Par où commencer avec Star Trek

Star Trek - USS Enterprise D

Avec Star Trek Into Darkness qui vient d’arriver dans les salles de cinéma françaises, Star Trek fait de nouveau parler d’elle. Si J.J. Abrams a redonné une sorte de coup de jeune aux aventures de l’équipage de l’U.S.S. Enterprise, on ne peut pas dire qu’il ait réellement fourni un point d’entrée dans la franchise qui puisse mener loin, bien au contraire.

On va donc tenter de corriger cela avec un guide dont le but est d’entre-ouvrir légèrement les portes de cet immense univers qui mérite en grande partie d’être exploré.

Star Trek : The Original Series (1966–1969)

Star Trek : The Original Series (1966–1969)

À bord du vaisseau Enterprise, l’équipage mené par le capitaine James T. Kirk explore la galaxie à la recherche de nouveaux mondes pour découvrir de nouvelles vies et d’autres civilisations.

À l’origine était donc Star Trek, celle qui l’on nomme désormais The Original Series (TOS). Son créateur, Gene Roddenberry, cherchait à parler de sujets qui étaient importants à ses yeux, comme les problèmes raciaux, les inégalités sociales, la guerre… Le souci était que les chaines ne voulaient rien de subversif qui pourrait contrarier les annonceurs et les spectateurs. Ainsi, comme d’autres auteurs avant lui, il s’est tourné vers la science-fiction pour raconter ses histoires et, puisque les networks n’étaient pas intéressés par le contenu de leurs shows tant qu’il n’y avait pas de polémique, personne ne s’est rendu compte de ce qu’il disait réellement dans Star Trek. Cela dit, il a dû réviser son pilote original pour faire passer la pilule.

Space: the final frontier. These are the voyages of the starship Enterprise. Its five-year mission: to explore strange new worlds, to seek out new life and new civilizations, to boldly go where no man has gone before.

Where No Man Has Gone Before n’est donc pas le premier point d’entrée dans la série, mais The Cage que l’on peut aujourd’hui retrouver sur les DVDs. Cela dit, il n’est pas indispensable, puisque ce pilote mettait en scène le Capitaine Christopher Pike et non Kirk. De plus, ce pilote non diffusé sera finalement réutilisé pour alimenter des flashbacks dans le double-épisode The Menagerie (1×11-12), intégrant l’histoire de Pike à la mythologie du show.

Comme cela était la norme dans les séries de l’époque, les épisodes de Star Trek étaient indépendants les uns des autres. On peut aisément commencer TOS par n’importe quel bout. Et comme l’a si bien dit Rod Serling, le créateur de The Twilight Zone, lors d’une interview en 1970

Star Trek, I thought, was a very inconsistent show, which at times sparkled with true ingenuity and pure science fiction approaches, and other times was more carnival-like, and very much more the creature of television than the creature of a legitimate literary form.

Inconsistante, donc. Cela dit, certains épisodes sont importants et méritent d’être vus dans la première saison comme Balance Of Terror (1.14 – apparition des Romuliens), Space Seed (1.22 – rencontre avec le mythique Khan), Errand of Mercy (1.26 – première apparition des Klingons) et The City on the Edge of Forever (1.28) qui est l’un des épisodes les plus célébrés de la série – aux côtés de The Menagerie. Par la suite, on peut particulièrement noter Amok Time (2.01), Mirror, Mirror (2.04) qui nous introduit au célèbre univers parallèle, The Trouble With Tribbles (2.15) qui est devenu culte pour son approche comique et qui sera utilisé dans un cross-over ambitieux avec DS9. La troisième saison n’a pas une très bonne réputation, débutant d’ailleurs avec ce que beaucoup considèrent comme étant le pire épisode de la série. Elle contient des épisodes de bonnes factures, mais la chute de qualité est tout de même notable.

Star Trek : The Animated Series (1973–1974)

Star Trek : The Animated Series (1973–1974)

Suite au succès en syndication de Star Trek : TOS et à la pression des fans, Star Trek : The Animated Series s’est imposé comme le revival proposé par Paramount et NBC. Cela dit, s’il y a un show de franchise qui est réellement dispensable, c’est bien celui-là. Il a même été retiré de la chronologie officielle de la série qui ne tient donc pas compte des évènements qui s’y produisent.

Interlude cinématographique

En 1979, Star Trek fait un véritable retour, sauf qu’il est cette fois sur grand écran. Si le premier film n’est pas primordial, la trilogie qui a suivi est également une bonne façon d’entrer dans la franchise : Star Trek II: The Wrath of Khan (1982), Star Trek III: The Search for Spock (1984) et Star Trek IV: The Voyage Home (1986). Ces trois films se suivent donc et si The Voyage Home n’est pas le meilleur du lot, il s’impose comme étant le plus accessible pour ceux qui ne sont pas de grands amateurs de SF – l’histoire n’est finalement que peu liée aux films précédents.

Star Trek : The Next Generation (1987–1994)

Star Trek : The Next Generation (1987–1994)

Face au succès des films, Paramount a pensé qu’elle pouvait probablement tirer des profits considérables d’une nouvelle série. Après quelques réserves, Gene Roddenberry a rejoint le développement et posa les bases d’une nouvelle grande aventure.

Star Trek: The Next Generation (également appelée TNG) est ainsi née et son histoire reprend environ un siècle après les évènements racontés dans la série originale. Nous avons donc un nouvel Entreprise (le D) et un équipage dirigé par le français Jean-Luc Picard (Patrick Stewart).

Elle fut diffusée en (first run) syndication et s’étend sur 7 saisons pour un total de 178 épisodes, ce qui est un succès indéniable, mais rien n’était gagné au départ. La qualité de la première saison était correcte, mais se révèlera finalement bien en dessous de ce qui viendra par la suite, tout particulièrement à partir de la troisième saison quand Michael Piller prit le poste de showrunner.

La première saison est principalement composée d’épisodes indépendants dont certains sont plus ou moins du recyclage d’épisodes de TOS ou de scripts non produits datant de l’époque. En plus du pilote, on compte parmi les épisodes notables Datalore (1.13 – introduction du « frère » de Data), Coming of Age (1.19) qui est lié à Conspiracy (1.25), Heart of Glory (1.20 – backstory de Worf), Skin of Evil (mort d’un personnage régulier) et The Neutral Zone (1.26 – réintroduction des Romuliens).

La seconde saison marque déjà une amélioration par rapport à la première. La scénarisation évolue, se modernisant et explorant des thématiques plus complexes. On notera l’introduction des Borgs dans l’épisode Q Who (2.06). À partir de là, il est recommandé de suivre la série dans l’ordre.

Comme ce fut le cas pour l’équipage de Kirk, celui de Picard se dirigea vers le grand écran. La différence étant que les films liés à TNG profitent bien plus d’un visionnage du show au préalable, là où ceux en rapport avec TOS le nécessitaient beaucoup moins. Cela dit, cela n’empêche pas d’apprécier les films et, avant de s’investir dans la franchise, regarder Star Trek First Contact est un bon moyen de faire connaissance avec l’univers. Ce n’est pas le point d’entrer le plus conventionnel, mais il reste tout de même recommandable.

Star Trek : Deep Space Nine (1993–1999)

Star Trek : Deep Space Nine (1993–1999)

Lancée alors que TNG était encore en diffusion, Star Trek: Deep Space Nine (DS9) est justement un spin-off de cette derrière et fut introduite dans le double-épisode Birthright (6.16 & 17). Elle récupère d’ailleurs un personnage de sa série mère, Miles O’Brien (Colm Meaney) qui sera rejoint plus tard (à partir de la saison 4) par Worf (Michael Dorn).

DS9 s’étale également sur 7 saisons (172 épisodes). Son concept, par contre, s’éloigne de ce qui a été fait jusque-là dans la série. L’histoire prend place sur une station spatiale contrôlée par Starfleet. Le commandant Benjamin Sisko (Avery Brooks) se retrouve à devoir maintenir la paix dans cette zone de guerre où le peuple bajoran a récemment été libéré de l’oppresseur cardassien. De plus, la station a été placée à proximité d’un vortex liant le Quadrant Alpha au Quadrant Gamma encore inexploré.

Il n’est plus seulement question d’exploration, et de loin. À la place, le show se propose de creuser des sujets liés à l’économie, la politique et le social. La station Deep Space Nine est à un emplacement stratégique important et cela poussera la série dans des zones bien plus sombres que celles que la franchise explora précédemment.

Son point d’entrée logique est le backdoor-pilot dans TNG, mais débuter avec l’épisode 1×01 DS9 de n’est pas dérangeant. Bien plus feuilletonnante que les précédentes et avec des storyarcs majeures qui sont développées sur la durée, la série prendra totalement forme durant la saison 2. Bien qu’existant en partie en parallèle de TNG, puis de Voyager, elle peut être suivie indépendamment. Pour les adeptes de Battlestar Galactica, DS9 est la passerelle idéale pour plonger dans la franchise Star Trek. Non seulement Ronald D. Moore (créateur de BSG) signa bon nombre de scénarii, mais la série partage également des thématiques assez proches de celles explorées auprès de l’équipage d’Adama comme notamment la politique, la religion, la guerre et la famille.

Star Trek : Voyager (1995–2001)

Star Trek : Voyager (1995–2001)

Peu après la fin de The Next Generation et alors que DS9 n’arrivait qu’à sa troisième saison, une nouvelle série Star Trek a vu le jour. Cette fois, elle quitta la syndication et s’installa sur la chaine détenue par Paramount, UPN. D’ailleurs, elle est la toute première série lancée le tout premier jour où le network commença sa diffusion. Ce pilote sera l’épisode le plus regardé de la série et de la chaine.

Voyager est en théorie un spin-off de DS9. L’histoire débute bien sur la station, mais cela ne se fait pas dans un épisode de la série, mais directement dans le pilote de Voyager.

La série se centre sur l’équipage du Voyager dirigé par Kathryn Janeway (Kate Mulgrew). Suite à une de malencontreux évènements, le vaisseau se retrouve projeté à l’autre bout du Quadrant Delta. Le voyage de retour est estimé à 75 ans. Voyager nous raconte donc cette aventure, loin du reste de l’univers Star Trek, même si des éléments familiers seront régulièrement croisés.

Considérée à juste titre comme étant responsable du déclin de la franchise – aussi bien au niveau de sa popularité que de sa qualité – Voyager n’est pas le point d’entrée le plus recommandé dans le monde de Star Trek. Elle s’étend également sur 7 saisons pour un total de 172 épisodes.

Star Trek : Enterprise (2001–2005)

Star Trek Enterprise

Dans l’indifférence la plus totale, Voyager s’en est allée. Dans une tentative maladroite de donner un coup de jeune à la franchise pour la sauver, Paramount lança Enterprise. L’histoire de celle-ci nous ramène dans le passé, avant même les aventures de Kirk. L’Enterprise NX-01 est alors le premier vaisseau de la fédération à pouvoir naviguer à la vitesse warp 5. Dirigé par Jonathan Archer (Scott Bakula), l’équipage inexpérimenté s’aventure où aucun humain n’est allé auparavant, surveillé de près par les vulcains dans un premier temps.

Enterprise fut accueillie de manière mitigée, notamment par les fans de la franchise qui avait peur que la série ruine la mythologie Star Trek. Ce n’est effectivement pas passé loin. L’histoire de guerre temporelle durant les deux premières saisons a été maladroitement gérée, mais ce n’est rien en comparaison avec la guerre contre les Xindi qui non seulement fit dramatiquement chuter la qualité du show, elle le poussa vers l’annulation. Sauvée de peu, Enterprise a le droit à une saison 4 qui renoue véritablement avec l’esprit Star Trek et qui s’avéra être très bonne, ce qui ne fut pas suffisant pour sauver la série au final.

Enterprise a le mérite d’être techniquement moderne, ce qui en fait un point d’entrée dans la franchise assez séduisant. Dans ce sens, la série a des qualités qui font honneur aux idées véhiculées dans Star Trek depuis ses débuts. Il est cependant préférable de complètement oublier la saison 3.

Star Trek à la J.J. Abrams

Star Trek

En 2009, Star Trek était au bout de son agonie quand J.J. Abrams est arrivé pour la sauver. Ironiquement, le réalisateur n’a que peu d’intérêt dans cette franchise historique et cela transparait clairement à l’écran.

Concrètement, bien qu’ayant séduit un grand nombre de personnes, ce film est avant tout un divertissement correct, à défaut de réellement offrir du Star Trek de qualité. Comme point d’entrée dans la franchise, c’est assez trompeur et plonger dans les séries après cela risque d’être assez violent.

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