont obtenu une liberté artistique sans précédent qui leur a permis d’imposer la complexité narrative qu’ils recherchaient. Hill Street Blues concentra, pour la première fois dans une série, beaucoup d’idées inédites aussi bien au niveau du format, de l’esthétique, des thématiques, de la construction des histoires et des sujets abordés.

Bien que formatée avec son rythme d’une journée égale un épisode, Hill Street Blues est aussi fortement sérialisée, que ce soit au niveau des intrigues professionnelles ou personnelles, puisque la série mélangeait le soap avec le criminel, la comédie noire de bureau et la critique politico-sociale. Tout ceci fonctionnait grâce à une ambiance chaotique – au niveau visuel et sonore – qui se voulait proche du documentaire et qui alimentait l’aspect réaliste à l’univers de la série, tout en naviguant entre la comédie et le drame.

Hill Street Blues est également connue pour avoir donnée ses lettres de noblesse à l’ensemble show. Occasionnellement critiquée ou parodiée pour ça, la série possédait beaucoup de personnages réguliers (plus d’une dizaine) et les développaient tous, ce qui ajouta à la complexité de la construction narrative et au réalisme que les auteurs cherchaient à entretenir. De plus, ils ont ainsi pu aborder beaucoup de thématiques variées (et parfois tabou), profitant notamment d’avoir plusieurs Afro-Américains dans la distribution principale – ce qui n’était pas courant à l’époque.

Quand Hill Street Blues démarra à la mi-saison en 1981, elle ne rencontra pas le succès public et côtoya 4 cases horaires différentes cette année-là, finissant par s’installer le jeudi soir. Toutefois, elle se fit plus que remarquer chez les critiques et décrocha 6 Emmy Awards. Elle continua donc pour le prestige et accumula sur 7 saisons le total de 98 Emmy Awards.

Aujourd’hui, Hill Street Blues est toujours reconnue pour ses nombreuses qualités, de sa narration complexe à son réalisme sans compromis. Cela dit, elle est surtout connue pour avoir posé les bases d’une nouvelle télévision de qualité avec son audace, son approche innovante et provocante. On la crédite à juste titre pour avoir permis la création, entre autres, de séries comme St. Elsewhere, NYPD Blue, L.A. Law, Homice, E.R. (Urgences), Law & Order

Découvrir la série aujourd’hui

Quand j’ai commencé à lire sur les séries tv, le nom Hill Street Blues revenait sans cesse. Au début, je n’avais pas fait le rapprochement avec Capitaine Furillo, le titre qu’elle endossait en France. Je n’avais vu que quelques épisodes de cette série dont je ne gardais que trop peu de souvenirs, étant à l’époque du visionnage trop jeune pour réellement être réceptif à ce qu’elle racontait. Pour moi, ce n’était qu’une série policière comme tant d’autres, mais avec plus de confusion.

Le temps a passé et j’ai donc redécouvert proprement Hill Street Blues avec plaisir, car il se trouve que malgré le fait qu’elle soit légèrement plus âgée que moi, elle reste très moderne dans son fond. Certes, elle a pris quelques rides, mais avec 30 ans au compteur, il n’est pas surprenant de constater que l’image ait vieilli. Cela dit, avec la façon de filmer qui se voulait proche du documentaire, les épisodes possèdent une énergie encore efficace qui aide à aller outre la mode du début des ‘80s et la musique indissociable de cette époque.

L’une des qualités premières de Hill Street Blues est clairement le fait que des sujets sensibles sont attaqués de front. Le racisme, vu la conjoncture, est bien entendu souvent d’actualité, mais pas uniquement puisque l’aspect social du show touche aussi des problèmes plus mineurs et également pertinents. Ce qui fait surtout que ça fonctionne, c’est qu’il n’y a pas une solution parfaite de proposée, mais plus une recherche constante d’accords servant à faire avancer les choses dans le bon sens, car des résolutions rapides ne sont pas préconisées. De plus, la construction de la série, avec une journée par épisode, permettait de laisser de côté certaines histoires pour y revenir plus tard afin de montrer comment les choses évoluaient. Ce sens de la continuité est un moteur narratif vraiment bien maitrisé ici. Enfin, il arrive fréquemment qu’un imprévu vienne tout chambouler.

Du côté de ce qui fonctionne moins bien de nos jours, c’est la façon avec laquelle Furillo est régulièrement dépeint. Il n’est pas parfait, mais est souvent idéalisé. C’est occasionnellement légèrement frustrant, mais ce n’est pas un trait qui domine dans le chaos ambiant dans lequel il évolue. Le plus étonnant en fait est que ça ressort avant tout quand il se trouve pris dans les affaires de politique interne à la police. Avec les criminels, ou sa femme qui débarque toujours avec de nouveaux problèmes, il est bien plus nuancé et c’est ce qui le rend intéressant.

De manière générale, les personnages sont attachants et évoluent aussi bien du point de vue professionnel que personnel. Par exemple, dans la première saison, c’est le Lt. Howard Hunter qui en tire le plus profit. Il n’est pas celui qui est le plus développé ou qui obtient le plus d’attention, mais il commence en étant une sorte de caricature et, bien que restant une espèce de clown involontaire, au fur et à mesure, il montrera que derrière son rôle de représentant de la force décérébré et un poil misogyne, il se cache un homme avec des carences affectives qui ne demande qu’à être compris.

En tout cas, Hill Street Blues devient rapidement prenante et se regarde encore aujourd’hui avec plaisir grâce à une scénarisation intelligente et véritablement bien maitrisée.

Le générique

S’intégrant presque organiquement à la structure des épisodes, le générique d’Hill Street Blues est principalement connu pour sa musique signée Mike Post. Après le briefing du matin, les voitures sortent pour répondre à un appel.

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