Du roman à la série télévisée – Partie 1/2

Le renouveau des adaptations à la télévision américaine

Le renouveau des adaptations à la télévision américaine

  • La science-fiction: un genre continuellement adapté

Alors qu’on lit régulièrement la fameuse phrase « Adapté du roman de… », ces simples mots ne paraissent pas apparaître plus qu’à l’accoutumée dans un genre restrictif : la science-fiction. Depuis bien longtemps déjà, les classiques de la littérature SF sont passés à la table, sur le grand ou le petit écran. Pas de quoi s’étonner si le phénomène perdure. Il faut aussi admettre qu’il est beaucoup plus difficile de dépasser les maitres, et les références, dans cette catégorie, que dans toute autre. C’est un procédé utilisé depuis fort longtemps au cinéma, et qui a rapidement trouvé sa place à la télévision. La SF ne se contente pas particulièrement de tirer ses sources de romans, ou ses simples inspirations, elle doit aussi beaucoup aux comics, au cinéma ou à la télévision d’antan.

La chaine référence dans le genre aux États-Unis se nomme Sci Fi. Le nom même donne le ton. C’est donc dans sa grille qu’on retrouvera les adaptations de Frank Herbert, Dune (2000) et Les enfants de Dune (2003). C’est aussi chez elle que se sera diffusé EarthSea/La prophétie du Sorcier (2004), au départ vendu comme une minisérie. Plus récemment encore, c’est aussi sur cette chaine qu’on a pu suivre The Dresden Files (2007), adapté d’une série de livres éponymes.

Ce n’est pas la seule à s’attaquer à ce genre, où le mélange des styles rend la limite entre le fantastique et la science-fiction moins épaisse, et où parfois, un brin de fantasy vient s’y mêler. ABC compte à son actif quelques œuvres, et surtout l’adaptation en 2002 de Dinotopia, d’abord en minisérie, qui amena par la suite une série où seulement 13 épisodes ont été produits dus à de mauvais taux d’audiences. On peut aussi très bien se contenter de regarder l’année dernière, en 2007, la chaine lançait Masters of Science Fiction, où chaque histoire tire son inspiration d’une nouvelle.

La science-fiction n’est pas toujours très bien représentée à la télévision, et pourtant, reste continuellement présente. Alors, s’il ne s’agit ici que de quelques exemples d’adaptations plus ou moins marquantes de ces quelques dernières années, où certaines n’ont même pas été évoquées, on trouve encore beaucoup à se mettre sous la dent, de l’adaptation d’un comics, du remake d’une série, tiré d’un film, ou simplement une idée originale.

  • Une nouvelle diversité

La télévision, nouvelle librairie du monde. Les romans passant du papier au grand écran ont toujours existé, seulement, aujourd’hui, cela semble fleurir à tous les coins de rue. Donc, si plus haut, je parlais des adaptations de science-fiction, c’est surtout, car en tant que spectateur, nous avons l’habitude que ce genre tire, nous dirons, 50% de sa production de sources plus anciennes. Qu’en est-il alors des autres programmes ?

Une panne d’écriture, ou simplement phénomène de mode devant un succès assez évident d’adaptation au cinéma, la télévision a décidé de jeter son dévolu sur des livres auxquels on n’aurait pas pensé. Si cela se pratiquait déjà, ces quelques dernières années ont clairement donné naissance à une période télévisuelle où une partie de la production se sert de la littérature pour donner des images. De plus, il ne s’agit plus de se contenter de livres qui ont fait leur preuve sur la durée, mais de s’atteler à la tâche, parfois, avec des best-sellers contemporains.

C’est ainsi qu’on se retrouvait assez surpris de voir Dexter, inspiré du roman de Jeff Lindsay. Scientifique travaillant à la police le jour, serial-killer la nuit, la saison 1 reprenait l’intrigue du premier livre, Ce Cher Dexter, épais de 308 pages. Deux autres suites ont vu le jour, dont la dernière a été publiée aux USA en septembre 2007 ! L’œuvre littéraire est donc plus que récente.

Des livres à succès, des auteurs à succès, il y en a beaucoup sur le continent américain, pour tout le monde et pour tous les goûts. Dans un projet avec plus d’envergure, sur la TNT, on s’acheta les droits de The Company, best-seller de Robert Littel, livre de référence sur la CIA, et on en fit une minisérie. Si la qualité n’est pas toujours au rendez-vous, il est évident qu’il n’est pas anodin de voir une chaine s’offrir les droits d’un tel livre.
Au rayon succès, Gossip Girl, 11 tomes, et ce n’est pas fini. Et une série dérivée It Girl. C’est The CW qui se paie avec cette série de livres, un programme à destination d’un public adolescent – cible de la chaine – avec des fans qui attendent un résultat.
Pas connu chez nous, et je dirais même qu’aucune traduction n’existe : Friday Night Lights: A Town, a Team, and a Dream. Une non-fiction, datant de 1990, suivant les Panthers en 1988, au cours du championnat du Texas. Un impact sur la population locale, le livre est sorti au moment même où l’équipe en question était sous investigation et ne pouvait pas jouer les platyoffs. En 2004, un film. En 2006, une série télévisée.

Il est devenu parfois plus facile de tirer sa source d’une œuvre déjà existante, offrant ainsi un matériel de base sûr. On ne fait plus le tri, on suit le mouvement, on adapte de tout, selon ce qu’on recherche ou ce qu’on veut faire. Tout dépend aussi du type de séries à la mode.

  • Les romans féminins

Un genre littéraire a subi une forte croissance ces dernières années, dû à une Anglaise bien connue, nommée Bridget Jones. Il s’agit du roman féminin. Les rayons se sont agrandis, la femme est redevenue plus qu’un public, c’est une cible mouvante sur laquelle on tire continuellement. On lui offre du potin, des histoires de célibattantes à la recherche d’amour, des histoires pour jeunes adolescentes en quête de sentiments. Comme on peut simplement se contenter d’une héroïne (le style définira alors si le public visé est féminin ou plus large).

Si phénomène littéraire il y a, la répercussion a obligatoirement lieu à la télévision. Prenons le simple exemple du policier. Les romans de cette catégorie remplissent encore et toujours les rayons des libraires, et il en est de même pour les séries télévisées. Par conséquent, quand un lectorat prend de l’importance, ou plus exactement, quand on finit par s’intéresser de plus près à un genre, cette évolution ne se limite pas à un support.

C’est ainsi que Gossip Girl, exemple déjà cité, trouve rapidement sa place devant l’émergence de série à destination avant tout d’un public féminin. Précurseur, HBO adaptait en 1998, Sex & The City, le roman de Candace Bushnell, dans le but d’attirer les spectatrices sur la chaine, qui visait principalement les hommes. La romancière voit d’ailleurs un autre de ces livres transformés en série télévisée, Lipstick Jungle.
Il y a donc un certain retour aux programmes à destination des femmes, et le processus, où le succès n’est pas obligatoirement garanti, s’est remis en route il y a peu. Usa Network a adapté The Starter Wife en minisérie, et devant les résultats de l’audimat, a décidé d’en faire une série. C’était l’été dernier. À cette période, Army Wives s’installait sur Lifetime. Le même soir, la chaine programmait Side Order Of Life, et surtout State of Mind, dont la créatrice se trouve être une auteure de romans. Une soirée purement féminine. D’autres séries comme Cashmere Mafia témoignent bien d’une tentative – pas totalement réussi – de vouloir séduire les femmes, avec ou sans livres.

L’Angleterre : une littérature vivace

L’Angleterre : une littérature vivace

  • Les classiques

Le Royaume Uni, c’est une culture où les références se bousculent, et qui possèdent trois grands noms : Shakespeare, Dickens, Austen. Si le premier est un peu laissé de côté ces dernières années, les deux suivants vivent une nouvelle heure de gloire et se voient (ré)adapté de nouveau. Les livres de Miss Austen, ou ceux de Charles Dickens ont déjà donné multiples interprétations, que ce soit en film, en téléfilm, ou en série.
190 ans après sa mort, l’écrivaine britannique voit tous ses romans achevés être remis au goût du jour. L’année 2008 s’est ouvert sur la nouvelle mini-série Sense & Sensibility de BBC, bouclant la boucle d’une saison 2007 très Austennienne. Et c’est ITV qui s’y était collé avec des téléfilms : Northanger Abbey, Mansfield Park et Persuasion. Emma et Orgueil et Préjugés seront les seuls à ne pas donner naissance à une nouvelle adaptation télévisuelle. Tout à fait compréhensible dans le cas du deuxième titre, la fameuse histoire d’Elizabeth Bennet et de Darcy ayant eu droit en 2005 à une nouvelle version cinéma.

La grande dame n’est pas la seule à voir ses écrits passés au crible, vu que ceux de Dickens attire énormément. Il faut dire que l’attention qu’on lui a apporté en 2005 à porter ses fruits, Bleak House fut un succès critique et public. A suivi en 2007, The Old Curiosity Shop et surtout, la minisérie Oliver Twist. Et déjà, la BBC a d’autres projets.

Passer du papier à l’écran est donc plus qu’une habitude, et la littérature anglaise foisonne du style préféré des spectateurs.

  • Les séries policières

Qui n’a jamais vu un épisode d’Hercule Poirot ? Ou ne serait-ce une adaptation d’un livre d’Agatha Christie ? Alors que le détective belge n’a pas encore fini d’exercer, sa compagne de route, Miss Marple a connu récemment une mise au goût du jour. Et, ils ne sont pas tous seuls. Ils ne l’ont d’ailleurs jamais été. De 1987 à 2000, l’inspecteur Morse sévissait. Ce n’est pas si loin encore. C’est surtout dans les années 1980 qu’on voit fleurir des adaptations du patrimoine littéraire policier britannique : Campion (89), Sherlock Holmes (84), Morse (87), et Cadfael (94). Et il ne s’agit ici que d’adaptations ! Un genre prédominant, où les Anglais sont rois. Tellement que même des auteurs américains comme Elizabeth George place leur histoire en Angleterre.
Encore en activité, l’inspecteur Barnaby (Midsomer Murders), et il a pourtant déjà 10 ans derrière lui. Frost (A Touch of Frost) a lui aussi commencé sa carrière il y a de ça un moment, en 1992, et il a toujours des enquêtes à clôturer.
Dans un registre similaire, Wire in the Blood (2002) prend son essence dans une série de livres, sans pour autant les adapter (3 romans de l’auteur Val McDermit se sont vu être transposé).

Finalement, vu la proportion de séries policières britannique, c’est à la fois beaucoup et très peu. Si ce genre occupe une place de choix au sein de la production anglaise, il y a encore de la place pour les autres…

La suite de cet article sera publié dans quelques jours…

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