Sherlock : Du meilleur du détective au moins bluffant, le classement par épisode

Le mystère reste encore entier autour d’une saison 5 de Sherlock. Celui-ci le sera tant que BBC n’annoncera pas qu’une suite verra le jour – ce qui pourra arriver dans quelques années ou jamais.

En attendant, Sherlock se sera fait une place de choix dans la pop culture avec seulement 13 épisodes, diffusée entre 2010 et 2017. Offrant une relecture moderne du personnage créé par Sir Arthur Conan Doyle, Sherlock aura obtenu dès ses débuts un succès critique et public indéniable en Angleterre, mais aussi dans le reste du monde (le show a été vendu dans plus de 180 pays).

Après deux premières saisons qui auront su, en général, satisfaire, Sherlock a commencé à diviser de manière bien plus visible à partir de sa troisième saison, et cela s’est poursuivi avec son épisode spécial victorien, puis sa quatrième saison.

En 13 épisodes, on peut dire que les créateurs Steven Moffat et Mark Gatiss – avec le scénariste Stephen Thompson – nous auront donné le meilleur et le pire du fameux consultant.

L’équipe de Critictoo s’est donc réunie pour établir un classement des épisodes, du meilleur de ce que le détective nous a offert au plus désastreux :

A Scandal in Belgravia (2.01)

Avec l’adaptation libre d’Un Scandale en Bohême, Sherlock ouvre sa seconde saison à son apogée. Quand des photos compromettantes menacent le pouvoir britannique, Sherlock et Watson se trouvent pris au cœur d’une conspiration révélant un ennemi de taille.

L’introduction d’Irène Adler, son chantage envers la monarchie et le duel qui s’installe entre cette dernière et le détective privé réjouit, déstabilise et tient en haleine dans l’épisode le plus maîtrisé et brillant de la série. De plus, avec la menace Moriarty en fond, la série agglomère des antagonistes iconiques sans alourdir une enquête palpitante. De la manipulation à son plus haut niveau, un suspense réellement prenant et un Watson en prise avec Internet, A Scandal in Belgravia est une pépite à voir et revoir. — Maxime.

A Study in Pink (1.01)

C’est avec une adaptation très libre de la première aventure de Sherlock Holmes, Une étude en rouge, que la série fit ses débuts. John Watson fait la connaissance du détective et devient son colocataire et partenaire. Les voilà qui enquêtent sur une série de suicides qui seraient en réalité des meurtres déguisés.

C’est une introduction d’une terrible efficacité que nous livre Steven Moffat. Il pose les bases fortes de cette relation Holmes/Watson qui deviendra le cœur de sa relecture de l’œuvre de Conan Doyle. Entre le casting inattendu à l’alchimie évidente, la réalisation de Paul McGuigan et l’énergie du récit, ce pilote est une invitation au divertissement et les gimmicks qu’il pose rendent l’ensemble frais et moderne. Un début prometteur qui posa peut-être un peu trop haut le niveau, car ce dernier ne fut que rarement égalé par la suite, comme ce classement le montre. — Fabien.

The Hounds of Baskerville (2.02)

Libre adaptation du roman Le Chien des Baskerville, cet épisode signé Mark Gatiss profite de voir son héros délocalisé. On quitte Londres pour se rendre dans le Dartmoor où Holmes et Sherlock enquêtent sur une légende locale. En effet, Sherlock est engagé par Henry Knight (Russell Tovey) qui a été traumatisé par la mort de son père qui aurait été tué vingt ans plus tôt par un molosse gigantesque.

L’éloignement de la capitale participe à créer une atmosphère différente qui aide sans contexte l’épisode à marquer les esprits — presque autant que le lapin Bluebell ! Le principal défaut de cet épisode réside dans un scénario manquant de complexité et de retournements de situations, rendant le déroulement trop évident. Cela est habilement compensé par une approche réaliste des peurs modernes à travers l’expérimentation et les secrets gouvernementaux, et le talent de son scénariste pour éviter les stéréotypes trop prononcés, en ont fait un des épisodes de Sherlock les plus marquants et satisfaisants. — Carole.

The Reichenbach Fall (2.03)

Stephen Thompson était clairement inspiré au moment d’écrire cet épisode de Sherlock basé sur Le dernier problème. Après Irène Adler et son voyage dans le Dartmoor, Sherlock doit enfin faire face à Moriarty, son plus brillant ennemi, qui cherche à le discréditer aux yeux du public, jusqu’à le pousser au suicide.

Pour terminer sa saison, Sherlock capitalise un maximum sur ses retournements de situation pour délivrer un des épisodes les plus grisants de la série. Il faut dire que Moriarty est un adversaire de taille qui ne laisse rien au hasard pour surpasser Sherlock. Cependant, l’épisode parvient surtout à jongler avec habileté avec Watson et les personnages secondaires pour capitaliser sur l’aspect humain développé au cours de la saison. Un classique qui, malgré les visionnages, ne perd rien de son ingéniosité. — Cyril.

The Great Game (1.03)

Rien de plus stimulant pour notre duo principal que de devoir résoudre des crimes sous la contrainte du temps et de l’ennemi. Alors que Sherlock s’ennuie, son frère Mycroft et l’inspecteur Lestrade viennent le voir avec deux affaires le mettant à l’épreuve : le meurtre d’un employé du MI6 et une explosion à élucider.

Fourmillant de références à l’univers d’Arthur Conan Doyle, cet épisode de Sherlock exploite du mieux possible le jeu de piste et son rythme effréné pour mener avec délectation à la rencontre entre Sherlock et son grand ennemi Moriarty. Un tetris criminel qui ne laissait augurer que du bon pour leurs futures confrontations. — Maxime.

The Sign of Three (3.02)

Plus jeune, Steven Moffat s’était demandé à quoi pouvait ressembler le mariage du docteur Watson (Doyle n’a jamais écrit les détails de cet événement). Persuadé que Sherlock Holmes avait dû être le témoin, il était convaincu que le détective avait délivré un toast d’anthologie. C’est comme cela qu’est née l’idée de faire du discours de témoin de Sherlock l’épine dorsale d’un épisode.

Véritable one man show mettant à l’honneur le talent de Benedict Cumberbatch, The Sign Of Three est aussi l’épisode qui aura le plus divisé dans l’équipe de Critictoo. Sa construction lui permet de se distinguer des autres épisodes, mais donne également le jour à un rythme erratique. Son angle comique séduit ou irrite, au choix. Pas de doute à avoir sur le fait que l’épisode ne laisse pas indifférent, pour le meilleur et pour le pire. — Thibault.

The Blind Banker (1.02)

Inspiré par Les Hommes dansants et La Vallée de la Peur, cet épisode de Sherlock conduit le duo fraichement formé à enquêter sur une série de meurtres ressemblant à des suicides et sans liens apparents, si ce n’est pour d’énigmatiques symboles jaunes laissés sur place.

Scénarisé par Stephen Thompson, The Blind Banker confirme que l’on peut faire du neuf avec de l’ancien, mais n’évite pas certains écueils. Au-delà d’un dénouement peu surprenant, les clichés sur les Asiatiques sont plus que regrettables et viennent quelque peu entacher l’esprit moderne au cœur même du concept de la série. En bout de route, l’épisode permet surtout de confirmer notre attirance pour des personnages que l’on connait par cœur, mais qui prennent un tout autre visage sous les traits de Benedict Cumberbatch et Martin Freeman. Et d’entr’apercevoir un mystérieux “M”… — Aline.

The Final Problem (4.03)

Sherlock a découvert l’existence d’une sœur aussi géniale que psychopathe qu’un traumatisme d’enfance lui avait fait oublier. Il décide d’aller la confronter dans la prison où elle séjourne pour tomber dans le piège diabolique qu’elle lui a tendu.

Avec cet épisode, Sherlock peut au moins conclure sa saison 4 avec son intrigue la plus efficace, tant l’ensemble tient en haleine avec des rebondissements qui s’enchainent. On ne voit pas les révélations venir dans un épisode qui ne craint pas non plus de jouer du fan service. Cela fonctionne bien dès lors que l’on se laisse happer par le récit, le tout tenant moins bien la route dès lors que l’on prend un peu de recul. Si l’intelligence de Sherlock a toujours permis d’expliquer certaines choses, on va encore plus loin avec Eurus, et sans doute trop loin. Alors que l’avenir de la série reste incertain, cet épisode a le mérite de fournir une conclusion satisfaisante. — Aline.

The Empty Hearse (3.01)

Tout le monde est d’accord pour dire que l’histoire La Maison vide n’était qu’un prétexte pour mettre en scène le retour du détective. Quelque part, c’est également le cas de l’épisode de reprise de la saison 3 de Sherlock ceci près que Mark Gatiss et Steven Moffat avaient beaucoup d’explications à donner.

Sachant pertinemment que les réponses seraient forcément décevantes, l’équipe créative multiplie les fausses pistes, tout en essayant de ne pas rendre la renaissance du détective trop abrupt. Exercice difficile à réaliser, car il faut à la fois trouver comment combler le téléspectateur sans fournir d’explications précises et introduire les nouveaux personnages que sont Marie, la future femme de John, et Charles Magnusen, sorte de Moriarty bas de gamme. Au final, l’ensemble souffre d’une accumulation d’intrigues destinée à recréer une alchimie entre Watson et Holmes au cours d’une enquête sans grande originalité qui revisite tout simplement l’histoire de V For Vendetta. — Thibault.

His Last Vow (3.03)

Inspiré par la nouvelle Charles Augustus Milverton, His Last Vow place Sherlock et Watson face au terrifiant Charles Augustus Magnussen alors qu’ils sont à la recherche de lettres volés. Ce dernier, un magnat du monde médiatique, se révèle être un opposant de taille qui se sert de son talent pour le chantage pour arriver à ses fins.

Si ce dernier épisode parvient à capitaliser sur l’amitié entre Sherlock et Watson pour créer une profondeur et une émotion bienvenue, cela n’est pas suffisant pour rattraper le manque de cohésion et les décisions douteuses du reste de la saison. Le plus dommageable étant certainement l’arrivée tardive de Magnussen sur les devants de la scène, ce qui ne laisse pas la chance à Lars Mikkelsen de s’approprier le personnage. His Last Vow manque le coche, malgré quelques instants bien pensés et surprenants. — Cyril.


The Lying Detective (4.02)

L’éloignement de Watson pousse Sherlock à sombrer une nouvelle fois dans la drogue dans cette libre adaptation du Détective agonisant. Cependant, quand une jeune femme désespérée lui demande de l’aide pour percer le mystère d’un meurtre dont elle n’est pas sûre de l’existence, le détective va tout mettre en œuvre pour résoudre son enquête.

Avec une réalisation proche de l’exercice de style et une intrigue plus intéressante,  cet épisode de Sherlock relève le niveau après une difficile reprise sans parvenir à retrouver la justesse que possédait la série dans les premières saisons. À ce stade, l’équipe créative de repose sur des gimmicks qui en deviennent agaçants et une intrigue qui repose, une fois de plus, sur la valeur-choc de ses dernières minutes pour fonctionner. On ne parlera pas non plus des raccourcis pris avec l’histoire de Mary qui déçoivent plus qu’ils ne créent l’émotion. Cet épisode intéresse avant tout pour son aspect technique et ses prestations d’acteurs. — Cyril.

The Abominable Bride (Special)

En voilà un épisode qui était attendu ! Deux ans après la saison 3, Sherlock nous propose un spécial qui renvoie les personnages dans le Londres Victorien où se déroulent normalement les intrigues de Sir Arthur Conan Doyle.

Alors que l’on aurait pu penser que Gatiss et Moffat se seraient contentés d’adapter la nouvelle Les Cinq Pépins d’Orange, on découvre que The Abominable Bride existe pour faire le lien entre les saisons 3 et 4 et tout particulièrement ce retour supposé de Moriarty avec son fameux “Miss Me?”.

Passé le plaisir de retrouver Sherlock et Watson, le charme de la transposition victorienne et la surprise du retour au présent, cet épisode laisse un goût d’inachevé. L’enquête n’a pour seul but que de nous confirmer que Moriarty est bel et bien mort et la représentation du palais mental de Sherlock donne un peu le tournis. L’épisode aurait finalement été meilleur si l’on s’était contenté de rester en 1895, d’autant plus que l’histoire de cette mariée vengeresse avec la symbolique féministe qu’elle représente était intéressante. Il n’est pas certain que cet épisode ait su étancher l’impatience des fans entre les deux saisons, néanmoins elle laissait déjà entrevoir un tournant dans la série.

The Six Thatchers (4.01)

Après l’épisode victorien, Sherlock commence sa quatrième saison avec un épisode réunissant tous les ingrédients composant la série. Inspiré par la nouvelle Les Six Napoléons, l’épisode suit un Sherlock obsédé par le potentiel retour de Moriarty d’entre les morts, alors qu’il est forcé de résoudre des enquêtes qui lui tombent sous la main.

L’obsession qui s’empare du détective pourrait être contagieuse si Mark Gatiss, au scénario, ne se montrait pas aussi paresseux pour dérouler l’enquête. Il opte plus que de mesure pour la facilité, se reposant trop sur son final, assez prévisible, et ne réussit pas à capitaliser comme il se doit sur la relation entretenue par Sherlock et Watson. On obtient ainsi le plus mauvais épisode de la série qui n’est ici que l’ombre d’elle-même. — Maxime.

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