De Mildred Pierce à This is England : Les mini-séries préférées de la rédaction de Critictoo

Il y a encore quelques années, la mini-série semblait destinée à disparaitre. Le format n’était simplement plus populaire, mais cela changea drastiquement et nous n’avons probablement jamais eu autant de mini-séries qu’aujourd’hui.

Depuis les années 70, la télévision américaine nous offre régulièrement des mini-séries ambitieuses et certaines sont d’ailleurs devenues des classiques. Les Anglais exploitaient ce format bien avant cela. Néanmoins, ce n’est pas de cela dont il est question ici, mais si vous voulez en savoir plus sur l’histoire des mini-séries, nous avons un petit article à ce sujet.

Non, aujourd’hui, la rédaction de Critictoo s’est réunie pour vous que chaque membre puisse parler de sa mini-série préférée. Comme vous pourrez le constater, il y en a une qui est un peu plus populaire que les autres et nous avons un penchant pour les mini-séries historiques. Quoi qu’il en soit, voici notre sélection :

Mildred Pierce (Maxime)

On ne naît pas femme, on le devient. On ne naît pas mère, on le devient. Mildred Pierce sait bien tout cela. Todd Haynes (Carol, Wonderstruck) aime ses period dramas et donne avec cette mini-série un joyau made in HBO. L’héroïne éponyme est une femme divorçant lors de la Grande Dépression et qui doit alors prendre en charge ses deux filles, dont l’une se révèlera être plus difficile que prévu. Cette force de la nature, magistralement interprétée par Kate Winslet, va tenter de faire de sa passion, la cuisine, un business qui va être aussi florissant que sa vie sentimentale et familiale va être chaotique. En cinq épisodes, Mildred Pierce peint une fresque intime et monumentale où le cœur de cette mère surprotectrice va se briser face à la froideur de Veda (Morgan Turner, puis Evan Rachel Wood) et à l’inconstance des hommes de sa vie. Féministe, mais pas revendicatrice, la mini-série est un chef d’œuvre, un mélancolique portrait de mère dépassée, mais aimante, un exemple d’adaptation où chaque pièce est indispensable à l’autre, sans coup de mou, avec une réalisation d’une classe dingue et avec des seconds rôles exquis. Haynes prend son temps, mais le résultat tragique de ce destin de femme en avance sur son temps marque durablement.

Autres mini-séries recommandées : The Lost Room, Angels In America, Black Earth Rising.

The White Queen (Aline)

1464, l’Angleterre est en guerre depuis 9 ans, entre les familles York et Lancaster qui se battent pour la légitimité du trône. Alors qu’Edward est sur le point d’être couronné, il tombe follement amoureux d’Elizabeth, une jeune veuve de la bourgeoisie. À travers elle, on va découvrir les rouages et les coups bas de la Cour, mais surtout la vision des femmes et leur rôle prépondérant dans ces jeux de pouvoir. Le tout est parsemé d’une pointe de magie, comme dans les romans de Philippa Gregory dont The White Queen est l’adaptation.

Portée par un casting de choix (entre autres Max Irons, James Frain, ou encore David Oakes) et une esthétique soignée — tant dans l’image en elle-même que dans les décors et costumes — cette mini série propose à la fois un passionnant cours d’histoire sur les vingt ans du règne d’Edward IV, mais aussi une émouvante histoire d’amour.
Diffusée en 2013 à la fois sur BBC One et Starz, il faudra attendre 2017 pour que la chaîne américaine nous propose The White Princess. Une autre mini série qui raconte l’histoire de Lizzie, fille d’Edward et Elizabeth et promise à Henry Tudor, ennemi de la famille, pour rétablir la paix sur le Royaume. L’histoire devrait d’ailleurs être bientôt poursuivie, avec The Spanish Princess, qui portera sur la jeune Catherine d’Aragon.

Autres mini-séries recommandées : And then there were none, Fleming the man who would be Bond, Godless, London Spy, War and Peace

The Astronaut Wives Club (Ilona)

En pleine Guerre froide, les Hommes ont décidé qu’il était temps d’aller flirter avec les étoiles. Les astronautes sont alors hissés au rang de nouveaux héros, porteurs des espoirs de toute une nation. Qu’en est-il de celles qui partagent la vie de ces grands hommes et qui les accompagnent vers les étoiles, les pieds cloués au sol ? The Astronaut Wives Club créée par Stephanie Savage (Gossip Girl) et adaptée du roman de Lily Koppel s’intéresse au quotidien des épouses des « Mercury Seven », des programmes Mercury à Apollo. Ce qui commence comme un soap gentillet montre très vite bien plus d’ambition. Très ancrée dans son époque, la série revient sur la condition de la femme dans les années 60s d’une Amérique encore divisée, marquée par la ségrégation raciale et la propagande politique. Bien loin d’un pseudo-documentaire historique, The Astronaut Wives Club s’autorise quelques digressions et s’attaque à des problématiques bien actuelles, telles que les retombées de la célébrité, le besoin d’icônes ou encore les difficultés de la vie de couple. Servie par un casting impeccable et une réalisation soignée, cette minisérie est aussi un véritable plaisir pour les yeux. Le temps de dix épisodes, on pleure, on rit et on évolue avec ces femmes, profondément humaines et touchantes, le tout en étoffant sa culture générale ! Que demander de plus ?

Autres mini-séries recommandées : Ascension, Top of the Lake, The Lost Room.

Mildred Pierce (Thibaut)

Avec Mildred Pierce, Todd Haynes épouse les contours du mélodrame très en vogue dans les années 40 et 50 à Hollywood. Mais, loin d’être un cinéaste du passéiste, il puise dans ce portrait de femme une sorte de miroir de notre société actuelle. Mildred (Kate Winslet, subjuguante), abandonnée par son époux se voit forcée de s’émanciper au sein d’une Amérique puritaine dominée par le patriarcat. Dans le même temps, la minisérie fait progresser un second niveau de lecture, dans cette volonté de s’élever dans la société se cache une honte pour Mildred d’être ce qu’elle est. Ce sentiment va prendre la forme de sa fille, Veda se transformant peu en peu en une femme arriviste, ingrate et méprisante qui confronte Mildred à ses propres ambiguïtés. Toute la puissance de Mildred Pierce réside dans sa capacité à être follement féministe tout en exposant les failles de ses femmes, il déploie ainsi la dureté d’une société qu’on pourrait croire révolue, mais résonne pourtant encore et toujours.

Autres mini-séries recommandées : Angels In America, Maniac, London Spy.

La Saga This is England (Carole)

C’est l’histoire d’une bande d’amis durant l’ère Thatcher. En premier lieu, This is England est au sujet de la culture skinheads et de ce qui entraina sa division dans le film au titre éponyme. Son créateur Shane Meadows poursuivit l’exploration de cette période et du destin de ce groupe à travers 4 mini-séries pour retracer leur évolution dans un pays en pleine récession, entre les différents mouvements culturels, l’oppression et les traumatismes personnels.

Au total, trois mini-séries — chacune de 4 épisodes — qui nous offre des portraits humains bouleversants où la joie et la tragédie ne cesse de s’entremêler. Qu’importe la mini-série, This is England est une œuvre que l’on regarde avec un paquet de mouchoirs, car elle prend aux tripes comme aucune autre. Viscérale et poignante, elle n’en est pas non plus dénuée d’une bonne humeur palpable et d’un sentiment d’espoir qui réchauffe le cœur. Avec elles, on traverse le meilleur et le pire et l’on en ressort grandi — qu’importe ce que les politiciens et autres puissants mettent sur notre route. Une œuvre majeure de la télévision britannique, un incontournable qui vous brise le cœur pour mieux recoller les morceaux et laisser des marques.

Autres mini-séries recommandées : John Adams, Jonathan Strange & Mr Norrell, Orgueil & Préjugés, Wolf Hall, Olive Kitteridge, A Very England Scandal.

John Adams (Fabien)

Depuis Band of Brothers, HBO s’est fait une réputation solide avec ses mini-séries de luxe et cela a atteint un sommet avec John Adams, une fresque historique épique sur la naissance des États-Unis à travers le périple de l’un de ses pères fondateurs qui deviendra le second Président. C’est ainsi le portrait d’un homme compliqué et intransigeant, de sa femme qui le guida vers le succès et du pays qu’il aida à créer. C’est une leçon d’histoire (basée sur une biographie célébrée) qui passionne tout en éduquant, et qui se montre à la fois personnelle, émotionnelle et universelle. C’est aussi une belle démonstration du talent de Paul Giamatti et de Laura Linney, le tout au cœur de la reconstitution de toute beauté d’une époque mouvementée. Concrètement, John Adams est un grand moment de télévision qui a su allier à la perfection tout ce que l’on attend d’une série de qualité, des personnages humains, une histoire intelligente et des enjeux dans lesquels on peut s’investir. Ce n’est pas pour rien qu’elle est la mini-série la plus récompensée de l’histoire des Emmy Awards.

Autres mini-séries recommandées : Battlestar Galactica (2003), Dune, Going Postal, The Honourable Woman, The Looming Tower.

 

Et vous, quelle est votre mini-série préférée ?

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