La Syndication, l’autre vie des séries américaines

Seinfeld

Contrairement à la télévision française, par exemple, les networks américains ne s’appuient pas sur un système de diffusion centralisé. Une particularité qui donna donc naissance à la syndication aux États-Unis – un procédé qui touche également la radio.

Pour bien comprendre le concept, il faut savoir que le territoire américain est couvert par des réseaux de stations affiliées. À l’origine, elles étaient en majorité indépendantes et produisaient à moindre cout des programmes. L’évolution de la technologie permit d’apporter à ces chaines, éparpillées d’un bout à l’autre du pays, la possibilité de s’affilier à des Networks. Elle pouvait alors diffuser ce que les networks comme NBC, CBS et autres proposaient dans des plages horaires spécifiques, principalement en prime time. Certaines chaines ont néanmoins besoin de plus de shows à offrir à leurs spectateurs à différents moments de la journée pour combler les trous dans leurs grilles, comme c’est particulièrement le cas sur le câble de nos jours. C’est là que la syndication entre en jeu.

La syndication (Broadcast Syndication) est simplement le terme employé pour la vente des droits de diffusions de programmes. Il en existe cependant plusieurs types :

Off-network syndication – Type de syndication dont il est principalement question dans le domaine des séries TV. Il s’agit basiquement des droits de rediffusions. Plus précisément, c’est la vente de paquet d’épisodes pour un nombre précis de diffusions et/ou sur une période de temps spécifique. Traditionnellement, une série devient éligible pour une telle offre quand elle s’approche de la centaine d’épisodes (plus proche de 90 aujourd’hui), car les chaines vont principalement les rediffuser au rythme d’un épisode par jour ou plus, il est donc nécessaire de pouvoir garantir une certaine quantité.

C’est bien souvent à ce moment-là qu’un studio rentre réellement dans ses frais, étant donné que les droits de rediffusion peuvent rapporter une véritable fortune sur la durée. Pour cette raison, certains shows ont été sauvées de justesse de l’annulation pour atteindre un nombre d’épisodes acceptables pour la revente en syndication – ‘Til Death sur FOX par exemple que la chaine diffusa à la va-vite pour s’en débarrasser. Plus rarement encore, d’autres peuvent par contre être annulées, car quand il y a trop d’épisodes, certaines stations ne sont pas intéressées par l’achat de plus d’épisodes à rediffuser – ce qui fait que certains shows ne dépassent pas les 10 saisons, puisqu’ils sont budgétairement parlant plus difficiles à équilibrer.

Ce type de syndication n’est pas uniquement réservé aux grands networks. Par exemple, en 2007, les droits de rediffusion de The Sopranos (dans une version censurée) ont été achetés par une autre chaine câblée, A&E, pour 2.5 millions de dollars par épisode. Un record dans son genre.

Sur la durée, avec la revente consécutive des droits de rediffusion, certains programmes peuvent être remboursées plusieurs fois. En 2010, les revenus générés par la diffusion en syndication de Seinfeld dépassaient les 3 milliards de dollars.

Enfin, Anger Management a ouvert la voie vers un nouveau schéma de production. La série se compose d’une centaine d’épisodes qui ont été tournés en deux ans et dont les droits en syndication ont été vendus dès le départ. Concrètement, la comédie avec Charlie Sheen était plus ou moins remboursée avant d’être mise en boite. Ce type d’approche a ses risques et aucune autre série n’est parvenue à être sélectionnée pour retenter l’expérience par la suite.

First-run syndication – Ce terme concerne principalement la première diffusion d’un programme en syndication. Pour les séries TV, il est ainsi question de la première rediffusion hors du network d’origine, mais pas seulement. Bien que la pratique n’est plus trop courante, des séries étaient auparavant produites et diffusées par des stations, hors du champ des grands networks.

La dernière en date fut Legend of The Seeker. Elle était produite par ABC Studios qui a signé des contrats de distribution avec des corporations comme Tribune Company qui possède un grand nombre de stations de télévision et qui la diffusa donc sur une grande partie du territoire américain le samedi après-midi. À la fin de la seconde saison, Tribune se retira, ce qui encouragea l’annulation du show.

Par le passé, cette façon de distribuer les séries étaient beaucoup plus viable, plusieurs séries connues ont bien vécu de cette manière : Star Trek : The Next Generation, Baywatch, Hercules: The Legendary Journeys et son spin-off Xena: Warrior Princess

Comme pour Baywatch qui fut annulée par NBC après une saison, d’autres séries survécurent en se poursuivant hors des networks comme Charles in Charge, Punky Brewster et Silver Spoons.

La progression importante des chaines câblées durant les années 90 a mis petit à petit un terme à ce type de productions en ce qui concerne les séries TV – les talk-shows et autres game-shows trouvent toujours le succès de cette façon.

Public broadcasting syndication – Concerne uniquement un réseau de stations spécialisées dans la diffusion de programmes venant principalement de PBS (Public Broadcasting Service) et de chaines indépendantes.

International syndication – Pour faire simple, il s’agit de la vente des droits de diffusion à l’international.

Aujourd’hui, avec l’émergence des services de VOD, les studios de production parviennent à présent à commencer à vendre leurs séries dès le début, pouvant générer plus de profits. Comme on peut le constater avec Person of Interest, cela n’affecte pas le business de la syndication de manière trop importante. La série CBS arrive en effet en septembre sur WGN America — qui fait une très grosse promotion pour l’occasion — et fera également son entrée dans le catalogue américain de Netflix ce mois-ci. Néanmoins, l’importance de ce système pourrait diminuer dans un avenir proche, les studios ayant moins besoin de produire autant d’épisodes qu’auparavant pour pouvoir rentrer dans leurs fonds.

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