Titre : La passion de Tony Soprano
Auteur : Emmanuel Burdeau
Éditeur : Capricci
Nb de pages : 104
Date de publication : 26 novembre 2010
Langue : Français
Prix : 7,95 € (Acheter sur Amazon)

Présentation : Créée en 1999 par David Chase, cette série a été saluée comme le meilleur programme de l’histoire de la télévision. Des livres ont paru, sur la philosophie de Tony Soprano ou sur ses plats préférés, mais il manquait un essai critique sachant répondre à une triple question.  En quoi Les Soprano sont-ils une grande œuvre de notre temps ?  En quoi permettent-ils de comprendre ce qu’est devenue la série télévisée ?  Pourquoi les cinéphiles se tournent-ils de plus en plus vers ce genre ?

Avis

The Sopranos est une série qui est devenue un tel phénomène que l’on n’a pas fini de voir surgir des livres cherchant à l’expliquer, la décortiquer, ou juste à l’étudier pour mieux la comprendre et pour saisir son impact culturel et social. Cela dit, en France, cela n’a pas vraiment été fait.

Les éditions Capricci lancent une nouvelle collection de « poche » nommée Actualité Critique qui se compose d’essais brefs, polémiques, et ancrés dans le présent. Chaque livre développe en une centaine de pages un point de vue fort sur un sujet esthétique ou politique en lien avec le cinéma, nous dit la description officielle. Le premier livre qui ouvre cette collection est donc La passion de Tony Soprano, dont le sujet est évident et qui est écrit par Emmanuel Burdeau, ancien rédacteur en chef des Cahiers du cinéma.

Donc, quand on lit ce qui caractérise la collection et que l’on commence par une série tv, on est en droit de se demander ce que Tony Soprano fait dans tout ça. La réponse est assez simple puisque The Sopranos ne changea pas uniquement l’univers des séries tv, celui du cinéma fut apparemment touché de plein fouet en trouvant un challenger de taille qui montre que les deux formes créatives ne sont plus régies par le même rapport de forces.

Emmanuel Burdeau va donc finir par parler de la relation qui existe entre le cinéma et la série, mais, avant cela, il va également évoquer les grands thèmes qui peuplent le show et comment ceux-ci sont exploités dans la vie de Tony et de ses familles.

Le sujet est très vaste et la forme prise par cet essai fait qu’il ne s’agit par moment que d’une synthèse. Malgré ça, des exemples précis sont choisis pour illustrer les propos de l’auteur et celui-ci apporte une vision personnelle qui trouve, justement, sa source dans sa culture cinématographique. De ce fait, il parait ponctuellement chercher un peu trop à faire des rapprochements, car il est clairement fasciné par le souci du détail dont fait preuve David Chase. Pour ce dernier, d’ailleurs, une mise en avant de ses références est utilisée, mais son bagage professionnel dans l’univers des séries est laissé de côté, malgré le fait qu’il a travaillé sur des shows majeurs auparavant qui lui ont permis d’arriver à The Sopranos.

Cela dit, le texte fait une centaine de pages et le sujet est tellement vaste qu’il fallait se limiter et c’est certainement pour cela que la Mafia apparait être le thème le plus exploré ici. L’approche est intéressante, puisque d’habitude, le crime organisé est surtout employé de façon secondaire pour illustrer la grande thématique de la série : la famille.

Bien que l’angle « série tv » soit quelque peu évité et que tous les points abordés dans le texte n’ont pas tous une grande pertinence à cause de leur importance parfois moindre dans The Sopranos, cet essai d’Emmanuel Burdeau mérite d’être lu, car, en plus de contenir des idées intéressantes, il est écrit par un enthousiaste que ne cache pas sa passion et qui donne ainsi naissance à un type de publication dédiée une série tv en particulier qui est rare en langue française.

Le livre La passion de Tony Soprano est disponible à la vente sur Amazon.