Mindhunter : 5 bonnes raisons de (re)découvrir l’excellent thriller de David Fincher sur Netflix

Plus de quatre ans après les débuts tonitruants de House of Cards, David Fincher renoua avec Netflix pour produire un nouveau show. Cette fois, c’est Joe Penhall qui scénariste et cela nous donne Mindhunter, une série policière se basant sur le livre Mind Hunter: Dans la tête d’un profileur écrit par John E. Douglas et Mark Olshaker.

L’histoire nous entraine en 1977 auprès des agents Holden Ford (Jonathan Groff) et Bill Tench (Holt McCallany) du FBI. Ils se lancent dans une étude de l’esprit de meurtriers qui donnera naissance au profilage criminel. Ils se rendent alors dans des prisons où ils interviewent des tueurs pour comprendre comment ils fonctionnent. Rapidement, ils utilisent ce qu’ils apprennent pour stopper d’autres criminels.

1. Une histoire vraie pour une fiction fascinante

Entre l’aspect historique, le sujet et la participation de Fincher, Mindhunter apparait rapidement comme étant une sorte d’extension à l’excellent film Zodiac. Il ne faudrait cependant pas chercher trop de connexions, car derrière son approche esthétique et certaines thématiques, la première saison de la série de Joe Penhall a une histoire à raconter et celle-ci se base du des évènements qui se sont réellement produits, mais reste bien une fiction.

Le scénariste n’a pas changé les noms des agents du FBI sans raison, il est là pour proposer son propre récit et non pour nous offrir la réalité. Certes, celle-ci est souvent palpable, notamment avec l’exploitation de véritables tueurs et des interviews qu’ils ont données, mais il est autant question de se laisser fasciner par eux que par Holden Ford.

2. Holden Ford, un agent pas comme les autres

Introduit comme un jeune agent qui avait beaucoup à apprendre, Ford est intelligent et forcé à suivre une voie professionnelle qui le tient éloigné du travail qu’il rêvait de faire. Il va alors tracer sa propre route, réalisant qu’en comprenant ceux qu’il traque, il pourra mieux les arrêter.

Dès le début, Mindhunter intrigue en employant la curiosité de Ford, mais c’est la transformation de celui-ci qui devient progressivement le moteur de la narration, entrainant la série toujours plus loin des standards de son genre.

3. Un casting d’exception

On peut regretter que Holden Ford soit vraiment le seul à être pleinement développé, en particulier quand on voit le potentiel du Dr. Wendy Carr (Anna Torv), psychologue qui supervise l’étude pour le FBI. Néanmoins, le casting de Mindhunter ne possède pas un maillon faible.

Vétéran du petit et du grand écran, Holt McCallany livre avec l’agent Bill Tench — le partenaire de Ford — un des meilleures performances de sa carrière. Anna Torv qui n’a plus rien à prouver depuis Fringe parvient malgré tout à surprendre. Enfin, Cameron Britton dans la peau du tueur en série Ed Kemper domine chacune de ses scènes, se révélant être à la fois d’une étonnante douceur et terriblement terrifiant. Kemper est le premier tueur interviewé par Ford et Tench, et il pose le ton de toute la série.

4. Une thriller psychologique qui a des choses à dire

Le pitch de départ aurait pu donner naissance à un procedural drama policier générique. D’ailleurs, nous nous en approchons à l’occasion quand les agents du FBI vont sur le terrain pour tester leurs théories, mais la série est surtout un thriller psychologique qui se focalise sur l’impact de la violence et de son étude.

En explorant ce qui a mis les tueurs sur la voie qu’ils ont suivie, Mindhunter pose donc Ford sur une route qui est également sinueuse et transformatrice. On pourrait voir alors un argument pour démontrer que nos monstres sont autant le fruit de la société qui leur a donné le jour que cette dernière est le résultat de leurs actions.

Là où certaines séries se focalisent sur la traque des tueurs, Mindhunter cherche à prendre le problème dans l’autre sens. En dix épisodes, on est confronté à la psychologie d’hommes malades et on constate leur impact sur ceux qui veulent les comprendre pour mieux pouvoir les stopper.

5. La touche David Fincher

Alors que certains réalisateurs de renom venant du milieu du cinéma se contentent de réaliser un pilote et de poser leur nom sur une série en tant que producteurs, David Fincher fait plus que ça avec Mindhunter, et ce n’est pas sans conséquence.

Le réalisateur met en scène la moitié de la saison, imposant son style parfait pour le genre dès les premières images et menant le récit à sa conclusion avec le brio qu’on lui connait. Il sait parfaitement comment distiller la tension d’une scène à l’autre et sa maitrise des codes du film noir et de l’esthétique des ‘70s nous mène à un résultat qui fascine autant par le propos que par la forme. On est ainsi d’abord happé dans le récit grâce aux images avant d’être captivé par ce qu’elles disent.


En attendant la seconde saison de Mindhunter, la première se révèle déjà être suffisamment riche et captivante pour mériter d’être fortement recommandée. Elle ne se contente pas d’effleurer son sujet et démontre qu’il y a toujours matière pour faire évoluer un genre qui semble par moment être arrivé à saturation. C’est ainsi une belle réussite créative qui donne à réfléchir.

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