Les séries TV, collection idées reçuesTitre : Les séries TV
Auteur : Abdessamed Sahali
Collection : Les idées reçues
Editeur : Le Cavalier Bleu
Nombre de pages : 127
Date de publication : 2009
Langue : Français
Prix : 9.50 €

Présentation : Issues de la tradition ou de l’air du temps, mêlant souvent vrai et faux, les idées reçues sont dans toutes les têtes. L’auteur les prend pour point de départ et apporte ici un éclairage distancié et approfondi sur ce que l’on sait ou croit savoir.

Avis

Nous avons beaucoup plus l’habitude de fixer notre petit écran que les pages d’un livre quand il s’agit de séries télévisées. Pourtant, le sujet fait aussi couler de l’encre, dans une moindre mesure chez nous comparé à la production outre-Atlantique qui garnira bien plus régulièrement cette colonne.

Ne fréquentant pas forcément ce type de rayon, je n’étais pas familiarisée avec la collection « Les idées reçues » qui m’a énormément rappelé les « Que sais-je ? » dans sa mise en forme. Ce qu’on sait tous ne pas être une bonne chose, je ne crois pas connaître une âme qui garde beaucoup de souvenirs de ces lectures quasi toutes imbuvables, juste pour récupérer deux lignes d’informations. Le prix est aussi dans les mêmes eaux, et au premier coup d’œil, j’aurais estimé l’ouvrage à 6-7 €, donc j’étais à côté de la plaque. Nous sommes à l’évidence dans les prix de base, même si pour moi, quel que soit le sujet ou le genre, je trouve cela un peu cher.

L’auteur n’y est pas pour grand-chose, et une fois passé l’extérieur, concentrons-nous sur l’intérieur. Sahali va passer au crible des idées reçues, avec le but de rétablir quelque peu la vérité, car toutes ne sont pas mensongères. Ainsi, le livre se divise en quatre parties, chacune explorant diverses questions, phrases telles que :  « Les séries TV sont à la mode », « Les séries télé sont interminables », « Les séries, c’est moins bien que le cinéma », ou encore « Les meilleures séries sont sur le câble », en passant par « Les séries télé nuisent à la jeunesse ». En moyenne, cinq pages sont consacrés à l’idée reçue, ce qui force à devoir aller droit au  but. Clair et concis, mais au fond, empêchant le développement, d’aller plus en profondeur, et laissant obligatoirement de côté des données, parfois plus qu’essentielles, à la compréhension du phénomène.

Si j’avais pris des notes pendant ma lecture, ce texte ferait sûrement dix pages, vu qu’au cours des premières idées reçues évoquées, un énorme sentiment de frustration était présent. Dans l’introduction, Sahali écrit : « Pour alimenter les débats, cerner les enjeux et dresser quelques pistes de réflexion que l’on espère utiles à l’amateur comme au profane. » J’imagine qu’il doit y avoir plusieurs degrés à l’amateurisme, car fort est de constater que les séries anglaises sont négligées. Je comprends parfaitement le point de vue de l’auteur, beaucoup d’idées reçues sont basées sur un comparatif avec l’Amérique, et de cela, je n’ai pas de reproches à formuler, mais quand il laisse supposer que l’évolution française est en partie due à celle – créative, j’entends bien – qui a eu lieu aux States, en citant Engrenages et Mafiosa, c’est être quelque peu à côté de la plaque. L’exemple de Clara Sheller est bon, je me rappelle que le scénariste expliquait être un spectateur de séries à la Six Feet Under et que cela a joué dans l’aspect narratif. Seulement, dans le cas de Canal +, c’est la révolution BBC, avec Spooks qui a entrainé les productions. Nous sommes aujourd’hui un mixte entre les US et l’UK, mais que cela soit dans notre rythme de diffusion ou dans le nombre d’épisodes produits, en passant par la durée, nous sommes plus proches de la conception anglaise. En glisser quelques mots aurait été la moindre des choses.

Quelque chose d’autre m’a aussi pas mal marqué, c’est la partie sur les acteurs allant du grand au petit écran, osant citer Glenn Close, en considérant que sa carrière cinématographique était « quelque peu en berne » et que c’est pour cette raison qu’elle se retrouve dans les séries télévisées. A l’époque de The Shield, il s’agissait d’un pur évènement. La carrière de Glenn Close n’en avait pas besoin, et c’était une surprise pour elle-même. Mais, elle n’est pas allé jouer dans un show de network, non, seulement dans une des productions les plus côtés de l’histoire de la série tv. Pour ensuite enchainer sur Damages, dans un rôle qui n’a été conçu que pour elle et elle seule. Toujours sur FX, le câble.

Ce sont donc deux exemples, mais beaucoup d’autres choses m’ont dérangée, tout particulièrement dans la première partie de l’ouvrage. Au moins, oui, le livre peut alimenter le débat, j’imagine.

J’ai aussi noté énormément de parallèles effectués avec le cinéma, et tout ce que je peux en dire, c’est que finalement, ironiquement, ce livre contient beaucoup d’idées reçues sur le grand écran. C’est un peu dommage, surtout que parfois, cela donne réellement l’impression que la série télévisée reste inférieure, malgré une volonté de démontrer le contraire.

Les séries TV ne possèdent pas que des aspects négatifs, quand même, loin de là. D’abord, l’auteur écrit plutôt bien, et a un style fluide, quoi que qu’un petit peu lassant sur la longueur. Même en s’y connaissant, on peut y apprendre des choses, Sahali est un journaliste qui a su assez habilement mélanger les séries américaines et françaises pour illustrer ses sujets, et si certains points abordés sont plus que familiers, ce livre peut au moins faire comprendre la vision que certains ont sur l’univers, et apportaient quelques éléments inconnus à notre connaissance.

On notera aussi une petite partie très consensuelle sur le téléchargement dont on aurait pu se passer (et assez peu consciente des réalités en la matière), et une faute qui m’apparait impardonnable : Desperate Housewives est écrit Desperate Housewifes. Alors, auteur ou relecteur ? Le titre étant à un moment bien orthographié, j’aime a penser que le second ne maitrise pas très bien la langue de Shakespeare.

Si vous avez envie de vous plonger dans ce livre, vous pouvez vous le procurer sur Amazon.

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CaroleC
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