Arrested Development : Faites connaissance avec la famille Bluth

« Now the story of a wealthy family who lost everything, and the one son who had no choice but to keep them all together. It’s Arrested Development. »

La famille Bluth est pour le moins singulière et un individu un tant soit peu normal fera tout pour s’en échapper. C’était le projet de Michael, l’un des garçons de la famille, après que son père lui refuse le poste de directeur de l’entreprise et se fasse arrêter pour fraude. Mais, comme il le répète régulièrement à son fils, la famille est ce qu’il y a de plus important, et, quand il réalise à quel point ce dernier est attaché aux siens, il décide de rester.

Le voilà donc à Los Angeles, pris par l’éducation de George-Michael, après le décès de son épouse, tentant d’empêcher les dépenses inconsidérées de sa sœur, luttant contre la folie de sa mère, la psychopathie de son frère Gob, et les arnaques de son père.

Arrested Development – aussi appelé Les Nouveaux Pauvres – est aujourd’hui devenu une sitcom incontournable et inimitable. Composée de 3 saisons, avec un total de 53 épisodes, la création de Mitch Hurwitz s’est imposée comme une référence. Retour en détail sur une série peu commune, composée de personnages tout aussi exubérants et névrosés qu’ils sont attachants.

La Famille

Arrested Development

Au coeur de la série, c’est la famille Bluth qui nous occupe : anciennement riche, et depuis toujours dysfonctionnelle, nous suivons leurs tribulations servis par un format pseudo-documentaire, appuyé par la caméra, la narration, des photos d’archives et de vieux films.

Michael Bluth (interprété par Jason Bateman)Michael Bluth (interprété par Jason Bateman)

Michael est le membre le plus normal de la famille Bluth. Jeune veuf qui se retrouve à devoir élever seul son fils de 13 ans, il souhaitait aussi mettre son nom de famille derrière lui en partant pour l’Arizona. Pourtant, il restera pour aider ses proches et prendre la tête de l’entreprise familiale qui a bien besoin d’un patron ayant la tête sur les épaules.

Lindsay Bluth Fünke (interprétée par Portia De Rossi)Lindsay Bluth Fünke (interprétée par Portia De Rossi)

Elle a beau être la sœur jumelle de Michael, elle n’a rien en commun avec lui. Aussi matérialiste qu’il est simple, aussi désagréable qu’il est avenant. Elle est mariée à Tobias avec lequel elle a eu une fille, Maeby.

Gob Bluth (interprété par Will Arnett)George Oscar Bluth II (interprété par Will Arnett)

George 2ème du nom est le joujou de son père qui l’utilise sans vergogne pour contrecarrer les plans légaux de Michael. Car la vraie passion de G.O.B.,  c’est la magie. Manque de chance, le bonhomme n’est absolument pas doué pour cela.

George-Michael Bluth (interprété par Michael Cera)George-Michael Bluth (interprété par Michael Cera)

Le fils de Michael a un prénom des plus difficiles à porter ! Pourtant, le jeune garçon suit les traces de son père, et ce, avec une certaine pression de la part de ce dernier. Gentil, compatissant, bon élève, il a un béguin certain pour sa cousine Maeby.

Maeby Fünke (interprété par Alia Shawkat)Mae « Maeby » Fünke (interprété par Alia Shawkat)

Elle est l’exacte opposée de son cousin et de son oncle et le produit de ses deux parents complètement à l’ouest. Elle fait le mur, vole l’entreprise familiale, triche à ses examens. Elle fait tout pour exaspérer sa mère et avant tout lui montrer qu’elle existe.

Buster Bluth (interprété par Tony Hale)Byron « Buster » Bluth (interprété par Tony Hale)

Pas facile d’être le troisième garçon de la famille Bluth. Et malheureusement pour Buster, c’est tombé sur lui. Totalement dépendant de sa mère, le pauvre garçon en est ressorti avec une très petite estime de soi. Complètement asocial, il est sujet à des crises de panique.

Tobias Fünke (interprété par David Cross)Tobias Fünke (interprété par David Cross)

Tobias est le mari de Lindsay. Ce loser de formation a perdu sa licence de psychiatre et a décidé de se reconvertir en acteur. Sa vie de couple traverse une crise, accentuée par les névroses de Tobias.

George Bluth Sr. (interprété par Jeffrey Tambor)George Bluth Sr. (interprété par Jeffrey Tambor)

C’est par ce patriarche à la retraite que débutent les ennuis ! Arrêté pour abus de bien sociaux, George continue malgré tout à mentir, abuser de ses enfants, et maintenir son autorité sur la famille.

Lucille Bluth (interprétée par Jessica Walter)Lucille Bluth (interprétée par Jessica Walter)

Mère des 4 enfants Bluth et épouse de George Sr, Lucille est une vipère qui distille son venin comme d’autres des bonbons. Et ce sont ses enfants qui en font en premier lieu les frais.

Le Narrateur (voix de Ron Howard, également producteur de la série)

La voix off de la série n’est autre que celle de l’ancien acteur devenu scénariste et producteur Ron Howard alias Richie dans Happy Days. Il est présent au cours des 53 épisodes de la série, et apparaît dans le dernier.

A noter que la série accueillera un certain nombre de guests telles que Henry Winkler (aka Fonzie), Liza Minelli, Amy Poelher, Mae Whitman, Charlize Theron, Heather Graham, Julia Louis-Dreyfuss, Judy Greer, Scott Baio, James Lipton (le monsieur Actor Studio)…

Bilan de la saison 1

Arrested Development - saison 1

Michael Bluth est veuf et vit avec son fils George-Michael. Alors qu’il croit que son père va lui donner le contrôle de la compagnie familiale pour laquelle il a mis sa vie entre parenthèse, ce dernier ne va rien faire, et pire, va finir en prison. Tout le monde est sur la paille, et Michael est obligé de prendre en charge sa famille de parasites qui vivaient aux crochets de l’entreprise.

Arrested Development nous raconte donc la vie de la famille Bluth du point de vue de son membre le plus honorable, Michael. Il faut dire que parler d’honneur en citant les autres Bluth serait une terrible erreur, car eux, ils ne savent pas ce que c’est. En fait, tout ce qu’ils connaissent, c’est eux, et eux seuls. Nous avons Gob le magicien plus ou moins incompétent, Buster qui vit dans l’ombre de sa mère, Lucille qui a toujours le bon mot pour faire mal, surtout pour Lindsay, la sœur jumelle de Michael. Cette dernière est mariée au docteur Tobias Fünke qui découvre qu’il veut devenir comédien. Il y a aussi Maeby, leur fille qui fait tout pour aller à l’encontre de ses parents, et dont George-Michael est amoureux. Pour finir, n’oublions pas George, le patriarche, escroc, menteur, infidèle et égocentrique, en chef de la famille. Une sacrée brochette de personnages, par conséquent.

Dans la forme, nous avons une sitcom un peu particulière qui impose dès les premières images un style visuel qui lui est propre, le tout guidé par la voix off de Ron Howard, également producteur du show.

La première saison va mettre Michael à l’épreuve. Il doit tenter de sauver l’entreprise de la faillite tandis que son père s’efforce, depuis la prison, à détruire toutes les preuves de sa culpabilité, car, bien entendu, il est coupable. Avec cela, il faut aussi s’ingénier à apprendre aux frères et sœur à se débrouiller par eux-mêmes, et donc, à ne plus compter sur l’argent de la famille. Une chose qui est extrêmement difficile pour eux. D’ailleurs, leur principale activité est de réussir à en faire le moins possible tout en essayant d’en retirer un maximum de bénéfice pour eux-mêmes, parce que, n’oublions pas, l’égocentrisme est un mal qui les touche fortement.

Sur 22 épisodes, cela donne du bon et du moins bon, sans que cela ne devienne jamais mauvais. En fait, certains épisodes sont purement excellents, tandis que d’autre ne semble être que des échos d’histoires déjà racontées, mais qui bénéficient toujours d’un ajout de taille, souvent personnifié par un autre membre de la famille qui vient semer la zizanie.

Plus qu’une intrigue en continu, cette première saison est un véritable parcourt initiatique pour tous les Bluth (ou Funke). Chacun en découvrira beaucoup sur lui-même, évoluant au grès de nouvelles épreuves. Le principal problème, c’est qu’ils n’apprennent pas vite.

Arrivée au bout de la première année, il faut quand même remarquer que certaines choses devront être changées pour la suite. Par exemple, George-Michael souffre vraiment de n’avoir pas grand-chose de tangible sur lequel travailler. Cette histoire d’amour incestueux et non réciproque piétine et sert souvent plus la cause de Maeby que la sienne. Lucille, de son côté, n’est en général  qu’accessoire et mériterait la plupart du temps d’être bien mieux utilisée.

Pour finir, il faut noter que la plus grande force de cette série est son casting composé de têtes connues de la comédie comme Will Arnett, David Cross et bien entendu, l’excellent Jeffrey Tambor.
Sans être parfaite, cette première saison d’Arrested Development impose son style aussi bien comique que visuel et se repose sur son cast qui fait des merveilles. Les épisodes s’enchainent avec fluidité grâce à une histoire qui ne cesse d’aller de l’avant, mais qui dérive un peu sur la fin avant de se remettre en scène dans un final qui ouvre l’appétit pour la saison 2.

Bilan de la saison 2

Arrested Development - saison 2

Après l’évasion de George Sr., Michael se retrouve dans une mauvaise position sur un plan légal. Gob prend alors la tête de la société. Lindsay et Tobias essaient de sauver leur mariage. Buster va devoir rejoindre l’armée. George-Michael se trouve une petite amie.

La seconde saison d’Arrested Development continue comme si rien ne s’était passé, enfin, façon de parler, disons qu’elle reprend là où elle s’était arrêtée, car c’est plus proche de la vérité. Après l’évasion de George, tout change. Le faire partir en cavale était une très bonne idée qui permit de modifier la dynamique de la famille. Il va rapidement se retrouver à vivre dans le grenier de la maison familiale, surveillant tout ce qui se déroule, et s’efforçant de gérer les choses à sa manière, en conseillant Michael, le seul à connaître sa présence, au début.

À la compagnie, Gob est devenu la figure publique, et Michael oeuvre dans l’ombre, tentant toujours de reprendre les commandes. Là encore, la dynamique entre les personnages se trouve renouvelée. Tous se rapprochent, ou disons plutôt, les interactions entre les Bluth sont bien plus importantes, car ils n’essaient pas vraiment d’être plus proches les uns des autres, c’est même le contraire.

Donc, même si Michael reste au cœur de l’histoire, les autres membres de la famille ont droit à des intrigues un peu plus travaillées, qui s’adaptent à merveille à leur caractère que la saison 1 a défini. Par rapport à cette dernière, cette seconde saison, au niveau des scénarii, se révèle rapidement de qualité supérieure, capitalisant sur tout ce qui fut construit précédemment. L’univers de la famille se montre véritablement consistant et logique. En fait, il est peu fréquent qu’il se passe une chose qui finisse par être oubliée ; tout, depuis le début, sert à faire fonctionner ce qui vient ensuite. On revoit ainsi de nombreux personnages, ou guests stars, vues durant la précédente saison. On retourne à des lieux, à des évènements qui ont marqué. Rares sont les programmes qui font ce genre de choses, poussées à ce point. Une force que la série emploie à merveille et qui permet au spectateur d’être récompensé de son assiduité.

Le niveau est indéniablement supérieur à la saison un, mais c’est aussi parce que le rythme est plus soutenu et que l’on ne perd définitivement pas de temps sur des histoires un peu plus faibles. Au contraire, Michael n’a pas l’occasion de respirer et nous non plus, ce qui rend le show bien plus addictif. Chaque personnage évolue en suivant sa propre route qui n’arrête pas de croiser celles des autres membres de la famille, sans jamais se confondre avec elles. Personne n’est laissé à la traine. On ne sait jamais quand quelque chose va se produire, et quand la surprise suivante arrivera, mais on est certain que ça va rebondir et repartir de plus belle.

Bref, une saison de haute volée qui ne souffre pas de redondance et qui capitalise sur l’imagination des scénaristes et une maitrise totale des protagonistes et de leurs histoires.

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Bilan de la saison 3

Arrested Development - saison 3

Quelques mois ont passé. La famille Bluth se réunit, George finit en résidence surveillée, et Michael suit toutes les pistes possibles pour tenter de défendre leur dossier en justice.

Cette saison 3 est aussi la dernière pour Arrested Development qui va arriver à une conclusion en 13 épisodes. Après l’excellente saison 2, le niveau était au plus haut, et par conséquent, le challenge était assez difficile à surmonter, mais pas impossible.

La bonne idée de départ est de ramener George chez Lucille. Tous les subterfuges qui seront utilisés pour l’intégrer encore plus aux aventures de la famille sont typiquement dans l’esprit de la série, imprévisible et hilarant.

Nous gardons donc la même recette, ce savant mélange qui fait à la fois fonctionner les épisodes de manières individuels et en groupes, même si pour cette troisième année, l’histoire ne donne plus l’impression de ne former qu’un bloc, car des story-arcs plus marqués font leurs apparitions, comme celle avec Rita, interprété par Charlize Theron. Cette dernière joue une Anglaise dont s’éprend Michael, qui ne se rend pas compte qu’elle est en fait « lente ». C’est à cause de l’accent.

On conserve quand même les classiques de la série intacts, comme les affaires de couple de Lindsay et Tobias, Maeby qui continue à bosser dans le cinéma, George-Michael toujours amoureux de sa cousine, ou également, Gob et ses tours de magie de plus en plus pourris – au moins, à une époque, certains aboutissaient. Nous avons aussi l’épisode annuel dans lequel Michael et Gob essaient de ne pas tomber dans la compétition vers laquelle leur père les pousse.

Bref, la série utilise ce qu’elle connaît le mieux et, même si cela fonctionne à chaque fois et que l’on peut encore être surpris par ce que les scénaristes réussissent à inventer, il y a par moment un certain épuisement. Ce n’est pas franchement handicapant, mais le show manque un peu de renouvellement sur certaines histoires. Heureusement, la courte durée de la saison fera que ce genre de choses demeure embryonnaire.

Au final, le principal défaut de cette saison est finalement le fait qu’elle ne fait que 13 épisodes, mais la fin en est une vraie, totalement dans l’esprit de la série. Elle reste ouverte, mais apporte quand même une sorte de conclusion qui ne nous laisse pas dans l’expectative.

Et ensuite ? Arrested Development a fini par faire son retour avec une saison 4 sur Netflix.

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