Séries juridiques : Explorer la loi américaine, de Perry Mason à The Good Wife

Depuis 1957, la série judiciaire occupe une place importante au sein des grilles de programmation des chaînes américaines. Il faut dire que le genre a toujours était populaire aux États-Unis et a permis l’émergence de showrunners talentueux comme Dick Wolf et David E.Kelley pour ne citer qu’eux.

Avec une assez grande liberté de ton, ces scénaristes de toutes époques confondues ont pu évoquer de véritables sujets de société tels que le droit à l’avortement, le mariage pour tous, la peine de mort, la torture ou encore la limitation des armes à feu. Ils ont ainsi fait de ces séries d’authentiques plaidoyers à visée politique.

Au travers de ce dossier, je vous propose de revenir sur les œuvres incontournables du genre, mais aussi, sur celles — qui si elles n’ont pas duré longtemps — ont participé a ces plus de 60 ans d’histoire de télévision américaine.

De 1957 à 1972 – Les débuts de la série judiciaire

1957-1972. La période marque l’apparition d’un des personnages incontournables du genre, l’avocat Perry Mason. Mais aussi les débuts de la série, The Defenders, l’une des premières à avoir dépassé le statut de simple divertissement.

Perry Mason (1957-1966)

Basée sur : les romans de Erle Stanley Gardner
Créateur : Erle Stanley Gardner
Casting : Raymond Burr, Barbara Hale, William Hopper, Ray Collins, William Talman, Don Anderson.
Chaîne : CBS (en France d’abord sur Télé Monte-Carlo dans les années 1960 puis sur TV Breizh en 2005)
Nombre de saisons : 9
Nombre d’épisodes : 271
Diffusion : 21 septembre 1957 – 22 mai 1966

L’histoire : Avocat de renom exerçant à Los Angeles, Perry Mason parvient à toujours gagner, avec l’aide de son équipe, de nombreux procès.

Basée sur des livres de l’avocat/auteur Erle Stanley Gardner et prenant le relai de la série radiophonique éponyme, la série Perry Mason doit en grande partie sa notoriété à Raymond Burr, acteur mythique incarnant cet avocat à l’éloquence parfaite — il endossa le rôle durant ces 271 épisodes. Mais surtout, les critiques soulignent l’excellence de l’écriture, tout particulièrement les monologues du personnage de Raymond Burr. Considérée comme l’une des meilleures séries de l’époque, elle se détache des autres productions grâce à sa structure scénaristique.

La plupart des épisodes nous font suivre l’enquête et le procès avec le plaidoyer final qui, en règle générale, aboutit à la victoire de Perry Mason. Si le modèle est efficace, il se heurte à un certain effet de répétition. Il est vrai que les scènes au tribunal sont souvent similaires, Perry Mason va déstabiliser les témoins et faire avouer le coupable.

Et ensuite ? Le personnage de Perry Mason reviendra deux fois à la télévision. En 1985, pour 26 téléfilms de 90 minutes toujours sur CBS et en France sur TF1 (une version d’ailleurs bien plus connue que l’originale) — mais aussi en 1973, mais cette fois-ci sans Raymond Burr (à cause des tournages de L’homme de fer). Dans cette nouvelle version intitulée The New Perry Mason c’est Monte Markham qui reprend le rôle avec à la clé une annulation au bout de seulement 15 épisodes.

Récemment, c’est HBO qui travaillerait sur un remake avec aux commandes Nic Pizzolatto (True Detective) et, dans le rôle-titre, Robert Downey Jr.

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The Defenders (1961-1965)

Créateur : Reginald Rose
Casting : E.G. Marshall, Robert Reed, se rajoute a cela de nombreuses guest stars dont Lee Grant, William Shatner, Martin Sheen, Dustin Hoffman, Robert Redford…
Chaîne : CBS (diffusée sous le titre Les Accusés sur Antenne 2)
Nombre de saisons : 4
Nombre d’épisodes : 132
Diffusion : 16 septembre 1961 – 9 septembre 1965

L’histoire : Kenneth Preston vient de finir ses études et rejoint son père, Lawrence Preston en tant qu’avocat pour l’aider dans des affaires souvent complexes.

The Defenders est considérée comme l’une des plus importantes séries ayant été diffusées sur un network américain. Le créateur Reginald Rose (scénariste de Douze hommes en colère) a toujours clamé que le droit était le thème central du show contrairement à Perry Mason qui finissait par résoudre le crime dont était accusé son client.

Mais surtout, The Defenders a poussé son spectateur à réfléchir sur des sujets de sociétés éminemment controversés. C’est ainsi que la série a pu se concentrer sur la peine de mort, la liste noire d’Hollywood (qui interdisait les studios a embauché certaines personnes), la Guerre Foirde, l’immigration ou encore ce que les Américains appellent « The fruit of the poisonous tree doctrine » – une métaphore pour évoquer des preuves obtenues illégalement.

En 1962, l’épisode « The Benefactor » provoque un véritable choc. En effet, le père et le fils doivent défendre le droit à l’avortement. Certaines publicitaires retirent leurs spots de l’antenne durant la diffusion de cet épisode qui entre dans la catégorie des épisodes les plus controversés de la série et est d’ailleurs évoqué dans la saison 2 de Mad Men.

Et ensuite ? En 1997, Showtime diffuse un téléfilm qui voit E.G Marshall reprendre son rôle avec cette fois-ci, Beau Bridges qui incarnent son second fils, Don Preston et Martha Plimpton qui est la petite fille de Lawrence Preston. La production est stoppée après la mort de E.G Marshall le 24 août 1998.

The Bold Ones : The Lawyers (1968–1972)

Créateur : Roy Huggins
Casting : Burl Ives, Joseph Campanella, James Farentino
Chaîne : NBC (aucune diffusion française)
Nombre de saisons : 3
Nombre d’épisodes : 29
Diffusion : 10 décembre 1968 – 13 février 1972

L’histoire : Walter Nichols (Burl Ives) est un avocat respecté qui embauche deux frères avocats, Brian (Joseph Campanella) et Neil Darrell (James Farentino), pour l’aider dans les différentes affaires qu’il accepte.

La série s’inscrit dans une franchise du nom de The Bold Ones. On y retrouve 3 autres shows : The New Doctors, The Protectors et The Senator. Si The New Doctors a droit à une diffusion toutes les semaines de 1969 à 1973, les trois autres, dont The Lawyers, étaient diffusées toutes les trois semaines.

Cependant, The Lawyers avait à cœur de raconter des histoires vraies glanées dans les divers journaux américains. Comme prolongement de cette volonté de réalisme, la série utilisait lors des scènes au tribunal des techniques propres au documentaire. Cela permit de créer une véritable tension dramatique pour le spectateur.

Dotée de trois saisons, la série a tout de même récolté 2 Emmys Awards (meilleure réalisation et meilleure musique).

Lors de la saison 1970-71, les networks se lancèrent à la conquête du jeune public urbain avec des séries touchant à des sujets sociaux contemporains et plus risqués. Cela aboutit à de nombreux échecs. The Young Lawyers et Storefront Lawyers étaient célébrées pour leurs qualités — la première en particulier —, mais elles n’ont donc pas trouvé le succès et furent annulées après une saison.

De 1984 à 1990 – L’éclatement du genre

1984-1990. Une période bien courte qui montre l’éclatement du genre a cette époque : entre la très conservatrice Matlock, l’hilarante Night Court et la soapesque La Loi de Los Angeles.

Night Court (1984-1992)

Créateur : Reinhold Weege
Casting : Harry Anderson, John Larroquette, Richard Moll, Charles Robinson, Markie Post, Marsha Warfield…
Chaîne : NBC (TF1 en France)
Nombre de saisons : 9
Nombre d’épisodes : 193
Diffusion : 4 janvier 1984 – 31 mai 1992

L’histoire : Un jeune juge excentrique préside un tribunal de nuit à Manhattan.

Night Court a lentement changé de ton au fils de ses saisons. Initialement, cette comédie abordait le droit de façon plutôt terre à terre, le Time Magazine avait d’ailleurs souligné que Night Court était l’un des shows les plus réalistes de la télévision. Progressivement les scénaristes se sont essayés à un humour plus surréaliste avec des personnages plus « cartoonesque« . À partir de la saison 4, la sitcom ne s’interdit plus rien pour faire rire aux éclats des millions d’Américains.

Le secret de Night Court réside clairement dans son casting, avec notamment John Larroquette qui incarne le personnage le plus culte de la sitcom, Dan Fielding. Ce procureur narcissique et obsédé sexuel n’hésite pas à engager des dominatrices pour assouvir toutes ses envies. Ce rôle lui vaudra de remporter 4 Emmys Awards en tant que meilleur acteur secondaire dans une comédie. NBC a par ailleurs songé a un spin-off centré sur ce personnage, mais Larroquette a refusé cette opportunité.

Matlock (1986-1995)

Créateur : Dean Hargrove
Casting : Andy Griffith, Linda Purl, Kene Holliday, Nancy Stafford, Kari Lizer, Julie Sommars, Clarence Gilyard Jr.
Chaîne : NBC entre 1986 et 1992 puis sur ABC entre 1992 et 1995 (La Cinq en France)
Nombre de saisons : 9
Nombre d’épisodes : 194
Diffusion : 3 mars 1986 – 7 mai 1995

L’histoire : Ben Matlock est un avocat brillant et très cher (100 000 $ par affaire). Pour autant lorsqu’une personne l’engage il défend avec vigueur son client pour gagner n’importe quel procès.

S’inscrivant dans la lignée de Perry Mason, le personnage de Matlock est prêt à tout pour prouver l’innocence de son client. Il va d’ailleurs bien souvent résoudre le crime en allant sur les lieux de l’homicide. De ce point de vue, la création de Dan Hargrove peut par moment lorgner vers le genre policier.

Néanmoins, Matlock est plutôt conservatrice, ce qui la démarque radicalement de La Loi de Los Angeles lancé la même année sur NBC. Mais le public âgé s’attache à ce personnage lui permettant de revenir saison après saison.

Et ensuite ? Andy Griffith reprend son rôle de Ben Matlock dans un épisode en deux parties de la série Diagnostic : Meurtre avec l’acteur Dick Van Dyke (spin-off de La loi est la loi, elle-même vaguement dérivée de Matlock).

La loi de Los Angeles (1986-1994)

Créateur : Steven Bochco et Terry Louise Fisher
Casting : Harry Hamlin, Susan Dey, Corbin Bernsen, Jill Eikenberry, Alan Rachins, Michele Greene, Jimmy Smits, Michael Tucker, Susan Ruttan, Richard Dysart, Balir Underwood
Chaine : NBC (les épisodes 1 à 62 ont été diffusés sur La Cinq, l’épisode 63 sur TF1 puis le reste de la série sur Teva)
Nombre de saisons : 8
Nombre d’épisodes : 171
Diffusion : 15 septembre 1986 – 19 mai 1994

L’histoire : Le cabinet d’avocats McKenzie, Brackman, Chaney et Kuzak (MBCK) est l’un des plus célèbres de Los Angeles. Il n’hésite pas à défendre une affaire même des plus difficiles…

La loi de Los Angeles fait figure de série classique aujourd’hui, ayant obtenu pas moins de 15 Emmys Awards tout au long de ces 8 saisons. La série de Steven Bochco et Terry Louise Fisher a par ailleurs créé bon nombre de vocations chez les jeunes Américains. À travers un large casting, les scénaristes ont eu à cœur de proposer des intrigues sur les sujets sociétaux de l’époque : la montée du SIDA, l’avortement, le harcèlement sexuel, les violences domestiques ou encore les droits des homosexuels.

De toutes les séries citées jusqu’ici, La Loi de Los Angeles est certainement, la plus « soap« . Elle accorde en effet une place assez importante à la vie privée des protagonistes et s’emploie à user d’effet dramatique afin de secouer le spectateur pour le faire revenir semaine après semaine.

À noter que la série marquera les débuts, en tant que scénariste, de David E. Kelley que l’on retrouvera un peu plus loin dans ce dossier.

En 2002, une grande partie du casting de la série se retrouve au sein d’un téléfilm, L.A. Law: The Movie.

De 1990 à 2000 – Le règne des maîtres du genre

1990–2000. On pourrait même pousser encore cette date de fin d’une époque tellement Dick Wolf est l’un visage incontournable du genre judiciaire. Mais n’oublions pas le (malheureusement) court retour de Steven Bochco à la tête de Murder One.

New York, police judiciaire (1990–2010)

Créateur : Dick Wolf
Casting : Sam Waterston, Chris North, Jerry Orbach, Jesse L. Martin, S.Epatha Merkenson, Michael Moriarty, Steven Hill, Dann Florek, Fred Thompson…
Chaîne : NBC (en France c’est d’abord France 3 puis TF1 qui diffuseront la série)
Nombre de saisons : 20
Nombre d’épisodes : 456
Diffusion : 13 septembre 1990 – 24 mai 2010

L’histoire : « Dans le système pénal américain, le ministère public est représenté par deux groupes distincts, mais d’égale importance : la police, qui enquête sur les crimes, et le procureur, qui poursuit les criminels. Voici leurs histoires. »

Tout le monde est déjà tombé au moins une fois sur ce prologue anxiogène qui plonge immédiatement dans le style Dick Wolf. La structure de New York, police judiciaire (aka New York District) est d’une efficacité redoutable. En effet, rarement une série n’aura autant su pérenniser une formule qui aurait pu apparaître redondante.

Ainsi, chaque épisode commence par la lecture du prologue. Par la suite, on découvre la ou les victimes d’un meurtre (ou tentative de meurtre) permettant de présenter les premiers éléments que possède la police. Le générique sert de transition pour introduire la seconde partie consacrée à l’enquête des forces de l’ordre, avec l’arrestation d’un ou plusieurs suspects. La troisième partie quant à elle se déroule au sein du tribunal avec les avocats et juges.

Une mécanique implacable, qui reprend la formule instaurée par Perry Mason, celle de l’enquête et du procès.

La franchise Law & Order

La série de Dick Wolf a connu bon nombre de dérivées avec New York : Unité spéciale (toujours en cours de diffusion), New York, section criminelle, New York : Cour de justice, Conviction, Londres:police judiciaire, Paris : enquêtes criminelles ou encore Los Angeles, police judiciaire.

Depuis 2013, Wolf s’est concentré sur le lancement d’une autre franchise centré sur la ville de Chicago avec Chicago Fire, Med, PD et la toute nouvelle, Chicago Justice. Cette dernière marque le retour du scénariste dans le genre judiciaire avec comme principal protagoniste le fils de Ben Stone (Michael Moriarty), assistant du procureur durant les 4 première saisons de New York, police judiciaire. D’autres personnages de cette série feront d’ailleurs leur retour dans Chicago Justice.

Murder One (1995-1997)

Créateur : Steven Bochco, Charles H. Eglee et Channing Gibson
Casting : Daniel Benzali, Anthony LaPaglia, Mary McCormack, Michael Hayden, Grace Phlips, J.C. MacKenzie, Stanley Tucci…
Chaîne : ABC (M6 en France)
Nombre de saisons : 2
Nombre d’épisodes : 41
Diffusion : 19 septembre 1995 – 29 mai 1997

L’histoire : Jessica Costello, une adolescente de 15 est assassinée à Hollywood. L’affaire fait la une de la presse, une équipe d’avocats amenée par Ted Hoddman va tenter de faire la lumière sur ce meurtre.

Au point de départ, l’une des premières spécificités de Murder One était de développer son intrigue judiciaire tout au long de sa saison. La première s’attarde ainsi sur l’assassinat de Jessica Costello. Par contre, la seconde brisera le format et se penchera sur pas moins de 3 affaires.

Murder One se propose de s’immiscer dans les coulisses d’une affaire judiciaire qui se joue aussi à travers l’emballement de la médiasphère. Indéniablement, le créateur Steven Bochco évoque en filigrane le procès O.J. Simpson, ultra médiatisé qui aura droit bien plus tard à sa propre adaptation télévisuelle dans American Crime Story.

Après une saison 1 qui a tenu en haleine bon nombre de spectateurs américains. La saison 2 doit faire face au départ de Daniel Benzali (Ted Hoffman) remplacé par Anthony LaPaglia. Malheureusement, la série n’arrive pas à susciter l’intérêt du public et finit par être annulée.

De 1997 à 2004 – L’ère David E. Kelley : entre réalisme et folie douce

1997-2004. Si la période empiète sur celle précédemment citée, je ne pouvais pas passer à côté de David E. Kelley. Depuis ses débuts dans La Loi de Los Angeles, ce scénariste a fait un bon bout de chemin en marquant la télévision des années 2000 avec notamment The Practice et Ally McBeal.

The Practice (1997-2004)

Créateur : David E. Kelley
Casting : Dylan McDermott, Steve Harris, Michael Badalucco, Kelli Williams, Camryn Manheim, Lisa Gay Hamilton, Lara Flynn Boyle, James Spader…
Chaîne : ABC (en France Série Club et puis Jimmy)
Nombre de saisons : 8
Nombre d’épisodes : 167
Diffusion : 4 mars 1997 – 16 mai 2004

L’histoire : Le cabinet Donnell & Associés est en proie à des difficultés financières poussant chaque avocat à accepter toutes les affaires même si ces dernières sont à l’opposé de leurs convictions.

Lors de son expérience sur La Loi de Los Angeles, David E. Kelley avait trouvé le ton des scénarios trop « glamour » ce qui dénaturait la réalité du métier. The Practice est née de cette envie d’apporter du sérieux à la série judiciaire. Unanimement saluée par la critique, la série va peu à peu séduire le public américain.

Dès ses débuts, The Practice tient à traiter des sujets forts tels que le meurtre, les agressions ou même le viol. Des thématiques que le créateur, ancien avocat, va inclure dans des arcs de plusieurs épisodes. En effet, si la structure de la série est généralement procédurale (un épisode = une affaire), à partir de la seconde saison, les scénaristes vont se permettre de traiter certaines affaires en plusieurs parties, aboutissant à des intrigues plus complexes.

Le spin-off : Introduit lors de l’ultime saison du show, l’avocat Alan Shore (James Spader) va avoir droit à un spin off centré sur son personnage. La série, intitulée Boston Justice, s’éloigne du ton de The Practice pour adopter celui d’un Ally McBeal bis. Cependant, Boston Justice développe ses propres gimmicks avec notamment le fait que les protagonistes s’adressent directement aux spectateurs en ayant conscience d’être des personnages de fiction.

Ally McBeal (1997-2002)

Créateur : David E. Kelley
Casting : Calista Flockhart, Greg Germann, Jane Krakowski, Peter McNicol, Lisa Nicole Carson, Portia De Rossi, Lucy Liu…
Chaîne : FOX (en France M6)
Nombre de saisons : 5
Nombre d’épisodes : 112
Diffusion : 8 septembre 1997 – 20 mai 2002

L’histoire : Les tribulations amoureuses et professionnelles d’une avocate (Ally McBeal) a l’imagination débordante au sein d’un cabinet quelque peu déluré.

Lancée quelques mois après The PracticeAlly McBeal est son opposée. Loin du ton sérieux de la série d’ABC, David E. Kelley s’offre une nouvelle production à l’humour omniprésent. Les affaires traitées par le cabinet Cage & Fish sont le plus souvent loufoques, mais parfois représentatives de certains conflits sociaux (comme lorsqu’une présentatrice télé est virée, car jugée trop vieille).

Le plus important au sein de la série, c’est bien sur Ally (Calista Flockhart). Elle est une trentenaire célibataire qui multiplie les délires en tout genre. C’est d’ailleurs ce qui va apporter toute la singularité de cet univers. Dans Ally McBeal, tous les fantasmes du personnage prennent vie devant nous, comme lorsqu’elle imagine la tête de sa secrétaire gonfler comme un ballon.

Néanmoins, il ne faut pas oublier que le show de David E. Kelley donne énormément d’importance à la vie sentimentale de ses personnages. Bien souvent, au sein du cabinet, la frontière entre sphère professionnelle et privée éclate, apportant une singularité de ton propre a la plupart des productions du showrunner.

Durant cette période, la seule autre série judiciaire hors-Law & Order a avoir trouvé un véritable succès est JAG qui suivait des avocats militaires. Aujourd’hui, on se souvient d’elle parce qu’elle donna le jour à la franchise NCIS. Elle dura tout de même 10 saisons (227 épisodes).

De 2007 à 2016 – La série judiciaire se conjugue au féminin

2007-2016. Définitivement, la série judiciaire mute, désormais le genre se conjugue au féminin avec notamment Damages et The Good Wife, deux portraits de femmes tout en nuances et complexité !

Damages (2007-2012)

Créateurs : Todd A.Kessler, Glenn Kessler et Daniel Zelman
Casting : Glenn Close, Rose Byrne, Ted Danson, Noah Bean, Tate Donovan, Zeljko Ivanek, Anastasia Griffith…
Chaîne : FX (2007-2010) puis Audience Network (2011-2012)
Nombre de saisons : 5
Nombre d’épisodes : 59
Diffusion : 24 juillet 2007 – 12 septembre 2012

L’histoire : Ellen Parsons est une brillante jeune avocate. À sa sortie de l’école, elle est embauchée par la plus célèbre des avocates, Patty Hewes. Cette collaboration va mener les deux femmes dans des situations bien délicates.

Damages va exposer cinq affaires différentes (une pour chaque saison) au cours desquelles Patty Hewes (Glenn Close), femme aussi charismatique qu’inquiétante, représente une nouvelle partie qui est soutenue ou combattue par Ellen Parsons (Rose Byrne).

La spécificité de la série se trouve être sa narration. Tout démarre par un flashforward qui happe le spectateur avant de revenir « 6 mois en arrière » pour essayer de comprendre comment tout cela a pu se produire. Les affaires sont toutes les variantes de grands scandales judiciaires qui ont émaillé les années 2000 : le scandale Enron de 2001 (saison 1), le système Bernie Madoff (saison 2) ou même la création de WikiLeak (saison 5).

Bien entendu la série vaut le détour pour Glenn Close, qui trouve ici l’un de ces rôles les plus complexes et donc fascinant. Mais soulignons tout de même la performance de Rose Byrne qui gagne en intensité au fur et à mesure que le show avance et permet ainsi à Damages de s’imposer comme une série judiciaire forte et ingénieuse, mais aussi comme un drame humain saisissant.

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The Good Wife (2009–2016)

Créateurs : Robert et Michelle King
Casting : Julianna Margulies, Christine Baranski, Alan Cumming, Matt Csuchry, Josh Charles, Archie Panjabi…
Chaîne : CBS (en France M6 puis Teva)
Nombre de saisons : 7
Nombre d’épisodes : 156
Diffusion : 22 septembre 2009 – 8 mai 2016

L’histoire : Après un scandale mêlant sexe et corruption, le procureur de Chicago, Peter Florrick (Chris Noth) se retrouve en prison. Sa femme, Alicia (Julianna Margulies) se fait alors engager en tant qu’avocate dans le cabinet d’un de ses anciens amis. Très vite elle doit faire ses preuves et tenter de faire oublier la réputation de son mari.

The Good Wife est une œuvre multiple qui n’a eu de cesse de se réinventer. Durant 7 saisons, les scénaristes explorent les recoins de l’appareil législatif américain, contrairement à beaucoup de séries, The Good Wife n’a que peu de fois traité d’affaires de meurtres. On préfère y parler de domaines tels que le droit financier, droit des entreprises ou même militaire.

Les créateurs du show tiennent à offrir une large représentation de la pratique du droit, tout en entremêlant le destin politique de Peter Florrick. Réel tour de force, les King imposent leur série comme une référence aussi bien dans le genre judiciaire que politique.

Pourtant, et peut-être avant tout, The Good Wife est le portrait d’une femme. Alicia Florrick va durant 7 saisons connaître une véritable renaissance, affrontant le scandale, s’épanouissant dans sa vie professionnelle tout en mettant en doute ses propres choix intimes.

Pour l’anecdote, Julianna Margulies est presque passée à côté du rôle, car elle sortait de Canterbury’s Law dans laquelle elle jouait une avocate prête à tout. Malgré la qualité, elle fut rapidement annulée.

Le spin-off : Christine Baranski qui interprète Diane Lockhart, patronne d’Alicia Florrick, prend le relais au sein d’un spin-off intitulé The Good Fight. Pour l’instant, il est encore tôt pour donner un avis d’ensemble de cette nouvelle série, mais les premiers épisodes semblent confirmer le talent de Robert et Michelle King pour le genre.

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En 2011, David E.Kelley revient à la série judiciaire avec également une figure féminine en son centre dans Harry’s Law (La loi selon Harry en français). L’histoire suit ainsi un groupe d’avocats qui travaille au sein d’un cabinet peu conventionnel mené par Harry (Kathy Bates). Harry’s Law s’inscrit dans la lignée des précédentes créations de E. Kelley avec ces extravagances, mais aussi son sérieux quand la situation l’exige. Si elle est un succès inattendu, elle est annulée au bout de deux saisons, car son public est jugé trop âgé pour la chaîne NBC. Le monde de télé peut être injuste.

Avant lui, c’est Steven Bochco qui avait faire son retour dans la discrète Raising The Bar avec Mark-Paul Gosselaar qui rebondit dans la foulée dans un autre rôle d’avocat dans Franklin and Bash, une dramédie judiciaire à ne pas prendre au sérieux.

Enfin, si les femmes ont été à l’honneur durant cette période, Suits et ses avocats d’affaires se sont tout de même imposés dans une ambiance plus masculine, malgré la présence de Gina Torres qui pourrait bientôt avoir son spin-off.

De 2016 à aujourd’hui – La relève des séries judiciaires est-elle assurée ?

The People v. O. J. Simpson: American Crime Story (2016)

Je prends la liberté d’évoquer cette saison 1 dAmerican Crime Story comme une mini-série étant donné quelle était pensée comme telle.

Créateur : Scott Alexander et Larry Karaszewski
Casting : Cuba Gooding Jr, Sarah Paulson, David Schwimmer, Courtney B. Vance, John Travolta, Sterling K. Brown, Nathan Lane…
Chaîne : FX (Canal + en France)
Nombre de saisons : 1
Nombre d’épisodes : 10
Diffusion : 2 février 2016 — En production

L’histoire : Les tenants et aboutissants de ce que les médias ont appelé le procès du siècle.

Comme je l’ai déjà brièvement évoqué, les poursuites envers O.J. Simpson ont poussé Bochco à créer Murder One. American Crime Story reprend un peu la formule initiée par ce dernier en se penchant sur chaque étape émaillant la procédure judiciaire américaine.

Au-delà du cadre juridique, Scott Alexander et Larry Karaszewski s’attardent sur une époque. Sans juger personne, les scénaristes offrent des points de vue autour d’événements qui ont secoué l’Amérique. Ils dépeignent une Amérique avide de sordide qui se plonge avec un certain plaisir dans les longues retransmissions en direct du procès. S’émancipant des contraintes du genre, la série n’hésite pas à développer des thèmes tels que le racisme, le divorce ou encore le sexisme avec subtilité et talent.

Déjà multi-récompensée, American Crime Story mérite pleinement de figurer dans cette liste malgré le fait qu’elle ne compte pour l’instant qu’une saison — cela dit, les saisons n’entreront pas nécessairement totalement dans le genre.

Goliath (2016-Present)

Créateur : David E. Kelley & Jonathan Shapiro
Casting : Billy Bob Thornton, William Hurt, Olivia Thirlby, Maria Bello, Sarah Wynter, Molly Parker, Britain Dalton…
Chaîne : Amazon Video
Nombre de saisons : 1
Nombre d’épisodes : 8
Diffusion : 14 octobre 2016 — En production

L’histoire : Un avocat tombé en disgrâce accepte de s’occuper d’une affaire qui le place contre la firme qu’il a aidé à créer. Son ancien associé compte bien profiter de cela pour l’anéantir définitivement.

Goliath ne susciterait pas le même intérêt si David E. Kelley n’était pas aux commandes. Renouant avec son thème de prédilection (il sest essayé au genre médical sans réel succès), sa première série pour Amazon est une petite réussite.

Étonnamment, l’affaire dont il est question passe par moment au second plan pour mettre l’accent sur le parcours du personnage de Billy incarné à la perfection par Billy Bob Thornton. Malgré tout, Goliath profite des possibilités de son mode de diffusion (binge watching) en multipliant les rebondissements en fin d’épisode, permettant de garder son spectateur jusque dans un final qui apporte le seul bémol de la nouvelle production de David E. Kelley.

Et ensuite ? Amazon Prime Video a déjà annoncé le renouvellement de sa série pour une seconde saison. Malheureusement, David E. Kelley n’en assumera pas l’écriture, trop occupé sur d’autres projets. C’est Clyde Phillips qui prendra la relève après avoir travaillé notamment sur Dexter et Feed the Beast.

Le mot de la fin

Le genre judiciaire qui pourrait apparaître comme redondant ne manque pas de diversité avec des séries sérieuses, divertissantes ou totalement barrées. Chaque sériephile peut y trouver son compte.

Bien sûr, cette liste n’est pas exhaustive, alors n’hésitez pas à évoquer dans les commentaires les séries qui vont ont le plus marqué. En tout cas, j’espère que ce petit guide vous aura peut-être donné envie de découvrir ou redécouvrir certaines de ces séries.

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