A la découverte de : I Love Lucy (60ème anniversaire)

Le 15 octobre 1951, il y a donc 60 ans aujourd’hui, CBS lançait une comédie qui changea la télévision de manière radicale. I Love Lucy ne possédait pas une histoire innovante, mais elle était faite comme aucune autre série auparavant.

De quoi parle la série

Le pitch de base est simple. Lucy Ricardo (Lucille Ball) est une femme au foyer un peu exubérante dont le mari, Ricky Ricardo (Desi Arnaz), était à la tête du groupe qui jouait au Tropicana Club. Lucy tentait alors de passer sur scène, tandis que son mari essayait de l’en empêcher et de calmer ses ardeurs. Ils vivaient à New York où leurs voisins, Fred et Ethel Mertz (William Frawley et Vivian Vance), étaient leurs meilleurs amis. Au fil des saisons, Desi rencontra le succès, ils voyagèrent, et eurent un enfant.

L’histoire derrière la série

Avant de jouer Lucy Ricardo, Lucille Ball était populaire. D’ailleurs, elle tenait déjà un rôle similaire dans une comédie radiophonique, My Favorite Husband. L’équipe créatrice suivit la star lors de sa transition vers le petit écran. Il faut dire que Lucille savait ce qu’elle voulait et cela se montra payant, tout particulièrement quand elle décida d’imposer Desi dans le rôle de son mari alors que la chaine n’était pas favorable. Le couple mit alors en scène un show qui se révèlera être un succès suffisant pour convaincre CBS d’accepter le couple Ball-Arnaz en tête d’affiche.

Cela dit, c’est la volonté des comédiens à rester à Hollywood, au lieu de se rendre à New York où les comédies étaient faites en live, qui changea tout – avec l’aide de Philip Morris qui sponsorisa la série et réclama un épisode par semaine, et non toutes les deux semaines. Tout ceci encouragea l’enregistrement sur film, un procédé qui n’était pas courant à l’époque et qui donna jour involontairement à un nouveau système économique. Non seulement après cela, les diffusions pouvaient être de la même qualité d’un côté à l’autre du pays, mais en plus, ce fut la naissance de la rediffusion.

Ajoutons que l’enregistrement d’I Love Lucy se fit devant une audience et avec trois caméras. Des studios ont même dû être complètement rénové pour s’adapter à cela, car le format single-camera avec rires enregistrés prévalait.

La comédie Amos ‘n’ Andy se faisait également dans ces conditions, et ce, 4 mois avant l’arrivée d’I Love Lucy, mais sans l’enregistrement devant le public qui créa une véritable synergie comique. De plus, Lucille et Desi ont convaincu le célèbre directeur de la photographie Karl Freund (Metropolis, The Mommy) de venir travailler pour eux. Il développa le système d’éclairage du studio qui est aujourd’hui encore utilisé.

Tout cela n’aurait pas changé grand-chose sans le succès public énorme que reçut la série dès le début et qui fut tel que CBS donna jour à la rediffusion, ce qui finira par aboutir à la création de la syndication.

Enfin, pour arriver à tout prendre en charge, Lucille et Desi ont dû créer leur société de production pour tout gérer à Hollywood – où l’industrie de la télévision emménagea par la suite, laissant New York derrière. La Desilu vue ainsi le jour et donna naissance entre autres à Star Trek, The Andy Griffith Show, Mission: Impossible, The Dick Van Dyke Show, The Lucy Show, My Three Sons, The Untouchables, I Spy, ou même Mannix.

Découvrir la série aujourd’hui

Bien que la série fête ses soixante ans, je n’avais jamais eu l’occasion de la découvrir. Il était donc temps de réparer cela.

On dit souvent que la sitcom multi-caméra n’évolue plus, mais a-t-elle vraiment changé après I Love Lucy ? Les décennies ont passé et ce genre n’a pas été révolutionné depuis sur le plan technique. Entrer en contact avec cette série n’est dès lors pas très brutal, si on n’a pas développé une aversion au noir& blanc.

En fait, le succès d’une comédie de ce type dépend principalement de son écriture et de ses comédiens, étant donné que ce sont eux qui font la véritable différence. I Love Lucy est ancrée dans les années 50 et c’est certainement ça qui rend un peu difficile l’appréciation de ses qualités comiques, car c’est une culture qui est à présent assez lointaine. On peut en tout cas apprécier le fait que cela est devenu un réel témoignage sur les mœurs de l’époque, tout particulièrement au niveau des relations de couple – même s’il y a beaucoup d’exagérations étant donné que c’est une sitcom.

Du côté de l’humour, le problème principal est que tout est bien trop orchestré. Lucy désire accomplir quelque chose et nous l’expose, pouvant même entrer dans les détails puisqu’elle peut avoir tout planifié. La suite consiste à la voir échouer, rien ne se passant comme elle le souhaite – Ricky voyant occasionnellement clair dans son jeu ou ne réagissant pas comme sa femme l’espère. Elle doit se résigner à changer son approche. Par exemple, dans l’épisode Lucy is Enceinte (2.10), Lucy découvre donc sa grossesse et explique à sa meilleure amie, Ethel, comment elle compte l’annoncer à Ricky. Ce dernier rentre du travail et Lucy se lance alors. Bien entendu, chaque tentative tourne court.

Certains gags fonctionnent tout de même assez bien, bien que ce sont surtout les petites répliques qui se révèlent être les plus efficaces sur le plan de l’humour. Une réflexion sarcastique ou une pointe d’extravagance spontanée et on peut se retrouver à rire brièvement. Dans l’ensemble, l’ambiance étant relativement joviale, même si on ne dépasse pas le sourire trop souvent, cela reste plaisant et décontractant à suivre. Le souci est que ça tourne rapidement en rond.

Donc, découvrir I Love Lucy n’est pas une expérience qui révolutionnera la vie d’un spectateur. C’est un bout d’histoire, mais cela reste une comédie populaire des années 50 qui est simple et bien interprétée. Elle reste regardable encore aujourd’hui, ce qui ne lui permet pas pour autant d’être réellement efficace. En gros, j’ai beau prendre de l’âge, je ne suis pas de cette génération à qui la série parlait, ce qui ne surprendra personne. En tout cas, on voit bien comment la comédie multi-caméra a véritablement évolué avec le temps. Le langage, la rythmique et, bien entendu, le type d’humour ont changé avec les époques.

Le générique

I Love Lucy avait, à l’origine, des séquences d’ouverture animées qui étaient officieusement créées par Hanna/Barbera et c’était adapté aux sponsors du show, ce qui fait que l’introduction évoluait. Un générique simple et désormais très connu s’est alors imposé via les rediffusions. La musique est signée Harold Adamson et Eliot Daniel.

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Tags : I Love Lucy Lucille Ball moins...
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